18/07/2014

BELGIQUE: Raoul Hedebouw, député PTB, interpelle le ministre Ko en Geens sur BNP Paribas

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From: nickdobbelaere
Sent: Friday, July 18, 2014 10:47 AM
 
 
 
BELGIQUE: Raoul Hedebouw, député PTB,  interpelle le ministre Koen Geens sur BNP Paribas
 

Lors de son premier débat en tant de député à la Chambre des représentants, Raoul Hedebouw (PTB) s’est déjà clairement fait entendre. A la Commission Finances du jeudi 17 juillet, il a appelé le ministre des Finances Koen Geens (CD&V) à sanctionner les responsables du non-contrôle sur BNP Paribas, dont l’Etat belge est cependant actionnaire. Le PTB appelle en même temps à la mise sur pied d’une nouvelle banque publique, « une CGER du 21e siècle ».

Le Parlement vient à peine de reprendre ses activités qu’il retombe peu à peu en sommeil. En effet, après à peine deux séances plénières, l’assemblée se prépare aux vacances parlementaires qui dureront jusque… fin septembre. Pour les tout nouveaux députés du PTB, c’est en revanche l’occasion de se plonger dans le fonctionnement du Parlement et dans une pile impressionnante de textes de lois.

Hier, jeudi 17 juillet, s’est donc tenue la dernière séance plénière. A l’agenda, en gros, il ne figurait plus, outre un hommage à d’anciens parlementaires, que la nomination formelle des Commissions permanentes, qui avait été discutée par les « groupes » parlementaires entre eux (dont le PTB ne fait pas partie), et donc sans débat ou vote.

Par ailleurs, il y avait aussi une réunion de la Commission Finances – convoquée en toute hâte –, où le ministre des Finances Koen Geens venait fournir des explications sur l’affaire BNP Paribas. En effet, fin juin, on apprenait que l’Etat américain infligeait une amende record de 6,5 milliards d’euros à BNP Paribas, la banque ayant opéré des tractations en dollars avec des pays sous embargo commercial décrété par les Etats-Unis.

Leçon politique

Pour Raoul Hedebouw – qui, à l’étonnement de plusieurs parlementaires, a prononcé son intervention en alternant le néerlandais et le français –, il y a au moins une importante leçon politique à tirer de cette affaire. L’exemple américain montre très clairement que les banques privées sont tout à fait à même de payer une grosse somme d’argent à l’Etat. Un fameux coup de semonce pour tous ceux qui affirment à corps et à cris que les banques ne pourraient s’en sortir si elles devaient payer le tarif d’imposition normal (33,99%) sur leurs bénéfices.

Preuve est donc faite qu’il est tout à fait possible de présenter la facture aux banques. Et que les Etats ne sont pas si impuissants que ça face aux élites financières. Ce qui fait défaut, c’est le courage politique pour renvoyer les banquiers à leurs responsabilités et les faire répondre de leurs erreurs.

Grand consensus

Ce qui frappe immédiatement lors des débats, c’est l’énorme consensus au Parlement. Presque tous les partis veulent encore davantage restreindre le contrôle de l’Etat sur le secteur bancaire. Le ministre Geens (CD&V) a d’emblée commencé son intervention en évoquant une « approche répressive » de l’Etat américain, qui a infligé une amende très forte à BNP Paribas.

Tant le sp.a, la N-VA que l’Open Vld ont alors appelé à la revente par l’Etat de sa participation dans BNP Paribas, « l’Etat n’étant pas un banquier ». Selon le sp.a, il faudrait que l’Etat revende immédiatement ; la N-VA et l’Open Vld préfèrent attendre le moment où une telle vente rapporterait davantage.

Une voix différente

C’est une tout autre voix qui s’est fait entendre avec l’intervention du PTB. Lors de sa prise de parole, Raoul Hedebouw a fait remarquer que personne au sein du Parlement ne semblait être au courant de ce que savaient, ont dit ou ont fait les représentants belges au conseil d’administration de BNP Paribas. Et ce malgré le fait que l’Etat belge détient 10,3% des parts de cette grande banque.

Il s’avère en fait que, sous prétexte de vouloir éviter tout risque de « délit d’initiés », les deux délégués de l’Etat belge ne font rapport de rien ou presque sur ce qui se décide au sein de la banque.

Raoul Hedebouw a conclu son intervention en plaidant pour une banque publique, une « CGER du 21e siècle ». C’est la seule garantie pour l’Etat belge d’exercer un contrôle sur les banques dans lesquelles il a des intérêts. L’Etat doit faire en sorte que l’argent du petit épargnant soit protégé de toute forme de spéculation et autres transactions douteuses, et que les citoyens puissent obtenir des prêts à un taux bon marché.

19:38 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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