16/12/2007

Régionaliser pour vous faire travailler 70 h par semaine ?

Valduchesse (Photo Solidaire, Salim Hellalet)

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Le 21 août, De Standaard publiait deux informations montrant le lien entre la poussée vers la scission et la vie des citoyens ordinaires. Et que constate-t-on : le travailleur flamand ne s’en portera certainement pas mieux.

Première information. La coordination flamande des hôpitaux chrétiens demande des dérogations plus larges à la législation du travail, de sorte que le personnel puisse être utilisé avec plus de flexibilité. « L’actuelle législation du travail date encore de l’ère industrielle et n’est plus adaptée aux nécessités modernes du secteur des soins. C’est pourquoi nous demandons une adaptation de la loi sur le travail. »

L’inspection sociale avait constaté des infractions dans la durée du temps de travail et les horaires du personnel de l’AZ Saint-Luc de Gand, dont le directeur, Degadt, n’est autre que le nouveau président de la coordination flamande des hôpitaux chrétiens. Les infirmiers y travaillaient – « à leur propre demande », prétend le directeur – sept nuits de chaque fois dix heures d’affilée pour pouvoir rester ensuite une semaine entière à la maison. Mais, légalement, travailler 70 h par semaine, c’est interdit. D’après Degadt, ces restrictions légales sont une entrave à de bonnes prestations de soins. C’est pourquoi il demande dans la législation du travail des dérogations plus larges sur les systèmes de travail traditionnels.

Seconde information. Degadt espère obtenir plus aisément gain de cause après la scission des soins de santé. Il admet que nos soins de santé, qui sont une matière fédérale, fonctionnent bien et sont accessibles. « Dans les hôpitaux, nous ne sommes pas aux prises avec des listes d’attente. Dans d’autres pays, c’est le cas. Mais, aujourd’hui, les soins à domicile sont une matière flamande, les soins aux personnes âgées relèvent en partie du fédéral, les généralistes aussi, les soins mentaux ambulatoires sont flamands, les hôpitaux sont fédéraux une fois de plus, mais les reconnaissances et les investissements sont bel et bien flamands. Avec dix ministres de la Santé publique, on ne peut avoir de bonne politique », ajoute Degadt. « Tout ce qui importe pour le patient doit se trouver dans les mains d’un seul. »

Très bien, mais si les soins de santé dirigés par le fédéral sont aussi bons, pourquoi ne pas tout remettre entièrement sous compétence fédérale ? Pourquoi, dans ce petit pays et à l’encontre de toute logique, payer trois ministres de la Santé et autant d’administrations ? Il n’y a qu’une réponse, les patrons flamands veulent la scission parce qu’ils pensent pouvoir se débarrasser plus rapidement ainsi « d’un droit du travail datant du 19e siècle », qui prévoyait des horaires humains, le repos la nuit et le dimanche… 

C’est aussi pour cela qu’ils veulent que les conventions collectives de travail (CTT) des secteurs de la compétence des régions ne relèvent plus du ministre fédéral de l’Emploi, mais des régions. Si on parvient à sortir de telles CCT en Flandre, elles pourront servir d’exemple pour l’ensemble du pays. En même temps, via de telles CCT, on enfreint le droit du travail, une matière fédérale qui est toujours censée aujourd’hui défendre les droits des travailleurs.

dans Solidaire DU 29:08:2007

20:05 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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