17/05/2011

Nouvelle astuce de Leterme : démolir l’index sans en avoir l’air

 

Nouvelle astuce de Leterme : démolir l’index sans en avoir l’air

Sarkozy et Merkel réclament une modération salariale généralisée en Europe. Pour eux, l’index doit disparaître. Pas question, dit Leterme. Mais sommes-nous vraiment à l’abri ?

Alice Bernard

A chaque négociation interprofessionnelle, le patronat essaie de se débarrasser de l’indexation automatique des salaires (voir cadre ci-joint). Ces dernières semaines, il a reçu un fameux coup de main : l’Union européenne réclame une politique d’austérité et de modération salariale généralisée en Europe, ce qui suppose la suppression du système d’indexation automatique des salaires. Thomas Leysen (FEB) s’en réjouit : « La Banque centrale européenne veut se débarrasser depuis longtemps du mécanisme de l’index. Maintenant l’Allemagne se range à ce point de vue. (...) Nous avons convenu avec les syndicats de ne pas toucher à l’index dans les deux prochaines années. Mais de commander une étude sur les effets des prix de l’énergie sur l’index. »

Le gouvernement Leterme, qui sait qu’il doit tenir compte des sensibilités sociales, a déclaré qu’il n’était pas question de toucher à l’index et qu’il fallait laisser la Belgique régler les choses à sa façon. Admirez la subtilité : le gouvernement ne demande pas d’étude sur l’index. Il ne remet d’ailleurs absolument pas en question le principe de l’indexation des salaires. Par contre, il est convaincu que l’inflation élevée est un problème. Et c’est là que la Banque nationale entre en scène. « Nous sommes entrés dans une période d’augmentation durable des prix des matières premières. La Belgique doit faire attention à deux choses : réduire sa consommation d’énergie (…) ; et revoir les mécanismes de formation des prix et des revenus afin de préserver la compétitivité des entreprises » a déclaré Guy Quaden, gouverneur de la Banque nationale.

Gouvernement et patronat ont déjà imposé, en 1994, l’indice santé, c’est-à-dire un index qui ne tient pas compte du prix du tabac, de l’alcool, de l’essence et du diesel. Ce qui permet de dire que les 0,3% d’augmentation de salaire qui sont sur la table aujourd’hui constituent en fait une diminution du pouvoir d’achat des travailleurs, car la flambée des prix des carburants dépasse de loin les 0,3%. Depuis, on a eu l’index lissé, qui retarde de 4 mois l’adaptation des salaires et allocations.

Maintenant, puisque les prix de l’énergie représentent la moitié de l’inflation, on parle de plus en plus d’index « vert » ou « intelligent ». L’idée consiste à retirer les prix de l’énergie de l’index ou d’en réduire le poids dans le système. Certains, dont le ministre Magnette (PS) proposent un contrôle des prix. Mais l’exemple hollandais qu’il veut suivre n’a pas réussi à calmer les hausses de prix (voir Solidaire du 24 février). Et la Banque Nationale pourra faire des suggestions pour « revoir les mécanismes de formation des prix et des revenus », c’est-à-dire modifier profondément le mécanisme de l’index, ce que demandent les patrons et l’Union européenne. La boucle est bouclée.

L’index, patrimoine national

L’indice des prix à la consommation, ou index, mesure l’évolution des prix d’un panier de biens et services, achetés par les ménages, et censé être représentatif de leur consommation. En Belgique, grâce aux combats des travailleurs, chaque fois que l’index augmente de plus de 2%, les salaires et les allocations sociales sont automatiquement adaptés. L’indexation automatique des salaires est donc une compensation de la perte du pouvoir d’achat, et pas une augmentation salariale. Ce système existe aussi au Luxembourg, à Chypre et à Malte. S’il n’y avait pas d’indexation automatique des salaires et des allocations sociales, nous perdrions chaque année 3 % de notre pouvoir d’achat. L’index a permis de maintenir le pouvoir d’achat et le niveau de la consommation intérieure, donc l’activité des entreprises et des commerçants.

13:52 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

16/05/2011

Dans "SOLIDAIRE", hebdomadaire du Parti du Travail de Belgique ( Ptb), paraissant tous les jeudis : Grandes sociétés ou salariés : qui s’en sort le mieux en 2010 ?

 

 

Dans SOLIDAIRE:

Bpost :: Pourquoi votre facteur fait grève

Grandes sociétés ou salariés : qui s’en sort le mieux en 2010 ?

