08/12/2007

Votre santé vendue au marché ?

Editorial • Solidaire n° 7 du 21 février 2007

21-02-2007

David Pestieau


« Si le but principal est de faire du profit et de le verser aux actionnaires, la santé du patient est en péril. Les prix deviendront plus élevés et les citoyens moins fortunés seront laissés pour compte » L’homme qui parle n’est pas un médecin de Médecine pour le Peuple, mais Marc Justaert, président des Mutualités chrétiennes, qui craint les dérives de la commercialisation de la santé. Et de citer des exemples à l’étranger. Des sociétés cotées en Bourse comme la Générale de santé, Opra, Fresenius et Rhön-Klinikum achètent chaque année des nouveaux hôpitaux en France. Capio, une entreprise qui a commencé comme laboratoire clinique, achète des hôpitaux en Suède et en Norvège, et maintenant aussi en France et en Espagne.

Des mesures fortes sont nécessaires pour notre bien le plus précieux : notre santé. D’abord par l’application intégrale du modèle kiwi pour les médicaments. (Photo archives)


Déjà aujourd’hui, la part que vous payez pour vos soins de santé a augmenté de 16 % à 28 % en dix ans. Autrement dit, la Sécurité sociale peut beaucoup moins jouer son rôle d’assurance santé collective.

Quelle est cette société où votre hôpital peut être mis en Bourse ? Où les sociétés pharmaceutiques peuvent se sucrer sur votre santé en vous vendant votre médicament au prix fort ?

Pour arrêter la progression du profit sur votre santé, il ne faut pas de demi-mesures. On a pu le constater la semaine dernière. Sous la pression des géants de la pharmacie, le ministre socialiste Demotte n’a pas appliqué intégralement le modèle kiwi pour des médicaments moins chers initié par le docteur Van Duppen. Demotte a proposé un modèle kiwi amputé de sa colonne vertébrale. Le modèle Demotte prétendait concilier la soif de profit de quelques groupes privés et les besoins de millions de gens. Les experts ont dû constater l’échec de cette démarche. Le patient et la Sécu voient des prix de médicaments à la hausse, les grosses multinationales s’en sortent et ce sont les petites firmes de génériques qui chutent. « Plutôt l’application intégrale du modèle kiwi, sinon rien », a conclu un responsable de la mutuelle.

 Des mesures fortes sont effectivement nécessaires pour notre bien le plus précieux : notre santé. D’abord par l’application intégrale du modèle kiwi pour les médicaments. Et par son extension aux appareils et technologies médicales utilisées dans les hôpitaux. La Sécu pourrait être ainsi refinancée sérieusement, ce qui permettrait un bon financement des hôpitaux publics. Ensuite, la Belgique doit clairement faire barrage à la privatisation de la santé. Par des lois si nécessaires.

Notre santé n’est pas à vendre. C’est ce que disent le monde du travail, les mutuelles et une grande majorité du secteur des soins de santé. C’est ce que défend aussi le PTB, entre autres aux élections du 10 juin.


19:27 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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