30.01.2012
La vérité si je mens 3 - on vous a tous niqué!
![]()

20:16 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |
|
Facebook | |
Imprimer
RTL-TVI en campagne contre les grèves et les syndicats ...

20:02 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |
|
Facebook | |
Imprimer
BELGIQUE: grève générale le 30 janvier 2012
From: u63iws@acv-csc.be
Date: Mon, 23 Jan 2012 17:18:44 +0100
Subject: grève le 30
To:
14:36 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |
|
Facebook | |
Imprimer
29.01.2012
BELGIQUE: grève générale ce lundi 30 janvier 2012, contre les me sures d' austérité du gouvernement Ps-Mr-Cdh du Ier Ministre "so cialiste" Di Rupo: discours de Peter MERTENS, Président du Ptb.. .en français et en néerlandais...
19:00 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |
|
Facebook | |
Imprimer
27.01.2012
BELGIQUE: avec les syndicats, contre les mesures du gouvernement Di Rupo et sa bande de menteurs: GRÈVE GÉNÉRALE LE 30 JANVIER 2012
From: u05mbb@acv-csc.be
Date: Mon, 23 Jan 2012 14:22:16 +0100
Subject: GRÈVE GÉNÉRALE LE 30 JANVIER 2012
To:

GRÈVE GÉNÉRALE LE 30 JANVIER
Première étape d’un programme d’actions en Belgique et en europe
Le 26 novembre 2011, l'accord du futur gouvernement Papillon était signé. « Un accord équilibré », « des mesures catastrophiques », « un effort indispensable », « une répartition injuste et inefficace »... Entre le gouvernement qui défend son programme et les syndicats qui le contestent, qui croire ?
Ne croyez personne sur parole ! Vérifiez !
http://www.jugezparvousmeme.be/
L’Accord Papillon fait payer la crise aux travailleurs, avec ou sans emploi, jeunes et âgés, du privé comme du public. Pourtant, il existe des alternatives, plus justes et plus efficaces.
C’est pourquoi la CNE réclame depuis longtemps déjà l’application de certaines mesures comme :
- Instaurer l’impôt sur la fortune
- Supprimer les intérêts notionnels
- Taxer les plus-values
- Taxer les transactions financières
- Etc. … cliquez ICI
SOYONS NOMBREUX seule une participation massive à ce mouvement pourra faire changer le cours des choses il faut y croire, après le « printemps Arabe », lançons le « printemps Européen »
|
|
Michel Barbuto CNE Commerce BXL-BW 19 Rue pletinckx, 1000 Bruxelles 02/557.86.17 |
21:24 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |
|
Facebook | |
Imprimer
BELGIQUE: les faux-culs ...
21:22 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |
|
Facebook | |
Imprimer
BELGIQUE: Béatrice Delvaux (Le Soir) sur la peur du PS face à la montée du PTB
peur qui monte au PS et dans l'establishment par rapport au PTB (info
reprise dans De Standaard):
"Plan PTB. Alors là, troisième et big souci. Alors que les gens
craignent pour leurs pensions, les candidats acheteurs pour leurs
emprunts hypothécaires, alors qu'une grève massive s'annonce pour lundi,
les socialistes s'étripent sur la Fédération Wallonie Bruxelles ! Un
boulevard dès lors notamment pour ce petit parti, le PTB (Parti des
Travailleurs de Belgique), extrême gauche, et son charismatique porte
parole, Raoul Hedebouw, ultra présent sur le terrain wallon, qui s'est «
banalisé » pour mieux séduire et risque, de l'avis d'un important homme
politique wallon, de faire des dégâts dans l'électorat PS de Liège et
des alentours notamment. Attirant les votes protestataires et les
petites gens. Le plan W est fondamental pour le futur de la région, mais
il est urgent de prouver et de trouver les mots pour démontrer qu'il est
utile aux citoyens. Et que ce n'est pas juste un machin ou un plan de
carrière. Ce qui serait suicidaire."
http://www.lesoir.be/debats/chroniques/2012-01-26/plan-w-...
Plan W, ouh la la !
Béatrice Delvaux
jeudi 26 janvier 2012, 16:31
Béatrice Delvaux
CComme c'est ici que tout a commencé, je dois aux lecteurs du « Standaard » de faire le point sur le désormais célèbre « Plan W »
Petit rappel : à cette même place il y a quinze jours, paraissait une chronique intitulée « Plan W », selon laquelle des hommes et femmes de milieux divers réfléchissaient à un plan pour « booster » la Wallonie, avec ou sans Bruxelles. Le Standaard la place ensuite longuement à la une de son site et voilà le feu ainsi mis au baril francophone !
