10/05/2013

Fw: Au PS: Di Rupo et Magnette: fils de Dieu ...

 
Au PS: Di Rupo et Magnette: fils de Dieu et du réformisme ...
En pire: aujourd’hui, le Ps ne crée plus rien. Il s’ attaque tout simplement avec les libéraux et le Cdh aux conquêtes sociales de la population et des travailleurs ... C’ est une marche en arrière ..., au profit des multinationales, des banquiers, exigée par l’Europe de l’intégration forcée.
RoRo
 

L’ancien patron du PS, Guy Spitaels :: Dieu est mort le 21 août 2012

 

Dans les années 1980, Guy Spitaels avait été le président du PS. Il prônait ce qu’il appelait « le socialisme du possible » et, par une trajectoire très régionaliste, il a amené le PS à des scores encore jamais vus.

Gaston Van Dyck
 
 

À la fin des années 1970 et au début des années 1980, Guy Spitaels a été ministre dans les gouvernements Tindemans II et Martens I, II et III. De son travail, on retient surtout les plans contre le chômage, marqués par une extension du travail à temps partiel et la modération salariale. Guy Spitaels (à gauche) avec Wilfried Martens.

À une certaine époque, The Financial Timesavait dit de Guy Spitaels qu’il était l’homme le plus puissant de Belgique. Chez nous, on l’avait surnommé « Dieu ». Le Premier ministre Elio Di Rupo voit en lui l’homme qui avait modernisé le PS.

Flexibilisation avant la lettre

    Spitaels prend les commandes du PS en 1981. Au cours des années précédentes, il avait siégé dans les gouvernements Tindemans II et Martens I, II et III entre autres comme vice-Premier ministre, ministre de l’Emploi et du Travail, puis du Budget et des Transports. 
Ses années ministérielles correspondaient à une période où le chômage avait grimpé à des hauteurs inédites : de 3,2 % en 1973 à 16,5 % en 1985. En tant que ministre de l’Emploi, Spitaels crée en 1978 les statuts précaires de stagiaire Onem, de chômeur mis au travail… et, dans les services publics, celui de cadre spécial temporaire ou CST. Une flexibilisation avant l’heure. Le plan contre le chômage lancé par le gouvernement Martens en mai 1980 se situait dans la ligne de ses premières mesures : extension du travail à temps partiel et modération salariale.
    « Nous devons agir de façon responsable. Nous ne disons pas que les salaires ne doivent pas baisser, déclarait Spitaels. La masse salariale doit diminuer, un effort d’assainissement est nécessaire. » Pour les socialistes, le pouvoir d’achat des travailleurs n’est plus resté une priorité.

« Le socialisme du possible »

En 1981, le PS et le SP passent dans l’opposition et Spitaels devient président du PS. Il fait sienne la devise du président français François Mitterrand : « le socialisme du possible ».
    Au nom de la compétitivité et du rattrapage du déficit budgétaire, le gouvernement Martens prend des mesures musclées : dévaluation, économies sévères dans les services publics, manipulations et sauts d’index. Résultat : de grandes grèves dans les services publics en 1983 et 1985 et dans les charbonnages en 1985. Le 30 mai 1986, 200 000 personnes défilent dans les rues de Bruxelles suite à un appel de la FGTB.
    Mais, en 1981, Spitaels, même dans l’opposition, continue à se profiler comme « responsable » : « Nous n’allons pas recourir à l’activisme : nous ne ferons pas appel à la rue. » Après des protestations syndicales massives, il s’obstine : « Nous dirigerons l’opposition, mais pas dans l’intention de faire de la gréviculture. » Le début du mouvement est étouffé dans l’œuf.
    L’influence du SP et du PS sur la FGTB était à l’époque plus forte qu’aujourd’hui. Et quand, le 30 mai 1986, 200 000 manifestants attendent le mot d’ordre de grève générale, il ne vient pas… Le président de la FGTB, André Vanden Broucke, le déplore encore lors de son départ en 1989 : « Il n’y avait pas de perspective claire, aucun ordre de grève précis. Et je me trouvais donc face à ces gens sans pouvoir leur donner un mot d’ordre clair. Cela a été une occasion manquée. »
    « Pas de gréviculture », en effet, bien que toutes les grandes réalisations sociales et démocratiques aient toujours été obtenues dans la rue et par les grèves. Spitaels ne cachait d’ailleurs pas non plus ce que le PS allait faire en cas de participation au gouvernement : « Il va falloir appliquer de nouvelles économies dans la sécurité sociale. » Et, à leur retour au gouvernement, en 1988, comme Spitaels l’avait promis, le SP et le PS n’ont revu aucune des mesures.

« Le sp.a et la VU en même temps »

Spitaels écrit surtout l’histoire en faisant grimper le PS à un score électoral historique de 44 % en 1987. Au début des années 1970, le Rassemblement Wallon régionaliste était très fort. C’était le deuxième parti politique du sud du pays. En deux décennies, en suivant une trajectoire très régionaliste, le PS s’attirera les voix de ce parti. En 1978, le PS-SP se scinde en deux partis autonomes, surtout à l’initiative de l’aile wallonne du PS.
    Spitaels lui-même était un régionaliste. Dans un discours prononcé lors du congrès du PS en 1984, Spitaels déclare : « Un fédéralisme radical donnera la possibilité aux francophones de faire leurs choix, même si ceux-ci doivent être douloureux. (…) On peut faire un rapprochement avec Jean Gol, qui estime que la Wallonie a déjà assez saigné. » Jean Gol est le fondateur du PRL (ancêtre du MR). Nous sommes étonnamment près, ici, de la phrase historique de Jean-Maurice Dehousse (PS), lors de la commémoration du 1er mai, en 1985 : « Je me sens plus proche d’un capitaliste wallon que d’un syndicaliste flamand. »
    Le couronnement de son œuvre, c’est d’avoir fait entrer au PS en 1987 le « wallingant » et ramasseur de voix José Happart, ce qui a posé la base du succès électoral. Et c’est ainsi que le PS, conjointement au CVP (l’ancien CD&V) et à la Volksunie (VU) nationaliste, a fondé le fédéralisme à la belge. Ensemble, ils ont constitué l’axe des réformes de l’État qui, dans les années 1980, allaient faire de la Belgique un État fédéral, avec des Régions et des Communautés s’éloignant de plus en plus les unes des autres. Le journaliste Hugo De Ridder a d’ailleurs déclaré : « Le PS, c’est le sp.a et la VU en même temps. »
    « Comment une nation ou un État peuvent-ils naître sans donner une forme à leur propre identité et fierté ? », déclarait encore Spitaels en 1992. Le président du Parlement flamand Jan Peumans, de la N-VA, répétera quasiment les mêmes mots en 2011.

La politique internationale

En 1998, Spitaels a été condamné à deux ans avec sursis et a perdu ses droits politiques pendant cinq ans pour son rôle dans l’affaire de pots-de-vin Agusta-Dassault. Il est retourné à ce qu’il avait surtout fait jusqu’à la quarantaine en tant que professeur à l’ULB : lire, étudier, publier. Après 2005, il écrira un livre tous les deux ans. Toujours sur la politique internationale. Toujours très sévère à l’égard de l’hégémonie américaine et des interventions occidentales comme, par exemple, en ex-Yougoslavie et dans le monde arabe. Lors de son 81e anniversaire, il s’en prenait encore vertement à l’intervention occidentale en Libye. C’était sans doute la facette intéressante de Guy Spitaels.

20:00 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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