27/02/2008

La crise, c'est lourd pour tout le monde ...

Cartoon •

Solidaire n° 40 du 3 novembre 2004

Le dessin de Matiz
03-11-2004

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> Et si, pour changer, on prenait l'argent là où il est...


22:59 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

23/02/2008

Nous n’allons pas travailler seulement pour payer nos factures

« Ne dramatisons pas l’inflation ! L’inflation n’est pas insupportable», a affirmé la semaine dernière Guy Quaden, patron de la Banque nationale. « La baisse du pouvoir d’achat, ce n’est pas un problème, c’est une impression des gens», a ajouté le patron des patrons Pieter Timmermans (FEB)1.

20-02-2008

Ce n’est pas pour des histoires de coeur, mais bien pour une hausse du pouvoir d’achat que travailleurs et travailleuses sont descendus dans la rue le 15 décembre 2007. Souvent avec humour. (Photo Solidaire, Antonio Gomez Garcia)

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Ces messieurs devraient peut-être lire les plus de 3800 témoignages qui se sont déversés ces derniers jours sur le site de la pétition initiée par le PTB www.6pourcent.be : « Nous n’allons bientôt plus travailler que pour payer nos factures », écrivent plusieurs. « Depuis toutes ces hausses de prix, j’ai encore un bon bout du mois à tirer quand je suis à la fin de mon salaire », écrit un ouvrier. « Avec l’index, notre pension a augmenté de vingt euros par mois. Mais les coûts ont, eux, augmenté de centaines d’euros par mois. Le docteur, le loyer, la nourriture, le gaz, l’électricité. Nous sommes devenus une vache à lait du gouvernement », écrit une pensionnée. « Nous devons mettre 360 euros en plus sur la table mais notre salaire n’augmente pour ainsi dire pas. Cela ne peut plus durer. Nous voulons pouvoir vivre humainement et décemment », conclut un internaute.

La hausse de l’inflation (qui a atteint sur base annuelle le taux record de 3,45 % en janvier) est bien réelle et insupportable pour une grande partie de la population. Pourtant, Quaden et Timmermans persistent et signent. Ils lancent les derniers chiffres de la Banque nationale : le revenu disponible des ménages aurait augmenté en termes réels de 2,5% en 2006-2007. La lecture du rapport détaillé de la Banque nationale offre toutefois une vision très différente. « Les hausses salariales réelles convenues en commissions paritaires sont demeurées limitées à 0,2%, un pourcentage en recul par rapport à celui enregistré les deux années précédentes.»

S’il y a eu une augmentation de revenus, elle ne touche qu’une partie limitée des salariés comme ceux qui ont bénéficié de la réforme fiscale (qui a surtout concerné les plus hauts revenus) ou ceux qui ont reçu des primes liées aux résultats de leurs entreprises (souvent les cadres).

Cette contre-offensive patronale n’est pas innocente. « Je demande l’arrêt des grèves », exige le patron des patrons, qui veut arrêter la remise en cause de la modération salariale par la vague d’actions de ces dernières semaines, surtout au Nord du pays.

Si Timmermans parle de « seulement 5 à 10 % réellement concernés par la baisse du pouvoir d’achat », c’est pour que le gouvernement n’envisage pas, lors du débat sur le budget, une baisse générale de la TVA sur l’énergie, financée par les géants du secteur. « C’est très populiste de faire payer les patrons », affirme-t-il. Ce n’est pas populiste, c’est tout simplement crucial pour alléger nos fins de mois, M.Timmermans. Et nous allons encore redoubler la pression sur les ministres réunis ce week-end en conclave, en faisant signer plus largement encore la pétition www.6pourcent.be.

1 Le Soir,

13:06 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

13/02/2008

Conditions de travail sur les chantiers...

Chantiers Charleroi :: 90 % de contrats illégaux et cinq euros de l’heure

Descente syndicale sur le chantier de l’hôpital de Charleroi à Lodelinsart, le 24 novembre dernier. En cause, le travail au noir de travailleurs étrangers.

Germain Mugemangango
13-02-2008

Chantier du nouvel hôpital de Charleroi à Lodelinsart. (Photo Solidaire, Salim Hellalet) .

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Nous avons rencontré Carlo Briscolini, secrétaire régionale adjoint centrale générale FGTB Charleroi et Marc Moreau, secrétaire régional CSC bâtiments industries pour explique le sens de leur demande.

 

Que se passe-t-il sur le chantier de l’hôpital de Charleroi ?

Carlo Briscolini. Le chantier de l’hôpital civil de Charleroi est un immense chantier où deux cents travailleurs sont occupés de manière permanente dont cent à cent cinquante travailleurs dans le cadre du détachement (voir plus bas, ndlr). La plupart sont des Portugais sous-payés. En Belgique, le manoeuvre a un barème de 11,60 euros de l’heure au minimum. Dans l’ensemble des manoeuvres et travailleurs qualifiés, il y a 90 % de contrats illégaux. Ils gagnent entre 5 et 9 euros de l’heure. Ils n’ont pas les autres avantages sociaux du secteur. Cela fait des marges bénéficiaires gigantesques.

C’est connu de tout le monde que les règles ne sont pas appliquées. L’inspecteur des lois sociales de Charleroi devrait pouvoir aller voir les vraies fiches de paie au Portugal pour voir ce qui est effectivement payé mais il ne peut pas le faire. Après l’Europol judicaire, il devrait être possible d’avoir une Europol sociale. Mais ici, il s’agit d’un client public. Il s’agit de l’intercommunale (ISPPC) présidée par le MR Olivier Chastel. Un tel client devrait être moralement plus responsable qu’un privé.