La chronique au Standaard
Toutes les deux semaines, Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef du Soir, publie dans le quotidien flamand De Standaard. Nous vous la proposons en intégralité et en français.Depuis quinze jours, cela n'arrête pas, tout le monde éructe, commente, s'insurge, revendique. En premier lieu Jean –Claude Marcourt, ministre de l'économie wallonne et vice présent de la Région Wallonne qui fait exploser la boutique, à répétition. Il y a quinze jours, il déclare à la Libre Belgique que la Fédération Wallonie Bruxelles (ex-Communauté française) doit être déconstruite (et reconstruite). Ce mardi dans Le Soir , il se dit favorable à la régionalisation de l'enseignement, aujourd'hui géré par la Fédération Wallonie-Bruxelles pour tous les francophones qu'ils soient bruxellois ou walllons.
Vous suivez toujours? Voici de quoi (je l'espère) vous retrouver dans ce maquis.
1. Le Plan W et le Groupe W existent. Jean Claude Marcourt reconnaissait mardi au Soir, l'existence de groupes de gens qui dialoguent informellement pour le moment « sans chambre secrète » , comprenant des patrons, des syndicalistes et hommes politiques. Ces gens deviendront un groupe officiel d'ici fin juin.
2. Il faut un plan W. C'est la seule chose sur laquelle tout le monde est d'accord. La nouvelle loi de financement qui prévoit la dégressivité des transferts vers la Wallonie dans les dix ans, le transfert de nouvelles compétences actuel et à venir (personne ne doute d'une prochaine réforme de l'Etat) et la situation économique créent le besoin urgent d'un nouveau plan d'action wallon. Des idées circulent, des études sont réalisées dans des think tanks de partis, d'universités au sud du pays pour donner une suite aux Plan Marshall initial et au Plan Marshall « 2.vert ». Les Bruxellois eux mêmes dans la foulée, se disent depuis quinze jours qu'eux aussi doivent réfléchir à « booster »- c'est le terme du moment - leur région, qui a reçu l'autonomie constitutive, des moyens financiers supplémentaires et des compétences nouvelles.
3. Bruxelles ! Ah ça, c'est le gros souci. Car il n'y a pas en Belgique, contrairement à ce que vous croyez souvent, vous au nord, des Flamands et des Wallons mais il y a des Flamands et des Francophones, et dans les Francophones, il y a des Bruxellois et des Wallons. La fédération Wallonie-Bruxelles sert en gros à organiser les liens entre les deux. Alors imaginez ce qui se produit lorsqu'un ministre wallon et francophone, membre important du PS, parle de les « déconstruire » (et puis de les reconstruire). Il a beau citer une méthode à la Derrida – célèbre psychanalyste français-, on assiste depuis lors à une belle foire d'empoigne entre les communautaristes et les régionalistes francophones, tous partis confondus. Avec cette question qui hante le monde politique depuis toujours: comment organiser l'espace francophone ? Tous sont d'accord, Marcourt compris: il est suicidaire pour la Wallonie de se couper de Bruxelles. Mais ils divergent, c'est peu de le dire, sur la manière d'être « reliés ».
4. Plan M comme Marcourt ? Ca, c'est l'autre gros souci. Cette fois au sein du parti socialiste. Le top du parti s'est réuni secrètement sous la « présidence » de Di Rupo après la première sortie de Marcourt. Ils se re-réunissent (hier soir, aujourd'hui ?) après la deuxième sortie. Siffler la fin de la récréation, vérifier les ambitions de Marcourt (le bien de la Wallonie ? , la présidence de la Région wallonne ?, celle de son parti ?) : il faut faire vite car ce jeudi, Thierry Giet, nouveau « président » du PS doit se faire un nom. Sinon…
5. Plan PTB. Alors là, troisième et big souci. Alors que les gens craignent pour leurs pensions, les candidats acheteurs pour leurs emprunts hypothécaires, alors qu'une grève massive s'annonce pour lundi, les socialistes s'étripent sur la Fédération Wallonie Bruxelles ! Un boulevard dès lors notamment pour ce petit parti, le PTB (Parti des Travailleurs de Belgique), extrême gauche, et son charismatique porte parole, Raoul Hedebouw, ultra présent sur le terrain wallon, qui s'est « banalisé » pour mieux séduire et risque, de l'avis d'un important homme politique wallon, de faire des dégâts dans l'électorat PS de Liège et des alentours notamment. Attirant les votes protestataires et les petites gens. Le plan W est fondamental pour le futur de la région, mais il est urgent de prouver et de trouver les mots pour démontrer qu'il est utile aux citoyens. Et que ce n'est pas juste un machin ou un plan de carrière. Ce qui serait suicidaire.
