17/01/2008

« Silence ou nous vous faisons condamner »...

Le chantage d'Electrabel entrave la liberté d’expression

Electrabel attaque Greenpeace pour « association de malfaiteurs », mais veut surtout que l’organisation change d’avis via des intimidations juridiques.

Mark Kennes
07-11-2007

Le 1er novembre, sur Radio 1 (l’équivalent de La Première en Flandre), un porte-parole d’Electrabel a menacé de porter plainte contre Greenpeace pour sa « campagne Electrabel ». Ce ne serait pas la première fois. Greenpeace constitue depuis longtemps un obstacle à la mauvaise volonté avec laquelle Electrabel, par vil esprit de lucre, continue à se cramponner à une technologie ringarde et polluante. Greenpeace s’est exprimé dans son style bien connu : via de nombreuses actions ludiques devant les centrales électriques.

 

Electrabel a réagi par une plainte – e.a. pour association de malfaiteurs – contre Greenpeace dans cinq arrondissements judiciaires. Car, pour l’entreprise, Greenpeace est une organisation criminelle. De façon assez absurde, les cinq juges d’instruction ont accepté la plainte. Résultat : lors d’une perquisition au siège principal du mouvement pour l’environnement, le serveur informatique a été saisi et plus de cinquante membres de l’organisation ont déjà été interrogés dans un commissariat. En cas de condamnation, le juge pourrait même interdire Greenpeace.

Electrabel a adressé une lettre à Greenpeace (voir en annexe), déclarant « limiter son exigence en tant que partie contre Greenpeace à un euro symbolique ». Electrabel pose toutefois deux conditions. La première : « Directement ou indirectement, plus la moindre action (…) dans l’enceinte de ses centrales nucléaires. » La seconde : « Un changement d’opinion. » Greenpeace a établi un classement des fournisseurs d’énergie verte. Pas étonnant si le méga-pollueur Electrabel s’y traîne aux derniers rangs. L’entreprise demande maintenant « que, dans le classement de Greenpeace des fournisseurs d’énergie verte sur le marché belge, il soit tenu compte de la réalité du marché régional ouest-européen et que le produit Electrabel Vert soit évalué en fonction de la capacité de production verte qui s’y rattache ». En clair : « Nous laissons tomber la plainte si Greenpeace s’intègre à nos campagnes publicitaires. » L’affaire Electrabel – Greenpeace montre encore que ce genre de lois, à l’instar des lois antiterroristes, qui permettent la condamnation d’organisations engagées, ont plus à voir avec les pressions politiques et des patrons qu’avec la sécurité ou la justice.

 

Greenpeace est l’une des locomotives de la « Plate-forme pour la liberté d’expression ». Une coupole de 200 organisations dénonçant semblables abus de la part de la législation existante et des lois antiterroriste. Plus d’infos sur la plate-forme : www.greenpeace.be

Hebdomadaire du Parti de Travail de Belgique | bd M. Lemonnier 171, 1000 Bruxelles | 37e annee n°41| [1677) du 7 novembre 2007

> Énergie :: Greenpeace contre « Eletrobel »

19:18 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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