21/12/2007

Votre famille cède 6 250 euros par an aux grandes fortunes : jusqu’à quand ?

Editorial • Solidaire n° 18 du 9 mai 2007

09-05-2007

 

David Pestieau


« Les top-managers belges ont gagné 22 % de plus que l’an passé : 2,3 millions d’euros en moyenne chacun. Les simples travailleurs doivent se débrouiller avec une augmentation de 5 %. La différence devient trop grande. Nous demandons que la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) mette les choses au point. Sinon nous demandons que le prochain gouvernement instaure une taxe sur ces salaires exorbitants. » La déclaration du président de la FGTB, Rudy De Leeuw, au 1er mai a lancé la campagne électorale. Et comme un seul homme, tous les grands partis se sont tournés contre la proposition du dirigeant syndical. Socialistes, démocrates-chrétiens, libéraux. Jusqu‘à Guy Verhofstadt.

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Dimanche dernier, celui-ci a dénoncé ceux qui dressent les gens les uns contre les autres. Mais il a précisé : « Je m’en prends aussi à ceux qui opposent les pauvres contre les riches. Comme avec cette proposition de taxe sur les salaires des top-managers. Quand je l’ai entendue, cela m’a fait penser au vieux slogan du PTB : “faites payer la crise aux riches”. Nous ne devons pas rendre les riches plus pauvres, mais les pauvres plus riches. Nous avons besoin non pas de plus mais de moins d’impôts. »

Eh bien, M. Verhofstadt, en un quart de siècle, de 1980 à 2006, la part des salaires dans le produit intérieur brut a chuté de 58 à 51 %, au bénéfice des revenus des rentiers et des actionnaires. Un transfert de 25 milliards d’euros par an des revenus du travail à ceux du capital.

25 milliards, ou 6 250 euros par famille, que les pauvres, les travailleurs paient pour rendre les rentiers et les top-managers plus riches. Et après 25 ans de ce vol manifeste, vous dites, M. Verhofstadt, que ceux qui, comme la FGTB, comme le PTB, veulent simplement rétablir un peu de justice fiscale sont des personnes qui dressent les gens les uns contre les autres…

Pour rattraper une petite partie de ce transfert sans précédent, le PTB veut d’abord taxer ceux qui ne le sont pas aujourd’hui, les grandes fortunes. Ne serait-il pas logique qu’un petit impôt de 1 % sur les fortunes au-dessus de 500 000 euros soit instauré ? Un impôt qui ne toucherait pas le simple travailleur mais les 10 % des Belges qui possèdent aujourd’hui la moitié des richesses du pays. Un impôt qui pourrait financer une hausse des pensions de nos anciens, un refinancement de l’enseignement pour nos jeunes, de meilleurs soins de santé pour nos malades, des secteurs agressés par 25 ans de politique libérale.

Et M. Verhofstadt, cela vous surprendra peut-être, le PTB veut que les travailleurs paient moins d’impôts et de taxes. Par une baisse de la TVA sur l’énergie. Par une réforme fiscale qui fait que les bas revenus paient moins d’impôts sur les salaires.

Mais pour ça, M. Verhosfstadt, les supers revenus doivent être plus taxés. Histoire que les plus forts supportent les plus lourdes charges.

 

 

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23:08 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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