31/12/2012

Comment l'Europe se prépare à espionner ses citoyens

 
 
From: democrite
Sent: Sunday, December 30, 2012 11:22 PM
 
Subject: Comment l'Europe se prépare à espionner ses citoyens
 

 


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> 2013 : comment l'Europe se prépare à espionner ses citoyens
> http://www.wikistrike.com/article-2013-comment-l-europe-s...

> Mercredi 19 décembre 2012

> Bastamag

> Biométrie, vidéosurveillance, drones, détection des comportements anormaux, modèles mathématiques pour identifier des suspects...

> 'Union européenne finance plus de 190 programmes de recherche sur la sécurité et la surveillance. Au grand bénéfice des industriels, qui recyclent les technologies militaires pour surveiller les populations. Alors qu'un nouveau programme de recherche est en cours de discussion à Bruxelles, l'Europe continuera-t-elle à céder aux lobbys industriels et à investir des milliards dans le marché de la sécurité ?

> Ils portent des noms étranges : Tiramisu, Pandora, Lotus, Emphasis, Fidelity, Virtuoso... En apparence, ce sont d'inoffensifs acronymes. En réalité, ils cachent 195 projets européens de recherche dans le domaine de la sécurité et de la surveillance. Des projets relativement inquiétants pour nos libertés. Et financés par l'Europe dans le cadre de partenariats public-privé.

> Exemple le plus emblématique : le projet Indect (« Système d'information intelligent soutenant l'observation, la recherche et la détection pour la sécurité des citoyens en milieu urbain »), lancé il y a quatre ans, dénoncé fin octobre par des manifestations dans toute l'Europe. Indect vise à permettre une « détection automatique » des menaces et des situations dangereuses - comme les cambriolages - ou « l'usage d'objets dangereux » - couteaux ou armes à feu. Tout est bon pour combattre « le terrorisme et d'autres activités criminelles comme le trafic d'êtres humains ou la pornographie pédophile ». Et assurer la sécurité des citoyens... Sauf qu'il s'agit aussi avec Indect de détecter « automatiquement » (sic) les comportements suspects, à partir d'images de vidéosurveillance, de données audio ou échangées sur le net. Bienvenue dansMinority Report !

> Détecter les comportements « anormaux »

> Concrètement, Indect est un système de surveillance, qui, à partir d'images et de sons captés dans l'espace public et d'informations glanées sur Internet, alerterait les services de police en cas de situation jugée dangereuse : des personnes immobiles dans une rue passante, un mouvement de foule, des véhicules qui roulent au ralenti, un appel louche sur un réseau social. Ces critères « d'anormalité » seront définis par les forces de sécurité... Le tout alimentera un moteur de recherche. En plus d'espionner l'espace public, Indect assurera « la surveillance automatique et en continu de ressources publiques, comme les sites web, forums de discussion, réseaux P2P ou systèmes informatiques individuels ».

> Mais rassurez-vous : des outils pour masquer certaines données privées, comme les visages ou les plaques d'immatriculation sur les images vidéos, sont prévus. Les informations doivent être cryptées avant leur transmission aux services autorisés. Ouf !

> Parmi les instituts de recherche qui participent au projet, aux côtés de plusieurs polices et entreprises [1], celui de l'université de Wuppertal en Allemagne est spécialisé en sécurité des transports et en protection civile contre les catastrophes. L'université vante les effets positifs que pourraient avoir ces techniques pour prévenir une situation comme celle de la Love Parade de Duisbourg, en 2010, où vingt-et-une personnes sont mortes dans un mouvement de foule.

> Dans le cadre d'Indect, il développe des modèles mathématiques pour évaluer, à partir d'images de vidéo-surveillance, la vitesse des objets, ou « pour détecter le mouvement dans un domaine dangereux, comme les voies dans une gare », explique le porte-parole de l'université, Johannes Bunsch - le seul officiellement autorisé à parler du projet. Courir pour attraper un train, réagir avec un geste brusque, et vous voilà dans le moteur de recherche auquel se connectent les services de police. « Le système peut très bien détecter une personne nouant ses lacets dans un magasin ou prenant des photos dans un hall d'aéroport, et considérer cela comme un comportement "anormal". En réalité, le système ne sait pas s'il s'agit d'un comportement indésirable. Il détecte simplement un comportement qui s'écarte des comportements normaux que nous lui avons appris », illustre le professeur Dariu Gavrila (cité par le site Owni) qui, au sein de l'université d'Amsterdam, travaille sur des algorithmes pour détecter les comportements agressifs.

