16/01/2008

Les derniers fours à coke sont éteints...

Charleroi :: 650 emplois de moins dans la région

Il n’y a plus de cokerie à Charleroi. Après plus de 80 ans, les derniers fours ont été éteints le 9 janvier. Plutôt que la rénovation, Duferco a choisi la fermeture.

Myriam De Ly
16-01-2008

Après plusieurs années d’intérim, certains de ces jeunes travailleurs ont acheté une maison. Aujourd’hui, ils se retrouvent au chômage, la dernière cokerie du Hainaut a fermé ses portes. (Photo Solidaire, Walter Sermeus)

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Soixante-cinq mille tonnes de coke seront dorénavant livrées chaque mois par la société russe Novolipetsk (partenaire de Duferco), pour alimenter le nouveau haut-fourneau de Marcinelle. Ils arriveront par voie fluviale, sur une distance de 6 000 km. La société Carsid de Marcinelle perdra son indépendance énergétique et l’avenir du haut-fourneau est hypothéqué.

Fermer pour respecter l’environnement ?

Différents scénarios étaient possibles pour rénover l’ancienne ou même reconstruire une nouvelle cokerie. Duferco aurait pu investir 300 millions d’euros pour une cokerie non polluante. Il pouvait le faire, il a l’argent, mais ses choix se sont portés sur d’autres projets qui rapportent plus et qui peuvent satisfaire son partenaire russe.

Le transport du coke pourrait d’ailleurs créer d’autres problèmes environnementaux. Il n’y a aucun accord pour le transport du coke par chemin de fer. Si les écluses tombent en panne, va-t-on transporter le coke par camion et provoquer d’autres problèmes de pollution ?

Et les fameux investissements ?

Duferco projette d’investir 554 millions d’euros à Charleroi. La moitié servira à améliorer la coulée continue et la logistique du coke. L’autre moitié servira à diversifier les activités du groupe. Avec en outre la création d’une centrale « turbine gaz vapeur » (TGV) pour 2011.

Ces investissements ne devraient déboucher sur le démarrage d’activités industrielles qu’en 2009, 2010, 2011. De quoi reclasser à terme soixante ouvriers de la cokerie. Il y aurait 110 nouveaux emplois, mais surtout destinés à des techniciens qualifiés. Ainsi pour la centrale TGV, il y aurait 30 emplois pour des ingénieurs.

Où iront-ils travailler demain ?

Près de 185 ouvriers avaient un contrat à durée indéterminée à la cokerie. Ils ne savent pas de quoi leur avenir sera fait. Certains ont travaillé 30 ans ou plus à la cokerie. Comme le disent leurs délégués : il y aura des drames humains. Sur base volontaire, 74 ouvriers pourraient partir pour Clabecq, à 45 km de Charleroi. On peut comprendre qu’il y a peu d’amateurs. Pour la prépension, il faut avoir 55 ans et 38 ans de carrière, donc avoir commencé à travailler à 17 ans. Merci au pacte des générations. En attente d’un emploi futur, les ouvriers mis au chômage (avec une indemnité complémentaire versée par Carsid), pourraient être appelés (avec une indemnité de flexibilité) à remplacer des ouvriers en absence de longue durée à Carsid-Marcinelle. La direction encourage des ouvriers à quitter volontairement l’usine, avec une prime de 15 000 euros net.

Pendant toute leur vie de travail, les travailleurs de la cokerie ont donné leur professionnalisme, leur force de travail, et certains même leur santé. Où est le juste retour ?

Les délégués de la cokerie estiment que globalement la région va perdre 650 emplois. Ceux des sous-traitants qui assuraient l’entretien, le nettoyage, le transport, mais aussi les 40 intérimaires qui se retrouveront au chômage, des jeunes qui travaillent depuis des années en sidérurgie, qui ont leur maison à payer. C’est cher pour les nouveaux plans industriels de Duferco et ses promesses de 110 emplois nouveaux dans le futur…

14:00 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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