21:20 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |
|
Facebook | |
Imprimer
étude de MPLP dans Le Soir
Le Soir
26/1/2012
Le licenciement pousse au
suicide
Ls 26/1
TROIS QUESTIONS AU DOCTEUR KEIZER
Dr
Jan Harm Keizer, vous gérez la maison médicale du réseau Médecine
pour le Peuple (PTB), à La Louvière. Vous attendiez vous à ces résultats ?
Pas à ce
point. C’est très interpellant, même si le profil de notre patientèle n’est pas
représentatif de la population globale. La crise induit manifestement une
fragilité psychologique qui exige une adaptation de la prise en charge
médicale.
Concrètement,
que doit faire le médecin ?
S’inquiéter davantage de la stabilité professionnelle de son patient.
Oser lui demander s’il lui arrive de penser à la mort, au suicide. Nous n’y
sommes pas formés, mais c’est une démarche de prévention essentielle, vu le
constat de l’étude. D’autant plus que la situation risque de s’aggraver avec la
limitation des prépensions, qui ne va guère améliorer le taux de chômage des
jeunes.
Le système de
santé doit aussi s’adapter…
Notre
maison médicale offre les services d’une psychologue. Il faut faciliter l’accès
aux soins de santé mentale de proximité. La Belgique se distingue par son parc
impressionnant de lits psychiatriques hospitaliers… et par un taux de
suicide record. Ce n’est manifestement pas la bonne formule.
PROPOS RECUEILLIS PAR R. G.
Plus de 400.000 personnes pensent au suicide, chaque année, en
Belgique. Et 2.000 y laissent la vie, bon an mal an… On savait évidemment que
les idées noires germaient davantage dans l’esprit de personnes précarisées sur
le plan social, familial, affectif. On sait désormais qu’un travailleur licencié
est quatre fois plus exposé aux tendances suicidaires. C’est le constat dressé
par deux jeunes médecins, dans le travail de fin d’études qu’ils ont déposé à la
Vrije Universiteit Brussel (VUB), à l’Université catholique de Leuven (KUL) et à
l’Université d’Anvers.
L’étude de Filip Vanderoost et Susan Van der Wielen, médecins
généralistes, porte sur 377 patients qui fréquentent les maisons médicales du
PTB, à La Louvière et à Deurne… Essentiellement des travailleurs actifs dans le
secteur du nettoyage, de la construction ou des métiers techniques.
« Nous avons voulu vérifier si les menaces qui pèsent sur l’emploi de
ces travailleurs modestes affectaient leur santé, commente le Dr Vanderoost. Les chiffres ne mentent pas : 20 % de ces patients actifs craignent
de perdre leur emploi… Et parmi eux, 28 % ont pensé au suicide, au cours de
l’année écoulée. Si on s’en tient aux patients effectivement licenciés, le
pourcentage de ceux qui ont éprouvé des idées suicidaires monte à 36 %. »
Grave ? Selon l’enquête nationale de santé, 4 % de la
population belge a pensé au suicide au cours de l’année écoulée…
« L’échantillon de patients licenciés que nous avons étudié est donc
dix fois plus enclin aux tendances suicidaires… Mais il faut rester prudent dans
l’interprétation de ces chiffres car la patientèle des maisons médicales est
plus précarisée, socialement, que la population globale », nuance le Dr Vanderoost. C’est la comparaison des divers groupes au sein de la
patientèle étudiée qui est pertinente, scientifiquement : les pensées
suicidaires affectent :– 36 % de ceux qui ont été licenciés ; – 28 % de ceux qui
craignent pour leur emploi ; – 19 %de ceux qui ont été confrontés à un
licenciement dans leur entourage ; – 10 % de tous les
autres.
« La crise, à travers les pertes d’emploi, alimente manifestement les
pensées suicidaires de ces patients, insiste Filip Vanderoost, mais nous devons encore vérifier l’impact potentiel d’autres
facteurs… C’est l’objet d’une étude affinée qui sera publiée dans le
Journal of Social Science and Medicine. » ■
RICARDOGUTIÉRREZ
Dr. Dirk Van
Duppen
1-15509-18-004
St.