> Car le but affirmé d'Indect est bien de lutter contre la criminalité et le terrorisme, non pas d'éviter les carambolages sur les autoroutes ou les mouvements de panique tragiques. Et ce, grâce à l'Union européenne qui finance 75 % du projet (15 millions d'euros au total). « Nous ne développons que des procédés techniques, se défend prudemment le porte-parole. La compétence de décider comment utiliser la technologie revient aux politiques ». C'est bien là le problème : qui contrôle ces programmes de recherche et à qui bénéficieront-ils ?

> Police et entreprises dans le comité d'éthique

> Pour répondre aux critiques, Indect s'est doté d'un comité d'éthique. Sa composition laisse songeur : parmi les neuf membres, on retrouve deux chefs des services de police impliqués et un industriel d'une des entreprises participantes... Son principe semble pour le moins ambigu : « La maxime "si vous n'avez rien fait de mal, alors vous n'avez rien à craindre" n'est valable que si tous les aspects de la justice criminelle fonctionnent parfaitement, dans toutes les occasions. » [2] Faut-il comprendre qu'un citoyen qui tombe par erreur dans les mailles sécuritaires d'Indect n'aura que peu de chance de s'en sortir !? « Les comités d'éthique qui accompagnent les projets comme celui d'Indect sont plutôt des alibis », estime l'eurodéputé allemand Jan Phillip Albrecht (Vert), qui a fait partie du comité d'éthique du projet Addpriv, qui vise à créer des outils pour limiter le stockage de données jugées inutiles et rendre les systèmes de vidé-osurveillance « plus compatibles » avec le droit à la vie privée des citoyens.

> Indect est loin d'être le seul programme espion généreusement financé par l'UE. Arena [3] vise à créer un système mobile de surveillance, et est subventionné à hauteur de 3 millions d'euros. Subito repère les propriétaires de bagages non identifiés. Samurai signifie « surveillance des comportements suspects et anormaux à l'aide d'un réseau de caméras et de capteurs pour une meilleure connaissance des situations » [4], dans les aéroports et les espaces publics. Il s'agit d'un système de vidéosurveillance avec caméras fixes et mobiles -  sur des agents de police en patrouille par exemple - , équipées de capteurs permettant de suivre une personne, de retrouver le propriétaire d'un bagage abandonné ou celui d'un véhicule garé dans un lieu public. Des essais se sont déroulés en 2009 dans l'aéroport londonien d'Heathrow. Bruxelles lui a accordé 2,5 millions d'euros.

> L'enveloppe européenne pour ces dispositifs s'élève à 1,4 milliards d'euros sur cinq ans [5]. Cette future surveillance généralisée se décline dans les transports ferroviaires, les aéroports, et sur les mers, avec des projets notamment conçus pour refouler les migrants. Ce programme soulève de nombreuses questions, d'autant qu'il échappe à tout contrôle démocratique et toute objection de la société civile. « Les représentants de la société civile, les parlementaires, tout comme les organisations en charge des libertés civiles et des libertés fondamentales, dont les autorités de protection des données, ont largement été mis de côté », alerte un rapport commandé par le Parlement européen en 2010 [6]. Vive l'Europe des citoyens !

> Une politique de surveillance façonnée par les industriels

> Pas d'élus ni d'organisations non gouvernementales, mais une omniprésence des grandes entreprises du secteur de la sécurité et de la défense ! En particulier les Français : le groupe aéronautique franco-allemand EADS, et ses filiales Cassidian et Astrium, participent à près de vingt projets différents. Thales France en suit 22 projets et en coordonne cinq. Sagem et Morpho, deux filiales du groupe français Safran, participent à dix-sept projets, qui incluent la mise au point de drones de surveillance, ou la conception de passeports et de fichiers biométriques. Chacun avec des millions d'euros de subventions. Des recherches qui assureront sans nul doute de nombreux débouchés pour ces technologies sécuritaires, en Europe et au-delà.

