06/12/2007

Lettre ouverte à M. Daerden

Cher Camarade,

Puis-je encore m’adresser à toi sous ce vocable ? Car depuis que le PS évolue, je crains que ce terme ne soit devenu tabou.

Lors de diverses émissions télévisées dont la dernière, Les coulisses du Pouvoir qui a joliment fait remonter ta cote de popularité et de sympathie parmi les militants voire les sympathisants, tu n’as eu de cesse de répéter ce que t’avait dit le Président Di Rupo: «  Michel, n’oublie pas, le PS évolue ». C’est vrai, encore faut-il voir si c’est dans le bon sens !

Hier nous avions la rose au poing, une fleur vigoureuse dans une poigne ferme et virile, annonciatrice de nouvelles conquêtes et de victoires éclatantes.

Aujourd’hui, nous avons une rose délicate, chétive qu’il faut prendre avec précaution, entre le pouce et l’index, l’auriculaire levé comme pour lui faire la révérence… Bref, comme une bourgeoise qui déguste sa tasse de thé. Bel étendard pour entraîner les troupes sus à l’ennemi. « Tu vois Michel, comme le PS évolue ».

Hier, le personnel qui oeuvrait dans nos Cabinets ministériels était formé idéologiquement, il était composé de militants qui avaient fait leurs preuves… Ils étaient du cru. Aujourd’hui, tu leur parles de Brismée, de Van Beveren, de Defuisseaux, de De Paepe, de Bertrand, de Anseele, de Damblon, de A.Delatte, de J.Merlot… On ne connaît pas.

Les luttes ouvrières, les acquis sociaux de 1836 à nos jours, la question royale, la guerre scolaire, les grandes grèves de 60-61… On ne connaît pas davantage.

Ils vont travailler au PS comme ils iraient chez Dexia, chez Fortis ou à l’Onem. Ils n’ont pas la fibre Socialiste, ce sont des carriéristes. Comment veux-tu Michel que le PS évolue ?

Tu vois Michel comme le PS évolue. Il évolue tellement mal qu’il se dilue. Après avoir perdu nos valeurs, nos symboles, notre idéal jusqu’à notre vocabulaire… nous ne sommes pas loin de perdre aussi notre âme.

Les militants et les sympathisants continueront à être fidèles aux idéaux du socialisme, mais ne feront plus nécessairement confiance au PS.

J’ai 73 ans, militant et fidèle au PSB puis au PS depuis l’âge de 18 ans. Je désirais te communiquer mes réflexions. Je ne me sens plus dans ma famille depuis que, répondant à une de mes lettres, Di Rupo m’a écrit: « Monsieur ». Je suis en train de chercher une famille d’accueil où les Camarades travaillent d’une façon désintéressée, une famille où la Camaraderie et la Fraternité ne sont pas de vains mots.

Bien à toi Michel, avec mes sentiments fraternels et socialistes.

Lucien Belvaux,
www.solidaire.org

10:22 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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