27/11/2007

Lettre ouverte à M. Demotte

Cher Ministre président,

A la question « C’est du libéralisme, ça ? » vous répondez « Je suis un socialiste moderne ». J’y vois un superbe aveu de la position actuelle du PS : abandon des travailleurs au profit du grand capital. Je ne vois dans votre pacte aucune mesure d’amélioration pour ceux qui travaillent et qui contribuent à la sueur de leur front à enrichir vos camarades capitalistes. Vous êtes pour limiter le droit de grève alors que votre propre parti a construit toute sa puissance, dans le passé, sur le combat des travailleurs « grévistes ». Un peu d’histoire : savez-vous combien de travailleurs belges (à ce moment-là nous étions encore unis) sont morts dans les rues et au piquet de grève pour arracher les acquis sociaux et de démocratie qui ont fait de vous un ministre président ? La grève, M. le ministre, est le garant ultime des libertés. Savez-vous que la première chose interdite par Hitler et Mussolini fut justement la grève. Depuis 1973, date du premier choc pétrolier, date à laquelle il y avait 80 000 chômeurs, les travailleurs ont subi mesures d’austérité sur mesures d’austérité et le résultat est que nous avons maintenant 600 000 chômeurs et 13 % des Belges vivent sous le seuil de pauvreté. Il est clair que « se serrer la ceinture » ne concerne que ceux qui alimentent le gâteau de la richesse et non ceux qui le mangent. Le leitmotiv actuel est « des riches toujours plus riches et des pauvres toujours plus pauvres ». A force de diminuer le pouvoir d’achat des travailleurs, il viendra le moment où nous ne pourrons plus acheter les biens produits et ce sera la crise profonde avec les pires conséquences pour les travailleurs. A terme cette politique n’est plus tenable. Nous, les travailleurs, nous savions depuis longtemps que les libéraux favorisaient le grand capital et maintenant, nous savons que les socialistes aussi. Toucher au droit de grève, quelle que soit sa forme, est une atteinte profonde aux libertés démocratiques et un oubli inacceptable des générations de travailleurs qui se sont battus pour les acquérir. Je suis sûr qu’ils doivent se retourner dans leur tombe. Il y a cent ans, les travailleurs n’avaient aucun droit. Avec vous, nous sommes sur le chemin pour perdre ce qui nous reste d’acquis sociaux et démocratiques. « Qui ne connaît l’histoire est appelé à la revivre. »

Et si vous pensiez aux gens d’abord, avant le profit …

François Ferrara,
www.ptb.be

dans Solidaire du 05/09/2007

13:03 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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