> Pourquoi une telle présence ? « Ce sont en majorité de grandes sociétés de défense, les mêmes qui ont participé à la définition du Programme de recherche européen en matière de sécurité, qui sont les principaux bénéficiaires des fonds », pointe l'étude du Parlement européen. Plusieurs multinationales - dont, côté français EADS, Thales, ou Sagem [7] - ont étroitement participé à la définition du programme de recherche lui-même. Depuis 2003, leurs représentants et PDG conseillent la Commission européenne sur le sujet, via différents groupes de travail et comités, qui ont pour mission d'établir les priorités de la politique européenne de recherche en sécurité [8]. A se demander qui, des multinationales ou des institutions élues, définit la politique de sécurité européenne ! « Ce qui intéresse les entreprises du secteur, ce n'est pas tant de surveiller les populations que de faire de l'argent», analyse Jean-Claude Vitran, de la Ligue des droits de l'homme.

> Recycler les technologies militaires

> C'est que le marché européen de la sécurité vaut de l'or. Entre 26 et 36 milliards d'euros. Et 180 000 emplois, selon la Commission européenne, qui estime qu'au cours des dix dernières années, la taille du marché mondial de la sécurité « a quasiment décuplé, passant de quelque 10 milliards d'euros à environ 100 milliards d'euros en 2011. » [9] Mais Bruxelles craint pour la compétitivité des firmes européennes. La solution ? Développer « un véritable marché intérieur des technologies de la sécurité », explique Antonio Tajani, vice-président de la Commission en charge des entreprises. Un marché essentiel pour consolider la position des entreprises du secteur. Pour y parvenir, Bruxelles veut exploiter les synergies « entre la recherche en matière de sécurité (civile) et la recherche dans le domaine de la défense ». Une stratégie duale : les technologies développées à des fins militaires peuvent aussi se vendre sur le marché intérieur de la sécurité civile, pour la surveillance des migrants, des citoyens, des transports et des espaces publics.

> « Les industriels de la défense sont conscients que le marché militaire peut s'appliquer à la sécurité civile. Et qu'ils peuvent en faire leurs choux gras », ajoute Jean-Claude Vitran. Les entreprises du secteur profitent des fonds de soutien à la recherche, à tous les niveaux. En plus du volet sécurité du programme de recherche européen, au moins sept pays européens ont lancé depuis des programmes nationaux, dont la France, avec le programme « Concepts, systèmes et outils pour la sécurité globale » de l'Agence nationale de la recherche. Le secteur n'est visiblement pas soumis à l'austérité.

> Vers un contrôle plus grand du Parlement ?

> Et ce n'est pas terminé ! Ce septième programme-cadre européen prendra fin en 2013. Mais l'industrie de la sécurité n'a pas de souci à se faire. Le budget du prochain programme, Horizon 2020, valable pour la période 2014-2020, devrait augmenter.

> La commission de la recherche et de l'industrie du Parlement européen a adopté le 28 novembre une première proposition [10]. Le montant global alloué à la recherche dépendra des discussions entre chefs de gouvernement des pays membres. Une chose est sûre : un volet entier sera de nouveau dédié à la sécurité civile, qui devrait recevoir 2,1 % du montant global du programme-cadre. Soit 1,6 milliard d'euros. L'industrie de la sécurité dispose d'un allié au cœur du processus législatif européen. L'un des rapporteurs du texte Horizon 2020, le député conservateur allemand Christian Ehler, est président du conseil d'administration de laGerman european security association (GESA), une organisation lobbyiste qui regroupe des représentants de l'industrie allemande de la sécurité, de la recherche et des politiques.

> « 2 % du paquet recherche, c'est beaucoup trop. Si ça n'avait tenu qu'à nous, il n'y aurait pas eu de chapitre « sécurité » dans ce programme  », souligne Philippe Lamberts, eurodéputé belge (Vert), autre rapporteur du projet Horizon 2020. « Le budget européen de recherche n'est pas énorme. Il faut choisir ses priorités. Il y a d'autres domaines de recherche qui sont plus brûlants pour la sécurité européenne, comme l'indépendance en énergie ou en ressources. »

> Les élus verts du Parlement européen ont réussi à introduire des critères d'impact social dans le programme. Tous les appels à projets dans le domaine de la sécurité devront être soumis à une évaluation préalable de leurs conséquences, sur les droits fondamentaux par exemple. « Auparavant, le facteur principal pour choisir les projets, c'était la croissance potentielle de la branche, rappelle le député vert Jan Philipp Albrecht. Il faut des lignes directrices, liées au respect des libertés. Nous avons des restrictions éthiques similaires dans le domaine de la recherche sur les cellules souches. Il faut que soit clairement établi dans quel cadre on a le droit de chercher pour recevoir les fonds européens, et dans quelle limite. » Et surtout permettre aux citoyens de garder le contrôle sur un ensemble de projets qui peuvent remettre sérieusement en cause les libertés publiques. A moins que la « compétitivité » des grands groupes du secteur de la sécurité ne prenne, une fois de plus, le dessus.

