27/11/2007

Les fausses solutions ...

Editorial • Solidaire n° 3 du 24 janvier 2007

Herwig Lerouge
24-01-2007

 

Ensemble contre le Pacte des générations, en octobre 2005. Contre les mesures antisociales, l'unité des travailleurs. (Photo Solidaire, Sam)

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Il y a aujourd’hui en Belgique 556 000 demandeurs d’emploi. C’est 58 000 de plus qu’en 1999, année d’entrée en fonction de la coalition libérale-socialiste.1

Les dernières années, les dépenses de santé à charge du patient ont augmenté deux fois plus vite que le budget des ménages.2

Mais il semble que pour résoudre les grands problèmes de l’emploi et de la sécurité sociale, il faut encore diviser plus la Belgique. À propos de l’emploi, Vandenbroucke (socialiste flamand) dit que la situation est différente en Wallonie et en Flandre et qu’il faut donc une autre politique. On pourrait aboutir à des différences dans les conditions d’admission au chômage, des niveaux d’allocations variables suivant les Régions, des critères différents définissant un « emploi convenable ».

Et cela ne serait certainement pas à l’avantage des travailleurs. Il suffit de lire ce que les plus ardents défenseurs de la scission, les patrons du Nord du pays, reprochent à l’Etat belge et plus particulièrement à l’Onem, une des dernières institutions belges. Karel Van Eetvelt, porte-parole d’Unizo3 : «Pour sanctionner les chômeurs qui ne cherchent pas activement un emploi, la Flandre dépend de l’institution nationale qu’est l’Onem. Actuellement, seuls 10 % des milliers de chômeurs qui n’ont pas suffisamment cherché un emploi ont été sanctionnés. Il y a obstruction au niveau national. » Régionaliser l’emploi pour pouvoir exclure plus de chômeurs flamands...

Venons-en au secteur des soins de santé. Depuis longtemps, le service d’études de la Mutualité chrétienne a tordu le cou au bobard des « transferts injustifiés d’argent de la Flandre vers la Wallonie ». Les chiffres montrent que la part des dépenses de santé dans chacune des régions correspond à la part de leur population dans le pays. Si on tient compte du fait qu’en Wallonie, il y a plus de veuves, pensionnés, invalides, minimexés ou chômeurs de longue durée qui bénéficient de meilleurs remboursements de frais médicaux, la différence « injuste » des dépenses entre le Nord et le Sud est d’à peine 3,12 millions d’euros. Qu’est-ce que cela représente face au 1,5 milliard d’euros de superbénéfices que font les multinationales de la pharmacie ?

Si les travailleurs flamands, demain, n’ont plus le soutien des travailleurs wallons, les mesures antisociales de Vandenbroucke passeront plus facilement. Et si Vandenbroucke arrive à les faire passer en Flandre, le patronat en Wallonie jouera le chantage à la concurrence pour les appliquer aussi du côté francophone.

Heureusement les organisations syndicales réagissent négativement aux plans de scission d’une partie de la sécurité sociale. Le combat contre les mesures antisociales de Verhofstadt ne peut être mené que dans l’unité des travailleurs.

 

1 La Libre Belgique, 20/1/2007 • 2 Mutualités chrétiennes, communiqué de presse du 26/9/2006 • 3 Union des classes moyennes

20:59 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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