01/12/2007

Lokeren • Et si l’éducateur de rue n’avait pas été licencié?

Les parents du bébé décédé début de l’année à Lokeren suite à leur négligence étaient suivis par l’éducateur de rue Rachid Zaimi. Après son licenciement, le suivi s’est arrêté.

Thomas Blommaert
17-01-2007

La mort de la petite aurait-elle été évitée si Zaimi avait pu garder le contact avec les parents ? (Photo archives)


Drame à Lokeren : le premier vendredi de 2007, un bébé de six semaines est mort de déshydratation. Selon les médecins légistes, la petite fille n’a rien reçu à manger ni à boire les deux derniers jours avant sa mort. Alors que les parents restent en prison, le parquet essaie de déterminer si on peut parler de négligence d’institutions compétentes comme l’ONE.

L’ex-éducateur de rue Rachid Zaimi, qui suivait le couple, en est toujours malade. « Parfois je voyais les parents chaque jour, parfois une fois la semaine », raconte-t-il. Après son licenciement par la ville de Lokeren en octobre 2006, le contact s’est arrêté. « La maman était en fin de grossesse ». Le licenciement de Zaimi a sonné le glas du service d’éducateurs de rue à Lokeren, Rachid n’a pas été remplacé.

La mort de la petite aurait-elle été évitée si Zaimi avait encore été en service et avait pu garder le contact avec les parents ? Ou si un remplaçant avait pu reprendre ses « dossiers » ? Si nous étions à la place du bourgmestre Antheunis (VLD), pourrions-nous encore bien dormir ? C’est une question à laquelle seule Madame Soleil peut répondre. Antheunis, qui après les élections avait clamé sa volonté de mener une politique encore plus à droite, devra cependant reconnaître qu’avec son éducateur de rue a disparu l’homme qui travaillait avec des dizaines de gens en marge de la société.

« Par leur façon de travailler, les éducateurs de rue touchent des gens que les autres services d’aide atteignent difficilement », confirme Rachid Zaimi. « C’est aussi la plus-value absolue. Les éducateurs de rue ont le temps et l’espace pour construire une relation de confiance durable. Ils rencontrent les gens dans leur milieu habituel, travaillent aussi le soir et le week-end. Ainsi le seuil devient très bas et ils peuvent discuter certaines choses beaucoup plus ouvertement. On ne peut pas comparer ça avec l’aide sociale classique. »

18:36 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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