> Notes

> -- [1] Douze instituts de recherche, dont l'école d'ingénieur INP de Grenoble - qui n'a pas répondu à notre demande d'informations - , quatre entreprises allemandes et autrichiennes et la police de Pologne et d'Irlande du Nord.
> -- [2] Lire ici.
> -- [3] Architecture for the Recognition of threats to mobile assets using Networks of multiple Affordable sensors, Arena.
> -- [4] Suspicious and abnormal behaviour monitoring using a network of cameras and sensors for situation awareness enhancement
> -- [5] Le programme cadre européen dispose d'un budget de 51 milliards d'euros attribués à la recherche pour la période 2007-2013, dont 1,4 milliards pour le volet « Sécurité ».
> -- [6] A télécharger ici.
> -- [7] Mais aussi BAE Systems, Ericsson, Saab, Siemens...
> -- [8] Le « Groupe de personnalités » (GoP) en 2003, puis le Comité de conseil de la recherche européenne en sécurité (European Security Research Advisory Board, Esrab) en 2005. En 2007, un troisième comité est créé pour accompagner cette fois le 7ème programme cadre de recherche - le Forum européen pour la recherche et l'innovation en sécurité (Esrif).
> -- [9] Lire leur communiqué.
> -- [10] Sur la base d'un premier projet de la Commission. Le texte sera voté en plénière au Parlement européen dans le courant de l'année 2013.

> Bastamag
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et de nouveaux prisonniers politiques en France ... L'Union européenne se guantanamise ...en attendant qu'elle nous falloujise ?

 

Bahar Kimyongür, 27 décembre 2012

 

En France, on peut appeler à armer les rebelles terroristes en Syrie, diffuser leur propagande, maquiller ou justifier leurs crimes, organiser des collectes pour leur acheter des armes et même leur recruter des combattants. Par contre, l’expression d’une sympathie même la plus symbolique envers des rebelles réfractaires aux ordres du FMI et de l’OTAN peut vous conduire en prison. Quinze sympathisants d’un mouvement rebelle turc de gauche viennent d’être condamnés par le tribunal correctionnel de Paris à des peines d’une sévérité inouïe. Leurs crimes : distribution de tracts et de journaux, organisation de pique-niques, de concerts et de manifestations.

 

 

DHKP-C. Quatre consonnes se suivant dans l’ordre alphabétique, un tiret, puis un « c » qui, en turc, se lit « djé ».  L'initiale « c » est celui de Cephe (lire Djép-hé), la forme turquisée du mot arabe « Jabha » qui signifie « Front ».

 

Le DHKP-C anatolien, c'est un peu le Front populaire des Palestiniens ou le Front sandiniste du Nicaragua: marxiste, laïc, patriotique, internationaliste, résistant.

 

Né au début des années 1970 dans les métropoles turques au lendemain d’insurrections étudiantes et ouvrières sans précédent, le DHKP-C a survécu à deux coups d’Etat militaires et à une répression féroce orchestrée par un régime allié de Washington depuis le début de la Guerre froide.

 

Discret et quasi méconnu à l’échelle internationale, le DHKP-C est parfois confondu avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un mouvement nationaliste kurde vaguement marxiste qui dispose d’une assise populaire et d’une puissance de feu autrement plus conséquentes.

 

Alliés brièvement au milieu des années 90, DHKP-C et PKK ne partagent pas pour autant la même conception du monde, de la Turquie et de la cause kurde, ni la même stratégie politique et militaire.

 

Que l’on apprécie ou pas ses idées et ses méthodes, de l’aveu même de la police turque, le DHKP-C ne s’attaque jamais à la population. Les rares fois où ce mouvement commet des bavures, il ne manque pas d’exprimer publiquement ses excuses aux éventuelles victimes collatérales.

