09/12/2007

SNCB • Le train va arriver... si vous avez de la chance ...

L’an dernier, la ponctualité des trains a baissé de 1,3 %. La SNCB va-t-elle y remédier, comme elle l’affirme ? Quelles sont les causes des retards ?

Tony Pirard
21-02-2007

D’après la SNCB, près de la moitié (44 %) des retards sont dus à des problèmes de locomotives et de wagons. Une question d’entretien disent les techniciens. (Photo Solidaire, Lieven Soete)

- Klik op de foto om ze te vergroten -


En 2006, 90,6 % des trains sont arrivés à temps ou avec un retard inférieur à cinq minutes. Une baisse de 1,3 % par rapport à 2005. « Inadmissible », pour le secrétaire d’État aux entreprises publiques, Bruno Tuybens (SP.a). La direction de la SNCB s’excuse et prétend prendre des mesures pour faire beaucoup mieux cette année.

Mais est-ce bien réaliste ? Car quelles sont les causes de ces retards ? Selon Infrabel, qui gère le réseau ferroviaire, un retard sur quatre est dû à des facteurs externes. C’est-à-dire à des accidents physiques (dont pas mal de suicides, environ un tous les trois jours), à des voitures aux passages à niveau, à des camions qui endommagent les caténaires… Des faits sur lesquels la SNCB n’a évidemment que peu d’emprise.

Mais, les retards sont également imputables aux nombreux travaux sur les grands axes ferroviaires. Et cela a beaucoup à voir avec la politique. Durant quelques décennies, on n’a guère investi dans l’entretien des voies et des caténaires. En de nombreux endroits, une rénovation s’impose d’urgence. De même, dans bien des gares importantes (Bruxelles, Liège, Anvers, Bruges, Gand, Charleroi, etc.), on effectue beaucoup de travaux. Ici aussi, une opération rattrapage, avec les inconvénients que cela entraîne.

Le climat a bon dos

Un petit tiers des retards sont dus à l’infrastructure. Ces dérangements sont souvent imputables au manque d’entretien, moins régulier que naguère. On y consacre également moins de personnel. En juin 2006, quand les caténaires de la ligne Bruxelles-Gand se sont rompues en deux endroits, Infrabel a incriminé les fortes chaleurs estivales. Les techniciens d’Infrabel nous ont toutefois confirmé que la cause réelle se situait dans l’entretien, vraiment en dessous de tout. Les fortes chaleurs tombaient donc bien comme excuse pour la SNCB.

Le reste des retards (44 %) sont dus à l’opérateur SNCB même. Il s’agit ici de pannes de locos, de voitures défectueuses, etc. Ici aussi, on aurait pu éviter nombre de ces pannes. L’entretien est moins fréquent : pour économiser de l’argent et du personnel. En outre, on laisse souvent rouler du matériel défectueux pendant des journées entières au lieu de le réparer.

Enfin, la SNCB a tellement modifié ses réglementations de service, en décembre 2006, que bien des gens n’ont plus leurs correspondances et mettent donc plus de temps pour leurs trajets.

Dans certains cas, cette réglementation a été bricolée de façon irréaliste : ainsi, dans certaines gares, le conducteur de train ne dispose que de 4 à 6 minutes entre l’arrivée du train et le départ dans la direction inverse. C’est bien trop peu. Il doit découpler son train, galoper à l’autre bout de la voie, remettre le train en service et pratiquer une série d’opérations avant de pouvoir repartir, sans compter un éventuel besoin pressant. Résultat : le train repart avec du retard.

11:34 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Les commentaires sont fermés.