15/12/2007

Pourquoi veulent-ils scissionner les impôts ?

La scission de l’impôt sur les sociétés figure en toute première place sur la liste des négociateurs. Là aussi, la source d’inspiration est chez les patrons.

Herwig Lerouge
12-12-2007

En 2006, les bénéfices du Top-20 des entreprises belges cotées en bourse étaient de 23 milliards d’euros : + 40 % en un an. Entre 2002 et 2005, les bénéfices des entreprises non financières ont plus que triplé. Mais, se plaint le président Van Deurzen de la Voka : « L’impôt sur les sociétés est bien trop élevé. Sur le plan fédéral, nous sommes tenus à 34 % alors que, chez nos voisins, on va vers 25 %. Je ne suis pas disposé à regarder le monde nous dépasser. »

 

En théorie, les entreprises paient donc 34 % sur leurs bénéfices. Dans les faits, elles ne paient pourtant que 25 % et ce, grâce à toutes sortes de cadeaux fiscaux. Avec la déduction de l’intérêt notionnel, elles ont reçu par exemple un cadeau de 900 millions d’euros.

Une partie du patronat flamand estime que, sur le plan belge, il ne peut obtenir assez rapidement une réduction de l’impôt sur les sociétés et ce, surtout à cause de l’opposition des syndicats. Il entend également mettre un terme à toute forme de solidarité au niveau belge, tant avec les travailleurs qu’avec le reste du patronat belge. Il veut que la richesse supérieure de la Flandre lui profite intégralement. « La Flandre est pressée », déclare Van Deurzen, de la Voka. « Nous nous trouvons dans une situation de guerre économique. Ces quinze dernières années, la Belgique a perdu 15 % de sa part du marché. (…) Nous devons rénover fondamentalement notre économie et passer à un modèle d’affaires reposant sur l’innovation. Cela ne se peut que si la Flandre peut mener sa propre politique économique. Le système fédéral nous paralyse1. »

La réaction des syndicats

Dans cette crise, l’appel des trois grands syndicats à l’importante manifestation du 15 décembre tombe à point. Ils veulent une manifestation pour plus de pouvoir d’achat ainsi que pour la défense d’une « sécurité sociale fédérale et forte », disposant de suffisamment de moyens pour maintenir nos soins de santé, nos pensions et notre niveau de vie au cas où nous tomberions dans le chômage. Et ce, dans tout le pays.

Plus nombreux nous serons le 15 décembre – Flamands, Wallons et Bruxellois –, plus fort sera le signal, plus forte la preuve que la scission n’est pas entre le nord et le sud mais bien entre la Voka et les travailleurs.

 

1 De Tijd. 27 janvier 2007.

11:35 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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