En 2010, les sociétés du Bel20 (les stars de la Bourse de Bruxelles) ont réalisé un bénéfice total de 17 milliards d’euros. C’est 4,7 milliards de plus qu’en 2009, ce qui fait une augmentation de 37 %.

Marco Van Hees
patron
 

Si l’on regarde plus en détail, on constate que douze des vingt sociétés ont vu leur résultat augmenter, pour un total de 6,3 milliards. Tandis que 8 sociétés affichent un bénéfice en baisse pour 1,6 milliard. Notons que contrairement à 2009, où deux sociétés étaient en perte – KBC et Befimmo – aucun membre du Bel20 n’est dans le rouge en 2010.

Bref, malgré la crise, tout baigne pour les grandes sociétés. Les travailleurs peuvent-ils en dire autant, sachant que le projet d’accord interprofessionnel 2011-2012 (refusé par les syndicats) propose une augmentation de salaire, hors index, de 0,3 % sur deux ans…

AB Inbev : + 1 %

Certes, le n° 1 mondial de la bière n’a vu son bénéfice croître que 1,15 %. Mais quel bénéfice : plus de trois milliards d’euros. Pas étonnant si les actionnaires historiques sont les familles les plus riches de Belgique.

Stéphane : - 40 %

Stéphane, ancien ouvrier brasseur chez Inbev est aujourd’hui chômeur. Du coup, ses revenus ont baissé de 40 %. Car malgré ses énormes bénéfices, le groupe a réduit les effectifs de 6 % en Belgique.

AvH : + 36 %

Ackermans & van Haaren est un holding anversois détenant des participations dans de nombreux secteurs : banques, immobiliers, médias, énergie, etc.  Il possède notamment 20 % du groupe Corelio, qui édite De Standaard, Het Nieuwsblad, Het Volk ou Vers l'Avenir.

Sarah :  + 0,1 %

Sarah est pigiste pour les journaux du groupe Corelio. Ce qui signifie qu’elle ne touche pas un salaire fixe, mais est rémunérée au nombre de caractères publiés. Résultat : elle n’avait pas grand-chose en 2009 et n’a pas vraiment plus en 2010.

Bekaert : + 132 %

Bekaert est une multinationale belge spécialisée dans la transformation des métaux. Son bénéfice est passé de 152 millions d’euros en 2009 à 353 millions en 2010, soit une hausse de 132 %. En 2010, le cours de l’action Bekaert a bondi de 138 %.

Victor :  + 0,9 %

Selon la dernière publication du SPF Economie, les salaires horaires bruts dans l’industrie pour les ouvriers masculins ayant 21 ans accomplis ont augmenté de 0,9 % entre octobre 2009 et octobre 2010.

Cofinimmo : + 127 %

Cofinimmo est une sicafi : une société immobilière cotée en Bourse et exonérée de l’impôt des sociétés si elle redistribue 80 % de ses bénéfices. Elle détient plus d’un million de m² d’immeubles de bureaux ou de maisons de retraite.

Irène :  + 2,5 %

Irène est employée chez Confinimmo. Son salaire a augmenté de 2,5 % en 2010. Ou de 0,3 % si l’on retire l’inflation. L’année passée, elle a perdu son appartement et le loyer de son nouveau logement est 30 % plus élevé.

Umicore : + 224 %

L’ancienne Union minière doit connaître le secret pour transformer le plomb en or, puisque son bénéfice est passé de 74 à 240 millions d’euros.

Ivan :  - 4 %

Selon le dernier bilan social d’Umicore, la masse salariale par équivalent temps plein a diminué de 4 %.

Bénéfices des sociétés du Bel20

 

Bel 20   

2009   

2010   

Evolution 

AB Inbev

3.215.000.000 €

3.252.000.000 €

+1%

Ackermans & Van Haaren     

118.000.000 €

160.000.000 €

+ 36%

Ageas

1.192.000.000 €

715.000.000 €

- 40%

Befimmo    

-34.000.000 €  

49.000.000 € 

-

Bekaert

152.000.000 €   

353.000.000 €  

132%

Belgacom 

904.000.000 €      

1.206.000.000 €   

+ 33%

CNP

297.000.000 €

267.000.000 €

- 10%

Cofinimmo

33.000.000 € 

75.000.000 €

+ 127%

Colruyt

330.000.000 €

352.000.000 €

+ 7%

Delhaize

514.000.000 €

543.000.000 €

+ 6%

Dexia          

1.010.000.000 €

811.000.000 €

- 20%

GBL

1.058.000.000 €

633.000.000 €

- 40%

GDF Suez

4.477.000.000 €

4.478.000.000 €

0%

KBC      

-2.466.000.000 €

1.606.000.000 €

Mobistar

260.000.000 €

256.000.000 €

- 2%

Omega Pharma

77.000.000 €

68.000.000 €

- 12%

Solvay

516.000.000 €

1.794.000.000 €

+ 248%

Telenet

233.000.000 €

82.000.000 €

-65%

UCB               

513.000.000 €

201.000.000 €

- 61%

Umicore

74.000.000 €

240.000.000 €

+ 224%

TOTAL

12.473.000.000 €

17.141.000.000 €

+ 37% 

 

18:24 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

10/05/2011

BELGIQUE: Quand la victime se mue en accusée...

 
 
La répression contre les militants de gauche partout dans l’ EURO-DICTATURE capitaliste.
RoRo
 
Sent: Tuesday, May 10, 2011 1:59 PM
To:
Subject: Quand la victime se mue en accusée...
 
 

Je vous avais parlé de l’incident qui m’était arrivé en octobre dernier au marché de Châtelineau, en marge d’un stand de la Plate-forme Charleroi-Palestine. J’avais été arrêtée et détenue arbitrairement lors d’une grande opération policière, uniquement pour avoir posé une question à un policier et avoir pris deux photos de personnes d'origine étrangère, en état d’arrestation. J’avais été fouillée (on m’a obligé d’enlever tous mes vêtements et je me suis retrouvée en soutien-gorge et petite culotte face à deux policières) et on m’a enfermée dans un cachot froid, sans lumière du jour, à moitié habillée seulement. Suite à des pressions (deux avocats ont téléphoné au commissariat et un camarade est venu voir le commissaire), j’ai été libérée après trois heures de détention. Mon avocat Frédéric Ureel a déposé plainte auprès du parquet du procureur du roi. Très rapidement, la plainte a été classée. Mais, surprise : voilà que la police m’attaque pour « outrages aux policiers ». Victime, voilà que je me retrouve au banc des accusés pour des propos que je n’ai jamais tenus. Cela se passe le lundi 30 mai à 14 h, au Palais de justice de Charleroi, tribunal correctionnel, 20e chambre. Bien sûr, vous êtes tous les bienvenus ! Et n'hésitez pas à faire circuler ce message...

Ci-dessous : un reportage de la télévision régionale Télésambre :


Bien à vous,

Myriam
 
----- Original Message -----
Sent: Monday, October 18, 2010 11:03 PM
Subject:  BELGIQUE: Arrestation et détention arbitraire dans le cadre d'une vaste opération policière au marché de Châtelineau
 
Nos droits "démocratiques" ??? Ce n' est pas à CUBA, c' est en BELGIQUE, à Châtelineau ...
 
RoRo
 
Sent: Monday, October 18, 2010 10:55 AM
Subject: Arrestation et détention arbitraire dans le cadre d'une vaste opération policière au marché de Châtelineau
 

Samedi 16 octobre. Nous nous trouvons avec quelques membres de la Plate-forme Charleroi-Palestine avec un stand au marché de Châtelineau. Tout se passe bien, nous avons de multiples discussions avec les gens, très réceptifs à nos arguments sur le boycott des produits israéliens.

Vers midi, un hélicoptère tourne sans arrêt au-dessus de la place. Nous nous demandons ce qui se passe. Un peu plus tard, une camionnette de la police se fraie un chemin le long du marché, passant à proximité de notre stand.

Puis un ami de la Plate-forme vient nous dire : « Ils sont en train d'arrêter plein de sans-papiers, là-bas. » Cela se passe dans une rue donnant sur le marché, tout près de notre emplacement.

Je décide d'aller voir. Là, derrière une camionnette de police, je vois quatre ou cinq personnes alignées contre une grille, les mains menottées dans le dos. Je m'en vais un peu plus loin, puis je reviens sur mes pas et je prends deux photos. Un policier me dit, calmement, que je dois laisser la police faire son travail et que je ne peux pas prendre de photos. Je demande pourquoi on arrête tous ces gens. Il me répond qu'ils vendent des produits de contrefaçon.

Je m'éloigne, je retourne au stand, la rage au coeur. Pourquoi s’en prend-on aux petits vendeurs, souvent des sans-papiers n'ayant pas la possibilité de faire un autre boulot, alors que ce ne sont pas eux qui font écouler la marchandise sur le marché.

