16/11/2007

« Ouvrir une école, c’est fermer une prison... »

Voilà ce que Victor Hugo déclarait, il y a près de 200 ans. Il est vraiment dommage, qu’aujourd’hui, trop peu d’hommes et de femmes politiques s’inspirent de cette vision humaniste de la société quand ils parlent de sécurité. Au contraire, on a l’impression qu’ils tentent de mettre en oeuvre l’adage inverse : « fermer une école, c’est ouvrir une prison. » Est-ce démagogique de tenir de tel propos ? Depuis près de 10 ans, les budgets de la Justice et de l’Intérieur (police) sont ceux qui ont connu parmi les plus grandes progressions. Peut-on en dire autant de l’enseignement ?

Printemps 1996, la Communauté française connait une grève terrible dans le secondaire. Pendant plusieurs semaines, les profs et les élèves du secondaire vont manifester, s’organiser, faire des actions... pour protester contre les mesures de rationalisation de l’enseignement prises par... Laurette Onkelinx, ministre de l’Enseignement francophone de l’époque. Concrètement, ils s’opposaient à ce que la ministre veuille faire tourner le secondaire francophone avec 3 000 professeurs en moins. Plus largement, ils réclamaient un réinvestissement massif dans l’enseignement qui en avait grandement besoin. Rien de tout cela ne s’est produit...

Aujourd’hui, nous sommes plus de 10 ans plus tard. Les prisons sont surpeuplées. On a connu plusieurs morts dramatiques dans la jeunesse. Les centres d’accueil pour jeunes délinquants sont bondés. Ceci avec comme conséquence que :

• soit le jeune qui a commis un délit rentre chez lui comme si de rien n’était

• soit il est envoyé dans des prisons pour adultes desquelles il ressort généralement encore plus délinquant qu’à l’entrée...

Qui est à la tête du ministère de la Justice pour gérer cette situation ? Laurette Onkelinx ! On peut se demander si elle ne paie pas les pots cassés de sa propre politique dans l’enseignement dans les années 90.

Comment le Parti de Laurette (PS) propose-t-il de résoudre le problème ? Quelle serait sa première mesure ? « Mettre 3 000 gardiens de la paix dans nos rues. » On peut se demander s’il n’aurait pas mieux valu garder les 3 000 profs dont on s’est débarrasé dans les années 90.

Plus sérieusement, on ne pourra pas arrêter la délinquance si on ne s’en prend pas à la racine du problème. C’est-à-dire faire en sorte qu’un minimum de jeunes et moins jeunes ne tombent dans la délinquance. C’est pour ça qu’on peut lire dans le programme du PTB+ sur la petite criminalité, à côté des mesures pour renforcer les liens sociaux et la place de la victime : « Il convient en outre de se pencher sur les causes de la criminalité. Le but n’est pas de justifier la criminalité ou l’impunité, mais la plupart des jeunes qui commettent des actes criminels sont sans emploi, peu ou pas du tout scolarisés et souvent victimes de discrimination. Ils n’ont aucune perspective. Un problème que l’on ne pourra résoudre que si leurs chances de réussite scolaire augmentent et s’ils peuvent espérer décrocher un emploi décent et stable. C’est pourquoi le PTB mise surtout sur l’investissement dans l’humain et le développement d’un système social solide, en particulier dans les villes. » C’est aussi pour cette raison que le PTB+ réclame un refinancement massif de l’enseignement public. C’est aussi pour cette raison que je me retrouve pleinement dans le programme du PTB+.

Benj, http://leblogdebenj.over-blog.org/

dans Solidaire du 16/05/2007

19:13 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Les commentaires sont fermés.