09/12/2007

Les partis "socialistes" passent au détecteur syndical ...

Nous avons passé les dirigeants du PS et du SP.a au détecteur syndical : soutiennent-ils réellement les revendications du 15 décembre ?

David Pestieau
05-12-2007

Test 1 : Pour une augmentation du pouvoir d’achat

 

Le PS et le SP.a ont été au gouvernement 18 ans et sans interruption. Dix ans avec les chrétiens-démocrates. Quatre ans avec les libéraux et les écologistes. Puis encore quatre ans avec les libéraux.

Le monde du travail a dû, au cours de cette période, céder 8 % de la richesse intérieure (PIB) aux revenus du capital. Le journaliste Paul Goossens a parlé d’un « transfert de revenus phénoménal au détriment des salariés ».

Une étude publiée la semaine dernière par le professeur anversois Jan Vrancken démontre que les 10 % des Belges les plus pauvres ne reçoivent que 1% des revenus totaux. Les 20% les plus riches reçoivent 43 % des revenus totaux. Et bien, les plus pauvres ont vu leur part dans les revenus réduite de moitié de 2000 à 2004. L’inégalité des revenus durant cette période a fortement augmenté, affirme le professeur1 : une période où les socialistes étaient au pouvoir.

C’est en 1996 que le gouvernement a imposé la norme salariale dans les négociations salariales. Résultat : la norme ne permet qu’une hausse d’un demi pourcent cette année au-dessus de l’index santé. Tandis que les top-managers se sont accordé une augmentation moyenne de 23 %. Les socialistes ne leur ont jamais imposé de norme.

Et la hausse des prix du gaz et de l’électricité est largement due à la libéralisation du secteur, votée aussi par les socialistes le 24 avril 1999.

Test 2 : Pour une fiscalité plus équilibrée

Avec les libéraux, les ministres socialistes ont supprimé les barèmes fiscaux les plus élevés (à 52,5 % et à 55 %) qui imposaient davantage les plus riches. Alors que les charges fiscales, les taxes régionales et les impôts communaux ont augmenté pour les bas et moyens revenus, sans compter la hausse de la TVA.

Ils ont permis, avec les libéraux, une amnistie fiscale sans précédent (à deux reprises) et accordé des cadeaux fiscaux, comme les intérêts notionnels qui vident aujourd’hui les caisses de l’État.

Test n°3 : Pour une sécurité sociale fédérale forte

Le SP.a défend la régionalisation du marché du travail. « La réglementation sur les allocations de chômage, sur les prépensions, sur le crédit temps, sur le travail intérimaire (…) doivent être intégralement gérés par les Régions1 », ont défendu à plusieurs reprises la présidente Gennez et l’ex-président Vande Lanotte.

Cette régionalisation toucherait la caisse des allocations de chômage. Si on devait toucher un pion de la sécurité sociale, elle s’effondrerait au niveau fédéral comme un domino.

Le PS défend, quant à lui, une sécurité sociale fédérale. Mais il a tendance à opposer comme tous les grands partis traditionnels les travailleurs du sud et du nord du pays. Au lendemain du vote sur BHV, il a parlé de l’affront subi par les francophones. En dix-huit ans au gouvernement, il n’a jamais parlé d’affront subi par les travailleurs du pays. Ni au moment du pacte des générations, ni au moment des restructurations de Ford, VW ou de la faillite de la Sabena.

 

Résultat : Le SP.a ne passe aucun des tests du détecteur syndical et le PS en passe un difficilement.

 

1 De Tijd, 30 novembre 2007 • 2 Intentieverklaring Vande Lanotte et Gennez, septembre 2005, http://www.s-p-a.be

 

12:02 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Les commentaires sont fermés.