 

Ses actions violentes ne prennent pour cible que les piliers du pouvoir ou les tortionnaires notoires.

 

En revanche, les soldats de l’armée régulière formée de conscrits ne sont jamais visés sauf en situation d’autodéfense.

 

La raison en est que les soldats sont considérés par le DHKP-C comme des « enfants du peuple » susceptibles de retourner leurs armes contre leurs chefs et d’adhérer à la révolution.

 

Si pour ce mouvement, la victoire est au bout du fusil, la lutte pour la démocratisation de la Turquie passe aussi par la voie pacifique. Les sympathisants du DHKP-C sont ainsi actifs sur divers fronts de lutte : syndical, culturel, juridique, associatif, médical, informatique, étudiant etc. 

 

La méticulosité de ce mouvement rebelle dans le choix de ses cibles et l’importance qu’il accorde aux moyens démocratiques expliquent en partie le faible nombre de victimes dans le combat qui l’oppose aux forces gouvernementales.

 

En 43 ans de lutte armée, on dénombre en effet à peine quelques dizaines d’agents du régime tués pour 650 militants du DHKP-C morts au combat.

 

On ne peut en dire autant pour les rebelles syriens qui, mutatis mutandis, combattent eux aussi un régime sécuritaire.

 

En l’espace de quelques mois à peine, par leur discours sectaire et « alterophobe », les groupes rebelles armés, toutes tendances confondues, ont clivé la société syrienne sur une base ethnique et confessionnelle.

 

Cette polarisation sectaire est un fléau que le régime baassiste a âprement combattu, quoique pas toujours avec les moyens les plus adéquats.   

 

Par ailleurs, aujourd’hui, on ne compte plus le nombre d’actes de sauvagerie commis par les rebelles : égorgements et décapitation rituels, dépeçages, tirs sur des quartiers résidentiels, attentats contre des civils, destructions de lieux saints, notamment des mosquées sunnites, chiites et des églises, actes de sabotage contre des lignes d’approvisionnement d’eau et d’électricité, pillages de récoltes, de bâtiments publics et d’habitations privées, démontages d’usines, enlèvement de civils moyennant rançons...

 

Dans la vidéo ci-dessous, on voit des rebelles incendier un Hussayniyah, c’est-à-dire un sanctuaire chiite consacré à l’imam Hussein (martyrisé à Karbala). Cette vidéo a été tournée dans le village de Zarzour en province d’Idleb à une jetée de pierre de la Turquie. L’un des terroristes insulte les chiites et les alaouites :

 

http://www.dailymotion.com/video/xvwf2p_yyyyyy-yyyyy-yyyy-yyyy-yyyyyy-yyyyyy-yy-yyyy-yyyyy-yyyyyyy-yyyy_news#from=embediframe

 

En principe, aucun crime commis par l'Etat syrien ne devrait excuser de telles offenses qui indignent toutes les communautés, en premier lieu les sunnites syriens pris en otage par des terroristes incultes agissant en leur nom.

 

Pourtant, chez nous, on trouve ça et là, de vaillants pourfendeurs de dictatures, intarissables en leçons de morale, qui n’ont cesse de caresser le terrorisme anti-syrien dans le sens du poil de la barbe wahabo-fasciste.

 

Au lieu de favoriser le dialogue et la réconciliation pour limiter la casse, ils appellent à armer des barbares donc à augmenter la souffrance du peuple syrien et à détruire toujours plus ce pays, cela, au nom d’une « révolution » dont ils font mine d’ignorer la nature sectaire et sur laquelle ils n’ont pas la moindre influence politique.

 

En réalité, nos plumitifs attitrés ne font rien de moins que de l’apologie du terrorisme et de l’incitation au terrorisme.

 

Et lorsqu’ils s’embarquent dans le camp rebelle pour nous rapporter leurs faits d’armes, ils participent concrètement et sciemment à une « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » comme dirait Thierry Fragnoli, le juge en charge du dossier DHKP-C.

 

Pourtant, au lieu d’être condamnés, ce que je ne leur souhaite pas, les amis français des terroristes syriens sont applaudis et parfois même récompensés, par leurs maîtres, entendons bien.

 

Pendant ce temps, la justice française s’acharne sur des communistes turcs dans l’indifférence générale.

 

Dame Thémis vient en effet de condamner quinze sympathisants du DHKP-C à des peines qui vont de 18 mois à 7 ans de prison ferme.