Rochusstraat 57-59
B-2100
Deurne
België
tel: 03.320.85.20 (praktijk), 03.322.92.42 (thuis)
Fax:
03.482.01.03
GSM: 0473.562106
e mail: dirk.vanduppen@gvhv.be
www.dirkvanduppen.be
21:18 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |
|
Facebook | |
Imprimer
09.01.2012
BELGIQUE : 76 ans après...: les 2 camps ! b3
BELGIQUE: 1936 : Gouvernement Van Zeeland II
Le gouvernement Van Zeeland II, a été le gouvernement de la Belgique en fonction du 13 juin 1936 au 24 novembre 1937. Il succéda au gouvernement Van Zeeland I qui avait « été démissionné » sous la pression de l'extrémisme naissant (Rexisme et Vlaamsch Nationaal Verbond) lors des élections législatives du 24 mai 1937. Le gouvernement Van Zeeland II se composait d'une coalition catholique-libérale-socialiste (tiens-tiens !).
Composition[modifier]
| Ministère | Nom | Parti |
|---|---|---|
| Premier ministre | Paul Van Zeeland | Parti Catholique |
| Ministre de la santé publique | Émile Vandervelde * | POB |
| Ministre de la Justice | François Bovesse | Parti Libéral |
| Ministre de l'agriculture | Hubert Pierlot | Parti Catholique |
| Ministre des Finances | Henri De Man | POB (après la guerre, il fut poursuivi pour trahison – voir Wikipédia) . |
| Ministre des Affaires étrangères et du Commerce extérieur | Paul-Henri Spaak | POB (ce renégat “socialiste”, est après-guère devenu secrétaire général de l’ Otan, avant de passer chez les libéraux...) |
| Ministre de l'intérieur | August De Schryver | Parti Catholique |
| Ministre de la défense | Henri J. Denis | Technicien |
| Ministre de l'instruction publique | Julius Hoste, Jr. | Parti Libéral |
| Ministre des Travaux publics et de la Résorption du chômage | Joseph Merlot | POB |
| Ministre des affaires économiques | Philip Van Isacker | Parti Catholique |
| Ministre du Travail et de la prévoyance sociale | Achille Delattre | POB |
| Ministre des transports | Marcel-Henri Jaspar | Parti Libéral |
| Ministre des PTT | Désiré Bouchery | POB |
| Ministre des colonies | Edmond Rubbens | Parti Catholique |
Pour comparaison entre 1936 et 2012, vous remplacez Parti catholique, par CDH –CD&V
« Votre prénom est Wallon ou Flamand. Votre nom de famille est travailleur. » Il y a 75 ans, après l’assassinat de deux socialistes anversois, une grève d’une incroyable ampleur éclatait dans tout le pays.

Lorsque, tôt le matin du 25 mai 1936, Albert Pot et Theo Grijp se lèvent, la chaleur est déjà forte sur les avenues anversoises. Les deux hommes se débarbouillent, disent au revoir à leur épouse et partent vers leurs réunions respectives qui durera jusque tard dans la soirée. En effet, ils sont actifs dans le syndicat socialiste : Albert Pot est le chef de la propagande de la jeunesse syndicale, et Theophiel Grijp, membre du Conseil de la ligue des travailleurs du port.
Les temps sont houleux. Dans le pays, le mécontentement à propos des économies décidées par le gouvernement libéral-catholique-social-démocrate Van Zeeland ne cesse de croître. En Espagne, les fascistes préparent leur coup d’état et, en France, une vague de grèves dans la métallurgie met sens dessus dessous le reste du pays. Il y a des centaines de milliers de chômeurs, et pourtant les travailleurs doivent prester chaque jour des heures supplémentaires. C’en est assez, et les gens redressent l’échine.
