27/06/2014

3 000 emplois menacés à bpost, quand l’argent public sert à cass er l’emploi public

 
sc/bpc
 
Et vive la privatisation, et vive la libre concurrence capitaliste et européiste, ... ! Saloperie d’ Europe ... !
carteurope
 
RoRo
 
From: jonathanlefevre
Sent: Thursday, June 26, 2014 4:23 PM
Subject: 3 000 emplois menacés à bpost, quand l’argent public sert à casser l’emploi public
 
 

Le front commun syndical de la poste appelle à manifester le mercredi 2 juillet dès 11h devant le cabinet du Ministre de l’Economie Johan Vande Lanotte (sp.a). En effet, c’est cette semaine que le gouvernement (en affaires courantes) décidera quel opérateur postal pourra se porter candidat pour avoir le marché des journaux, et le subside qui va avec. Le front commun exige que lors de l’attribution du nouveau contrat, l’on tienne compte de la qualité des conditions de travail.

Comme Jacques Lespagnard, Secrétaire de la CGSP Poste, l’avait annoncé en janvier dernier, 3 000 personnes risquent de perdre leur job chez bpost. Et Lieve Vanoverbeke de l’ACV Transcom attire l’attention sur l’utilisation d’indépendants par les autres opérateurs. « Et les conditions de travail de ceux-ci sont loin d’être idéales », dit-elle.

Dans le cadre de la libéralisation voulue par l’Europe, il y a quelque temps déjà que l’opérateur historique avait perdu le monopole de la distribution des journaux. Néanmoins, bpost reste le seul capable de garantir la qualité de ce travail. Les journaux doivent arriver tous les jours avant 7h30, et avant 10h le samedi.

A Bruxelles et à Anvers, ce sont des opérateurs privés qui distribuent déjà la plupart des journaux, pas les facteurs. Ces opérateurs ne bénéficient pas de la dotation de l’État pour « mission de service au public ». Mais vu la densité de l’habitat, ces sociétés ont pu prendre le marché en proposant des tarifs plus bas. Pas ailleurs.

Mise en concurrence

Mais le 7 février dernier, sur proposition du ministre des Entreprises publiques Jean-Pascal Labille (PS), le Conseil des ministres a approuvé un avant-projet de loi qui abroge certaines aides d’État afin de répondre aux exigences de la Commission européenne.

L’avant-projet vise d’une part à limiter au 31 décembre 2015 la prestation par bpost du service des abonnements aux journaux et aux écrits périodiques. La distribution de la presse pourra dès lors être attribuée à l’opérateur retenu à l’issue d’une procédure de mise en concurrence, sous la forme d’une concession de service public dont l’exécution débutera le 1er janvier 2016.

Beaucoup pensent que ce sont surtout des emplois wallons et flamands qui seront menacés, à l’exception d’Anvers. En réalité, ce sont les DA (Distributeurs auxiliaires) qui risquent d’être mis sur la sellette. Ils sont plus de 6 000 pour l’instant. En effet, même si des contractuels et des statutaires risquent de perdre leur tournées journaux, ou des heures sur leur temps de travail, on ne peut pas les licencier aussi facilement qu’on licencie un DA. Ils risquent par contre de devoir aller travailler dans un autre bureau ou dans un Centre de tri.

Tour des ministres

Les syndicats font tout pour éviter ce scénario, et font actuellement le tour des ministres en charge. Dans l’espoir qu’ils ne laissent pas partir ce marché au privé ; et pour qu’ils respectent leurs promesses électorales, d’améliorer les conditions de vie des gens.

Les critères utilisés pour choisir les candidats à la distribution des journaux, posent question.

Le contrat sera attribué pour 50 % sur base de la qualité. La dessus, bpost n’a rien à craindre, car l’entreprise reçoit beaucoup moins de plaintes à ce sujet, que les deux concurrents potentiels : AMP et BD.

Mais 50 % de l’évaluation sera basé aussi sur le prix. Il est certain que de ce point de vue-là, ce sera plus difficile, puisque ces entreprises travaillent avec des indépendants. Selon le front commun syndical, l’IBPT (Institut belge des services postaux et des télécommunications, organe qui doit juger si les candidatures sont recevables) a ouvertement indiqué que travailler avec des indépendants est autorisé. Que le gouvernement prenne en compte le prix à 50 %, de manière aussi unilatérale, ne peut que pousser le secteur vers une spirale sociale négative, en terme de rémunération et de conditions de travail.

Personne n’a voté pour un gouvernement qui utilise de l’argent public pour casser de l’emploi public au profit d’un emploi privé largement dévalorisé.

Défendre les services publics

Le PTB exige du gouvernement qu’il défende les services publics. Distribuer les journaux et les magazines partout et au même tarif accessible à tous, c’est un service au public. Et cela doit le rester.

Tout en respectant des conditions de travail décentes comme ils existent encore à bpost aujourd’hui.

Il est hors de question que de l’argent public soit utilisé pour financer des entreprises qui utilisent des indépendants ou des travailleurs à contrat précaire, au détriment de 3 000 emplois décents à bpost !

 

Le PTB soutient l’initiative du front syndical : participez à la manifestation de ce mercredi 2 juillet à 11h00 devant le Ministère de l’économie, Avenue des arts 7, à Bruxelles.

 

Révision des traités européens pour un statut de service public
Cela fait vingt ans que l’Union européenne attaque le caractère public des entreprises qui jouent un rôle fondamental dans les services sociaux. Elle le fait non pas en interdisant ouvertement les entreprises publiques, mais en les obligeant à se conformer aux règles du marché libre. La logique sociale s’efface ainsi au profit de la logique de marché, et les entreprises publiques les plus rentables sont alors prêtes pour la privatisation.
C’est ce qui s’est passé avec les entreprises de télécommunications, les banques publiques, les chemins de fer et la poste. Petit à petit, conformément au plan prévu, ces entreprises ont été soumises aux diktats du marché fixés dans le Traité budgétaire européen : interdiction des subventions d’État, interdiction des monopoles d’État, interdiction des subventions croisées (le transfert, dans une même entreprise, des bénéfices réalisés par les sections plus rentables pour combler les pertes des autres sections). Partout, les conséquences sont désastreuses en matière d’emploi, de conditions de travail, de relations d’entreprise, de prix et de service à la clientèle.
Dans le cas de la poste, depuis 2013 ce secteur a été complètement libéralisé après quinze années de directives européennes. Le taux d’emploi a chuté de 20 à 40 % (dans les postes européennes). Pour les facteurs restants, la charge de travail est énorme, les itinéraires sont plus longs et les délais beaucoup plus courts, tout cela au détriment du service rendu et du contact social.
La vision du PTB
Dans une économie de marché, il faut aussi pouvoir protéger les services publics ; de même, le droit aux subsides, au monopole dans certains secteurs et aux « subsides croisés » internes doit être reconnu aux entreprises publiques. C’est pourquoi nous réclamons l’abolition des articles 101 à 109 du Traité de Lisbonne, qui prescrit la commercialisation et la privatisation des entreprises publiques.
Révision des traités européens pour que les entreprises publiques ne soient plus soumises aux normes de compétitivité, mais acquièrent le statut de service public.
Extraits du Programme du PTB “Notre avenir est social”, page 57 (GOLEFT9 : Une Europe de la solidarité et de la coopération).

 

22:16 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Les commentaires sont fermés.