On discute un peu au stand, et voilà qu'un commissaire de la police s'amène.

« Vous pouvez venir une minute avec moi ? » Je le suis, un membre de la Plate-forme le suit aussi. Le commissaire me dit : « Vous avez posé une question au policier. Vous n'avez pas le droit de poser des questions. » « Vous avez pris des photos aussi. On va vous entendre au commissariat. » Il appelle son « team d'arrestation ». Trois ou quatre policiers en civil s'amènent très rapidement. Ils me prennent de force, me soulèvent des deux côtés à la fois.

On me pousse dans la camionnette, on me prend mon GSM, mon appareil photo et on met tout cela dans un sac en plastic. Dans la camionnette, il y a trois personnes arrêtées, menottées. J'apprends que deux d'entre elles n'ont pas de papiers de séjour, le troisième n'a pas de permis de travail.

J'entends par la radio de la camionnette que l'opération d'arrestation se poursuit. Des policiers en civil passent régulièrement près de la camionnette.Mon GSM sonne tout le temps. Je demande de pouvoir répondre. « Vous n'en avez pas le droit, vous êtes en détention administrative. »On ne part toujours pas. En fait, le chauffeur attend du renfort...

Une des personnes arrêtées supplie : « S'il vous plaît, éloignez-nous d’ici : les gens du marché vont nous prendre pour des criminels... » Le policier du marché propose d'accompagner la camionnette pour qu'enfin celle-ci puisse partir.

Nous arrivons au commissariat de Châtelet. On nous amène dans un couloir. À gauche, il y a le bureau d'« accueil ». À droite, des cellules où des jeunes d'origine étrangère se trouvent par deux, les mains liées, derrière les barreaux. Il y a un va-et-vient impressionnant, dans ce couloir. De nouveaux « arrivages » de personnes arrêtées, de policiers en civil.

Un policier particulièrement excité et très autoritaire (et je reste polie) donne les ordres et décide qui va où.

Je suis « appelée » dans ce bureau. Le policier hyper-excité se met à m'aboyer dessus. Je lui réponds que je ne suis pas son chien. Vu que mon comportement n'est pas assez collaborant, il m'accuse de « trouble de l'ordre public », « rébellion », « outrage à policiers en fonction ». « Maintenant vous avez deux dossier judicaires et vous êtes en détention judiciaire." Le lendemain, un avocat me dira qu'ils m'ont dit n'importe quoi. Je ne pouvais pas être en arrestation judiciaire, parce que je n'avais pas vu un juge d'instruction.

Je dois enlever mon bonnet, mon manteau, mes châles, mes sacs... Le policier donne l’ordre à une collègue de me fouiller et envoie une deuxième policière pour l’accompagner car « elle (moi, en fait) se rebelle ».

Je laisse faire la fouille. (Je dois enlever les chaussures, les chaussettes, le jeans, le T-shirt, le pull. Me mettre de face, me mettre de dos. Soulever le soutien-gorge). Après, je dis aux policières qu'il n'est pas normal qu'on me traite ainsi, uniquement parce que je pose une question et que je prends des photos.

On m'amène dans un bureau pour que je fasse une déclaration. Je le refuse. C'est mon droit. Les policiers à qui j’ai affaire ne sont pas contraires. Je dis que je voudrais déposer plainte. Ils me disent que j'ai le droit de déposer plainte au comité P.

De retour à « l'accueil », le policier hyper-excité ordonne qu'on m'emmène dans une cellule en bas. Je vois de nouveaux visages de personnes arrêtées derrière les barreaux. Il y a de nouveau plein de monde dans le couloir.

On m'emmène dans les caves. Je dois enlever mes chaussures, on me fait entrer dans une cellule, je dois enlever mon soutien-gorge. Le froid me tombe dessus. Je demande d'avoir ma veste. « Vous n'avez pas le droit, il y a une couverture. »

Cette cellule ressemble plus à un cachot qu'à autre chose. Il n'y a pas de lumière de jour, elle est à demi éclairée par un spot placé au-dessus de la porte d'acier. Un banc, une toilette. 2 m sur 2 m 30. Il y fait très froid. Je ne peux pas mettre les pieds à terre car le carrelage est très froid lui aussi. Je mets la couverture autour de moi, des épaules jusqu'aux pieds et j'attends sur le banc.