Marc Moreau. Il y a 170 00 ouvriers qui travaillent dans la construction. On estime qu'il faut y ajouter 50 000 polonais dont la plupart travaillent illégalement. C’est un phénomène grandissant qui s’attaque à la sécu, à l’emploi. Même ceux qui travaillent légalement sont payés moins cher. Les prix des marchés sont tirés vers le bas. L’entreprise honnête est poussée à ne pas respecter la loi. Ou alors, elle paie moins cher ses travailleurs de manière illégale.

 

D’où vient le problème ?

Carlo Briscolini. C’est le résultat d’une directive européenne dite de détachement. C’est l’utilisation de travailleurs qui viennent pour un travail spécifique et une durée spécifique. C’est une problématique qui frappe les travailleurs au niveau européen. C’est très répandu dans la construction.

Il y a des règles. L’élément essentiel est qu’on doit appliquer les conventions collectives de travail et les salaires du pays qui donne le travail. Dans le cas du chantier de l’hôpital, il s’agit bien sûr de la loi belge en la matière. On s’aperçoit depuis un certain nombre d’années que cette partie de la législation est bafouée de plus en plus. Ce qui entraîne dans toute l’Europe une dérégulation du marché. Il y a même une pression pour que les entreprises honnêtes ne respectent plus les règles. C’est parfois le seul moyen d’obtenir le marché.

À côté de ça, l’administration et le contrôle des lois sociales sont sous équipés en matière de personnel et de moyens pour aller jusqu bout des enquêtes. Nous menons une campagne plus globale à Charleroi sur le sujet. Une fois par an nous tentons de détecter un certain nombre de chantiers qui présentent des signes fraude. Nous faisons l’action pour signaler entre autres ces entreprises à l’inspection sociale.

Marc Moreau. À Lodelinsart, le donneur d’ordre public a fait la sourde oreille. En Belgique, le client n’est pas tenu responsable de ce qu’il se passe sur le chantier. La seule obligation qui lui incombe c’est qu’il doit désigner pour les chantiers publics un fonctionnaire qui doit aller sur le chantier tous les jours vérifier la légalité des travailleurs. Dans les faits ça ne se fait pas. Il y a tellement peu de fonctionnaires que ce n’est pas possible. C’est donc une obligation qui a été complètement abandonnée.

Nous aimerions inclure dans la loi une responsabilité solidaire pour ce qu’il se passe sur le chantier comme infraction sociales. Les grands clients n’en veulent pas et les entreprises non plus.

 

Le chantier de l’hôpital civil de Charleroi est un immense chantier où deux cents travailleurs sont occupés. Parmi eux, nombreux sont des illégaux souspayés. (Photo Solidaire, Salim Hellalet)

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Quelles solutions proposez-vous ?

Carlo Briscolini. Nous ne sommes pas contre la venue de ces travailleurs immigrés en Belgique. Mais ça doit se faire dans les règles.

De plus, il faut avoir une politique proactive pour mettre au travail les personnes en Belgique intéressées par le secteur de la construction. Ce qui est grave c’est qu’ils sont encore moins intéressés par la formation des jeunes maintenant.

Marc Moreau. Nous avons été à la réunion de la cellule d’arrondissement qui doit poursuivre ce type de fraude. Nous avons été chez l’auditeur du travail et nous avons été très mal accueillis. Pourtant nous avons beaucoup d’informations qui viennent des travailleurs et des syndicalistes.

Nous avons donc décidé de faire une initiative informelle avec les acteurs intéressés. Les services d’inspections, l’Onss, l’Onem et les partenaires sociaux. Pas les finances, pas le monde juridique non plus.

Nous voulons faire respecter le règlement des travailleurs en détachement. Et aller beaucoup plus loin en chassant les négriers. Ça a pris une nouvelle ampleur. Pour éviter le classement sans suite ou les enquêtes tardives.

Nous voulons mettre en évidence les mécanismes qui permettent à ces gens d’échapper au contrôle pour à l’avenir proposer des modifications de la loi. Nous voulons aussi mener des actions de sensibilisation vers les travailleurs et les entreprises. Nous voulons aussi avec le syndicat nous porter partie civile par rapport à certains dossiers.

 

Connaissez-vous d'autres exemples ?

Marc Moreau. Au-delà du respect de la convention collective de la construction, il y a aussi des gens qui sont extrêmement exploités. Par exemple, il y a une filière brésilienne du travail (des faux Portugais). Ils ont de faux papiers qu’ils arrivent à remplacer par de vrais papiers. Dès qu’ils arrivent ici, on leur confisque leurs papiers et on les fait travailler pendant six mois ou un an. On les fait dormir sur chantier.

En cas d’accident, ça devient vite dramatique. En construction, chaque travailleur a un accident tous les cinq ans. En cas de travail au noir sur un chantier, c’est de l’esclavage.

Carlo Briscolini. Je sais que les grosses entreprises d’ici ont formé des sociétés là-bas pour prospecter le marché. C’est le seul moyen d’avoir les travailleurs que l’on cherche. Une société de toiture avec une vingtaine d’homme avait obtenu un gros marché dans le cadre des logements sociaux. Ils ont fait venir en ligne directe une société polonaise en détachement de 50 personnes. Un sous-traitant plus gros que la société principale. Douteux comme arrangement !

Hebdomadaire du Parti de Travail de Belgique | bd M. Lemonnier 171, 1000 Bruxelles | 38e annee n° 6 (1689) du 13 février 2008

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20:49 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |