02/01/2008

Soit vous payez la taxe, soit vous utilisez le biocarburant… inexistant

Energie :: L’essence plus chère depuis le 1er octobre

La taxe sur l’essence a augmenté de 4,6 cents le litre ce 1er octobre. Pour favoriser les biocarburants. Petit détail : aucune pompe n’en vend.

Marco Van Hees
10-10-2007

Produire du biocarburant ? « Nous regarderons le marché pour voir si c’est financièrement intéressant », déclare-t-on chez Esso. (Photo D.R.)


Il y a un an, le biodiesel arrivait sur le marché belge. Ce 1er octobre, ce devait être le tour du bioéthanol. Produit à base de betteraves ou d’autres produits agricoles, il est incorporé en faible proportion à l’essence. Comme le prix de revient de ce carburant vert est plus élevé que la super traditionnelle, le gouvernement a décidé de taxer cette dernière. On veut dire : la taxer encore plus : + 4,6 cents le litre.

Oui mais voilà, l’essence verte n’est pas disponible. La loi impose que le bioéthanol soit produit en Belgique et les usines qui s’y attèlent, à Gand et à Wanze, ne sont pas prêtes. Ce serait pour, au plus tôt, avril 2008. Ce retard serait imputable au gouvernement fédéral, qui aurait tardé dans la désignation des producteurs agréés.

Boooouuuuuhhhhh. Vous les entendez pleurer, les ministres fédéraux ? Les Reynders et Cie. Eux qui voulaient tellement œuvrer pour l’environnement. Et voilà que le carburant vert n’est pas prêt. Ils doivent être vraiment embêtés de voir toutes ces taxes entrer pour rien dans les caisses de l’Etat. Et pas de chance, ils sont en affaires courantes : impossible d’arrêter cette machine infernale.

Il y a tout de même une petite chose qui nous échappe. Nous ne nous prononcerons pas ici sur ce carburant vert (qui a pour effet d’augmenter le prix des denrées alimentaires), mais admettons qu’il soit vraiment un bienfait pour la planète. Pourquoi alors ne pas l’imposer purement et simplement ? Pourquoi laisser dépendre sa consommation du choix fiscal des consommateurs ? D’autant qu’il s’agit de la taxe la plus injuste qui soit : elle pèse mille fois plus lourd dans le portefeuille d’un salarié que dans celui, mille fois plus garni, d’un grand patron.

Et aussi, pourquoi laisser le choix aux producteurs ? En effet, la loi n’oblige aucunement les sociétés pétrolières à distribuer des biocarburants. Inutile de préciser que pour elles, entre œuvrer pour la planète et œuvrer pour le profit, y’a pas photo.

Le retard du bioéthanol n’est sans doute pas un hasard. Et le cas du biodiesel le montre également. Actuellement, un seul réseau de stations-service (Total) propose un mélange de biodiesel, dans lequel le bio représente 5 %. Esso, par exemple, explique avoir eu d’autres priorités jusqu’ici. Il n’exclut pas d’en produire, mais « nous regarderons le marché pour voir si c’est financièrement intéressant1 ». Quand les gouvernements cesseront-ils de laisser le destin de l’humanité aux mains des multinationales ?

1 La Libre Belgique, 2-10-2007

11:44 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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