 

La morale de l’histoire est que dans la patrie des droits de l’homme, de la Commune et de la Résistance antifasciste, mieux vaut sympathiser avec les terroristes syriens qu’avec les communistes turcs.

 

Cherchez l’erreur.

 

L’un des condamnés, Nezif Eski, un militant souffrant d’une maladie grave appelée « algie vasculaire de la face » (AVF), m'a écrit après le verdict.

 

Absent à l’audience finale pour des raisons de santé, il attend ses geôliers, digne, résolu et serein, un peu à la manière de Boris Vian dans le Déserteur lorsqu’il écrit:

 

Si vous me poursuivez

Prévenez vos gendarmes

Que je n'aurai pas d'armes

Et qu'ils pourront tirer

 

Nezif Eski est un prisonnier politique franco-turc et paradoxalement d’origine syrienne. Il est comme moi, originaire de la région d’Antioche, cette province syrienne chargée d’histoire et offerte par la France coloniale à la Turquie kémaliste en 1938 pour éviter qu’Ankara ne s’allie à l’Allemagne hitlérienne.

 

Nezif ne demande rien si ce n’est un acte de solidarité avec sa co-inculpée Zehra Kurtay, une ex-prisonnière politique exilée en France et désormais captive en France.

 

Zehra souffre du syndrome de Wernicke-Korsakoff, depuis qu’elle a été alimentée de force par les tortionnaires turcs pendant la longue grève de la faim de 2000-2007 contre l’ouverture des prisons de type F.

 

Voici le message de Nezif :

 

Bonjour,

 

Ce jeudi 20 décembre, le Tribunal correctionnel de Paris a prononcé son verdict dans l’affaire du DHKP-C.

 

Trois personnes ont été condamnées à 7 ans de prison ferme. Deux personnes dont moi-même, avons eu 5 ans de prison dont 4 ans ferme.

 

Les inculpés présents à l’audience se sont retrouvés directement entre les mains des gendarmes.

 

Le verdict a été prononcé à huit clos.

 

Zehra Kurtay atteinte de la maladie Wernicke Korsakoff, se trouve actuellement derrière les barreaux. Elle va purger une peine de 5 ans.

 

En ce qui me concerne, je n'ai pas pu, pour des raisons de santé, me rendre au tribunal. Je suis donc pour le moment toujours en « liberté ».

 

Un mandat d’arrêt a été lancé à mon encontre et contre ceux qui ne se sont pas présentés à l’audience.

 

Nous avons été condamnés pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ».

 

Le souci est qu'aucune preuve matérielle n'a été présentée justifiant ces accusations.

 

Les seules « preuves » sont notre idéologie. Nous sommes anti-impérialistes, anti-capitalistes et antifascistes. Nous défendons les droits et les libertés de chacun.

 

J'ai usé de ma liberté d'expression et d’opinion pour dire que j'ai de la sympathie pour le DHKP-C (Parti-Front Révolutionnaire de Libération du Peuple) une organisation militante de Turquie qui n'exporte sa lutte en aucun cas.

 

Ce procès est bien purement politique. Il avait pour but de faire plaisir au régime d’Ankara.

 

Je vous demande, cher(e)s ami(e)s d'envoyer des mails, des fax, des courriers, de téléphoner à la ministre de la justice Christiane TAUBIRA afin non seulement de protester contre ces condamnations mais surtout de demander la libération immédiate de ZEHRA KURTAY atteinte de la maladie Wernicke Korsakoff.

 

Ci-dessous les coordonnés de la Garde des Sceaux.

 

En vous remerciant d’avance.

 

Nezif ESKI

 

Ministre de la justice, Garde des Sceaux

 

Christiane TAUBIRA

 

13, place Vendôme

 

75042 Paris Cedex

 

Téléphone :

 

+33 1 44 77 0160 60

 

 

 

 

Les temps sont de plus en plus durs pour les plus faibles. Pour 2013, je souhaite tout simplement à mes nombreux amis, en Belgique et dans le monde, de garder leurs espoirs de paix, de santé, de bonheur en famille.
Continuons à combattre, ne lâchons pas !
RoRo
militant communiste
électeur et membre du Ptb
B6180 Courcelles

 

 

 

cartereferendum                                                                                                                                                                                                                                                                                                         

 

 

18:22 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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