Le même été, le journal socialiste Vooruit interviewera une travailleuse française venue passer ses premiers congés payés au Kemmelberg. Elle résume sa vie au journaliste : « Quinze ans de mariage, trois enfants et, comme mon mari, le boulot quotidien à l’usine. Travailler, manger, dormir. Et puis, d’un coup, la semaine de 40 heures, les congés payés, des contrats collectifs obligatoires ! »
Les deux héros de notre histoire, Pot et Grijp, doivent certainement en avoir entendu, de ces histoires qui racontent le combat pour obtenir nos droits. Peut-être même en parlent-ils ce jour-là, qui sait. Peut-être discutent-ils des élections en Belgique, des fascistes de Rex et du VNV qui ont le vent en poupe, ce qui donne de l’audace aux chemises brunes. Ce dernier sujet va tristement s’illustrer ce soir-là. Des fascistes du groupuscule De Realisten – plus tard absorbé par le Rex de Degrelle – mettent le feu à un calicot accroché au local de la jeunesse syndicale du Paardenmarkt, où Albert Pot a son bureau. Dans Schets van de arbeidersbewing tot 1998. Leve Lahaut-Vive Lahaut (Esquisse du mouvement ouvrier jusque 1998. Vive Lahaut), l’ancien docker Bert Struyf relate cette soirée : « Nous étions à la réunion lorsque quelqu’un est entré en courant et a crié : «Ils s’y mettent à nouveau !» » Toute l’assemblée s’est ruée dehors. Sur la Italiëlei, quatre fascistes sont en train de coller des affiches. Nous avons alors vu un homme brandir soudain un revolver et tirer. Albert Pot est tombé », se souvient Struyf. Ensuite, lors de l’échauffourée suivante, c’est Theo Grijp qui est abattu. Pot et Grijp : depuis lors, leurs noms sont indissociables…
L’étincelle des funérailles
C’est une marée de dizaines de milliers d’Anversois ordinaires, portant des drapeaux rouges bordés de noir, qui accompagne le duo pour leur dernier voyage depuis la Breydelstraat jusqu’à la Brederodestraat. Les funérailles se muent en marche de protestation contre les fascistes qui, la veille, comme on le craignait, ont gagné les élections. « Ce fut le premier dimanche noir, et ces hommes faisaient la fête pendant que l’on enterrait Pot et Grijp », a déclaré récemment Jos Vandervelpen, avocat et président de la Ligue des droits de l’homme, lors de la commémoration de cet assassinat.
Le jour de l’inhumation, les dockers anversois arrêtent le travail pour 24 heures. L’agitation ne cesse plus et, rapidement, il ne s’agit plus seulement du meurtre de Pot et Grijp. Le 2 juin à 17 heures, les dockers occupent plusieurs bateaux : ils exigent une augmentation de 14 francs par jour. Bientôt les réparateurs de bateaux, les ouvriers diamantaires et les travailleurs des transports se joignent à eux. Un jour plus tard, 10 000 travailleurs se rendent au Sportpaleis pour écouter les discours des « agitateurs communistes », comme les désignent plusieurs journaux. Les syndicats hésitent, les sociaux-démocrates appellent au calme.
Mais la grève fait boule de neige et continue à s’amplifier. Le 12 juin, une bonne partie de la Belgique est à l’arrêt. Les mineurs déposent leurs outils et les femmes de la FN d’Herstal occupent l’entreprise : une première. Le 15 juin, la Belgique compte 150 000 grévistes, le 16, 250 000, le 17, plus de 400 000, le 18, un demi-million, tant au nord qu’au sud du pays. Car, comme il est écrit sur une affiche des grévistes : « Votre prénom est Wallon ou Flamand. Votre nom de famille est travailleur. »
Le mouvement débouche sur une Conférence Nationale des Travailleurs, clairement inspirée du Front Populaire français qui, quelques semaines auparavant, avait organisé une marche de 600 000 personnes devant le Mur des Fédérés où, en 1871, les derniers Communards avaient été fusillés. « Les travailleurs voyaient la reprise économique qui succédait à la crise mondiale, écrivent Els Witte et Jan Craeybeckx dans leur Politieke geschiedenis van België (histoire politique de la Belgique). Ils exigeaient leur part du gâteau, et certains même toute la boulangerie. »
La répression est pourtant lourde. Le 16 juin, la gendarmerie tire durant une demi-heure sur les grévistes qui se sont rassemblés dans la maison du peuple de Quaregnon. Le 21 juin, Vooruit décrit comment une horde à cheval disperse femmes et enfants dans l’étroite Donkersteeg de Gand : « On entend partout : «Ce sont des salauds ! Si seulement nous avions des armes !» Pleurant de colère, les travailleurs nous interpellent «Que pensez-vous de ça ? Et toi, Balthazar (le successeur d’Eedje Anseele, dirigeant du POB – Parti Ouvrier Belge - de Gand, NdlR), tu vois maintenant, toi qui hier encore nous appelais au calme !»
Les acquis de la grève
La gendarmerie boit du petit lait lorsque la population doit battre en retraite. Mais, le 24 juin, le Premier ministre Van Zeeland lit une déclaration sur un vaste plan de réforme. Le mouvement ouvrier a arraché une augmentation salariale de 7 %, la semaine des 40 heures, des congés payés de minimum 6 jours par an, une assurance-maladie et une augmentation des allocations familiales. Ces acquis constituent la base de notre actuelle sécurité sociale.
22:20 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |
|
Facebook | |
Imprimer


