23/02/2008

Nous n’allons pas travailler seulement pour payer nos factures

« Ne dramatisons pas l’inflation ! L’inflation n’est pas insupportable», a affirmé la semaine dernière Guy Quaden, patron de la Banque nationale. « La baisse du pouvoir d’achat, ce n’est pas un problème, c’est une impression des gens», a ajouté le patron des patrons Pieter Timmermans (FEB)1.

20-02-2008

Ce n’est pas pour des histoires de coeur, mais bien pour une hausse du pouvoir d’achat que travailleurs et travailleuses sont descendus dans la rue le 15 décembre 2007. Souvent avec humour. (Photo Solidaire, Antonio Gomez Garcia)

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Ces messieurs devraient peut-être lire les plus de 3800 témoignages qui se sont déversés ces derniers jours sur le site de la pétition initiée par le PTB www.6pourcent.be : « Nous n’allons bientôt plus travailler que pour payer nos factures », écrivent plusieurs. « Depuis toutes ces hausses de prix, j’ai encore un bon bout du mois à tirer quand je suis à la fin de mon salaire », écrit un ouvrier. « Avec l’index, notre pension a augmenté de vingt euros par mois. Mais les coûts ont, eux, augmenté de centaines d’euros par mois. Le docteur, le loyer, la nourriture, le gaz, l’électricité. Nous sommes devenus une vache à lait du gouvernement », écrit une pensionnée. « Nous devons mettre 360 euros en plus sur la table mais notre salaire n’augmente pour ainsi dire pas. Cela ne peut plus durer. Nous voulons pouvoir vivre humainement et décemment », conclut un internaute.

La hausse de l’inflation (qui a atteint sur base annuelle le taux record de 3,45 % en janvier) est bien réelle et insupportable pour une grande partie de la population. Pourtant, Quaden et Timmermans persistent et signent. Ils lancent les derniers chiffres de la Banque nationale : le revenu disponible des ménages aurait augmenté en termes réels de 2,5% en 2006-2007. La lecture du rapport détaillé de la Banque nationale offre toutefois une vision très différente. « Les hausses salariales réelles convenues en commissions paritaires sont demeurées limitées à 0,2%, un pourcentage en recul par rapport à celui enregistré les deux années précédentes.»

S’il y a eu une augmentation de revenus, elle ne touche qu’une partie limitée des salariés comme ceux qui ont bénéficié de la réforme fiscale (qui a surtout concerné les plus hauts revenus) ou ceux qui ont reçu des primes liées aux résultats de leurs entreprises (souvent les cadres).

Cette contre-offensive patronale n’est pas innocente. « Je demande l’arrêt des grèves », exige le patron des patrons, qui veut arrêter la remise en cause de la modération salariale par la vague d’actions de ces dernières semaines, surtout au Nord du pays.

Si Timmermans parle de « seulement 5 à 10 % réellement concernés par la baisse du pouvoir d’achat », c’est pour que le gouvernement n’envisage pas, lors du débat sur le budget, une baisse générale de la TVA sur l’énergie, financée par les géants du secteur. « C’est très populiste de faire payer les patrons », affirme-t-il. Ce n’est pas populiste, c’est tout simplement crucial pour alléger nos fins de mois, M.Timmermans. Et nous allons encore redoubler la pression sur les ministres réunis ce week-end en conclave, en faisant signer plus largement encore la pétition www.6pourcent.be.

1 Le Soir,

13:06 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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