16/03/2008

Vaccin antigrippal gratuit : Onkelinx revient sur sa promesse...

10 mars 2008 
En février, la ministre de la Santé Onkelinx avait soutenu l’idée d’un vaccin antigrippal gratuit grâce à l’application du modèle Kiwi. Aujourd’hui, elle a « changé d’avis ».

Dirk Van Duppen

 

Aux activistes de la Plate-forme Santé et Solidarité, la ministre Onckleinx a promis de s'occuper de la gratutité du vaccin antigrippal par l'application du modèle kiwi. Pour se désavouer quelques jours plus tard. (Photo Solidaire, Salim Hellalet)

Le 20 février dernier, la Plate-forme d’action Santé et Solidarité s’est présentée chez les ministres Onkelinx, Fonck et Vanackere, pour demander la gratuité du vaccin contre la grippe. Tous trois ont promis de soutenir la proposition lors de la conférence interministérielle du 11 mars, réunissant les sept ministres (!) compétents en la matière. Après la manifestation, le ministre flamand de la Santé, Steven Vanackere (CD&V) a écrit dans un communiqué de presse : « La Plate-forme d’Action milite en faveur de la gratuité du vaccin contre la grippe sans ordonnance et livraison directe chez les médecins généralistes. Je soulèverai ce point lors des négociations de la conférence interministérielle Santé publique. » Autrement dit, le ministre fédéral centralisera les achats de vaccins par adjudication publique, comme c’est le cas avec le modèle Kiwi.
    Mais après la manifestation, la ministre Onkelinx (PS) a expliqué dans le Journal du Médecin « qu’elle n’appliquerait pas le modèle Kiwi pour le vaccin contre la grippe ». Et ce pour trois raisons qu’elle a répété plus tard à la Chambre en répondant à une question posée par la parlementaire CD&V, Sonja Beck. Onkelinx : « Tout d’abord, la composition du vaccin antigrippal est adaptée chaque année aux souches virales de la grippe. Nous devrons donc chaque année refaire une demande d’offre ». Pourquoi est-ce un problème ? Ne pourrions-nous pas, par exemple, conclure des contrats-cadre de trois ans ?
    Onkelinx : « Secundo, les entreprises pharmaceutiques qui ont commercialisé un vaccin ces dernières années ont eu à plusieurs reprises des difficultés à satisfaire complètement la demande. » La raison est notamment qu’elles peuvent difficilement prévoir, elles ne sont jamais certaines de leurs ventes. Un problème qui peut justement être résolu par l’adjudication publique puisque les entreprises connaîtront le nombre exact de vaccins qu’elles pourront vendre.
    Onkelinx : « Enfin, l’approvisionnement sera-t-il garanti si une seule entreprise est chargée de la livraison ? » Cette garantie doit naturellement figurer dans le contrat. Wayne McNee, l’ancien directeur de Pharmac, l’institut qui organise le modèle Kiwi en Nouvelle-Zélande écrit à ce sujet : « Il y a quelques années, nous avons été confronté à ce problème, la société Sanofi n’a pas été en mesure de livrer suffisamment de vaccins. Nous avons rapidement résolu le problème en nous adressant à d’autres fournisseurs, tous les frais étant à charge de Sanofi. »
    Le 11 mars, une délégation de la Plate-forme Santé et Solidarité est allée à la conférence interministérielle pour rappeler à nos ministres leur promesse et en particulier soutenir la proposition du ministre Vanackere.

Lu dans SOLIDAIRE


12:09 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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