A un certain moment, j'entends qu'un policier vient dans le couloir. Je tape avec mon coude contre la porte d'acier : « Je veux téléphoner à mon mari et à un avocat. » « Vous n'avez pas le droit, vous êtes en détention judiciaire. » Encore un qui dit n'importe quoi.

Je reste au moins deux heures dans cette cellule froide. Heureusement, en élevant la voix, je peux échanger quelques mots avec la personne qui se trouve à côté. J'apprends que c'est la personne qui était assise avec moi dans la camionnette. « Madame, vous êtes là ? »... « Oui. »... « Putain !... ».

Je lui demande s'il ne craint pas d'être expulsé. Il me dit que, la fois précédente, on l'a relâché après quelques heures. J'espère pour lui que ce sera pareil maintenant. « Patience, Madame, quelques heures... »

A nouveau, des pas dans le couloir. Le commissaire qui a ordonné la détention administrative ouvre la porte, accompagné de deux autres policiers. Il me dit que je peux sortir. Je récupère mes affaires à « l'accueil ».

Mais je suis encore amenée dans un autre bureau. Avec le commissaire, encore les deux mêmes policiers qui sont venus jusqu'à la cellule, et un nouveau, en civil.

Le commissaire précise qu'il m'a mise en détention administrative, mais que cela n'a rien à voir avec mes activités sur le marché. « Je ne vous ai pas non plus parlé de photos. » Ce qui est manifestement faux. « Il y a trois dossiers contre vous : celui du marché, rébellion, trouble de l'ordre public. »

Le « civil » dit que son rôle est de protéger les policiers en fonction. Il me demande de voir les photos pour constater s'il y a des policiers reconnaissables. Apparemment, il faut protéger les indics.

Il montre une photo que j'ai prise du stand de la Plate-forme. « Vous vendiez des objets à votre échoppe ? » Je lui réponds que je n'ai rien à dire là-dessus. « Moi, je suis passé à 8 h 35, vous vendiez de la marchandise. » « Alors cela, c'est votre quatrième dossier. » Je lui ai répondu que c'est un grossier mensonge. En réalité, nous étions sur place à 10 h 30. Il me rend l'appareil.

Les photos des arrestations ne sont pas enlevées. Il faut dire qu'elles n'étaient pas très réussies non plus.

Je m'adresse au commissaire. « Je voudrais connaître votre identité. Je vais déposer plainte contre vous. » Réponse : « Votre avocat n'a qu'à faire son travail. »

Je suis reconduite à la sortie. Il est 16 h 50. J'ai été arrêtée pendant 3 h 30.Je demande qu'on me reconduise à Châtelineau, ma voiture se trouve trois ou quatre kilomètres plus loin. Cela, c'est rêver, évidemment.

Ce n'est qu'une fois chez moi, que j'apprends que des amis ont averti un avocat, lequel a téléphoné au commissariat, et qu'un camarade est venu voir le commissaire pour connaître la raison de ma détention. Ce sont probablement ces interventions qui ont fait que j’ai été libérée plus tôt.

Tout au long de mon « séjour », j'ai pu constater que certains policiers, en particulier ceux qui sont responsables du marché, semblaient plus qu'embarrassés et n’étaient visiblement pas d'accord avec les méthodes utilisées.

J'estime que ces faits, me concernant, sont très graves, c’est une réelle atteinte aux droits démocratiques (au même moment se déroulait une manifestation à Bruxelles sur le même sujet) et je ne resterai pas les bras croisés.

Mais évidemment les personnes arrêtées et qui sont d'origine étrangères ont subi un sort bien plus dur que moi.

Je n'ai pas été menottée (alors qu'on m'a dit que c'était la procédure). Je n'ai pas dû m'inquiéter si j'allais être amenée dans un centre fermé et expulsée du pays. J'ai encore pu répliquer aux aboiements de certains policiers, sans qu'on me frappe. D'ailleurs, un policier m'a dit : « Vous avez vu qu'on a mis des gants, lorsqu'on vous a amenée à la camionette. « Je n'allais pas vous frapper, vous avez l'âge de ma mère. »

Il a oublié de dire aussi que je suis « blanche » et que j'ai la nationalité belge.

Myriam De Ly
--

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Pour soutenir l'action de la Plate-forme Charleroi-Palestine,
versez au compte 751 – 2043879 - 32
Sur le site www.pourlapalestine.be, des infos, des analyses, des vidéos... chaque jour !
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
 

 

20:06 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |