04/03/2015

Les soupers aux moules ne suffisent plus : crise des tentes chez les mouvements de jeunesse...

Où va la Belgique, où va cette société qui se déglingue un peu plus chaque jour ?

RoRo

Les soupers aux moules ne suffisent plus : crise des tentes chez les mouvements de jeunesse

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Peter Mertens

J’ai reçu hier une lettre stupéfiante de Chiel Danckers un dirigeant d’un mouvement de jeunesse : « Dans nos 55 années d’existence, c’est la première fois que nous nous retrouvons dans une véritable crise. Certes, nous vivons depuis longtemps une crise financière, comme presque tout mouvement de jeunesse, et nous organisons des soupers-moules et des tournois de jeux pour nous en sortir. Mais maintenant, nous sommes en plus dans une “crise des tentes”. » La lettre, adressée au ministre flamand de la Jeunesse Sven Gatz, est éclairante quant aux conséquence de l’austérité sur les mouvements de jeunesse.

« Monsieur le Ministre Gatz,

Je me présente, Chiel Danckers, responsable du Chiro (comprenez du Patro, le Chiro étant son pendant néerlandophone, NdlR) de Gierle, et me permets par la présente de porter à votre connaissance un fait particulièrement regrettable survenu en pleine « semaine du volontariat ».

Jamais, au cours de mes 6 années d’activités en tant que responsable Patro, et jamais, au cours de nos 55 années d’existence, nous n’avons été confrontés à une crise de ce genre. Bien sûr, comme pratiquement tous les mouvements de jeunesse en Flandre, nous traversons depuis un moment déjà une crise financière, malgré l’organisation de soupers moules-frites, soirées dansantes, tournois de kubb, etc. Une crise qu’il est toutefois encore possible d’affronter, notamment en organisant des événements nous permettant de remplir notre principal objectif, à savoir offrir à nos quelques 200 membres une année Patro inoubliable et un camp digne de ce nom !

Or la crise que nous traversons aujourd’hui, outre la crise financière, est une crise que j’appellerai « crise des tentes ». Je m’explique... Comme vous le savez, les mouvements de jeunesse qui souhaitent organiser un camp d’été peuvent, dès le mois d’octobre, introduire auprès du Gouvernement flamand une demande pour le prêt de tentes. Ce que nous avons fait. Jusqu’à ce jour, notre demande avait toujours été accueillie positivement. Mais pas cette fois. Cette année, nous avons dû attendre 4 mois, autrement dit jusqu’en février, avant d’obtenir un « niet ». Zéro tente donc, parce que, nous explique-t-on, le gouvernement n’investit plus dans les tentes. Chaque année, des tentes sont abîmées, cela étant dû la plupart du temps aux conditions météorologiques ou simplement à l’usure... Et ces tentes ne sont plus remplacées. Conséquence : chaque année, des groupes voient leur demande rejetée. Nous l’ignorions. Visiblement, c’est notre tour à présent. Est-ce normal d’ainsi décevoir chaque année tant d’enfants et de nombreux bénévoles ? Faire des économies sur le dos de la jeunesse, c’est une erreur plus que regrettable. En tant que ministre de la Jeunesse, vous n’ignorez certainement pas que la jeunesse c’est l’avenir, le vôtre également. N’êtes-vous pas censé soutenir les mouvements de jeunesse et leur rôle social ?

Pour tout mouvement de jeunesse, le camp constitue en quelque sorte le point culminant de l’année.  Vous-même en tant qu’ancien scout (notez que je vous pardonne votre passé chez les scouts) êtes bien placé pour le savoir. Cette année, nous sommes privés de ce camp, mais nous ne l’avons su que quatre mois après en avoir fait la demande. Entre-temps, nous avons programmé le camp comme chaque année : départ le deuxième dimanche de juillet et retour à la maison le troisième dimanche, soit du 12 au 19 juillet. Le montage des tentes se faisant quelques jours avant, le démontage quelques jours après. Mais cette fois, il n’y a pas de tentes. Nous n’avons qu’un grand chapiteau, servant de réfectoire. Car celui-là, nous avons l’habitude de le louer à un particulier. Le problème, c’est qu’avec une seule tente, nous n’irons pas loin.

C’est la raison pour laquelle, samedi dernier, nous avons convoqué d’urgence une réunion avec l’équipe de direction et les 4 accompagnateurs. Que faire ?

Option n° 1 : Nous déplaçons la date du camp à une période moins « chargée », soit une semaine plus tôt. Le problème, c’est qu’une grande partie de l’équipe de direction est en vacances à ce moment-là, que les parents ont déjà organisé et réservé leurs vacances en fonction des dates du camp, et qu’avec les examens (en effet, en plus d’être bénévoles, nous sommes encore tous étudiants) nous avons moins de temps de préparation, etc.

Reporter le camp au mois d’août n’est pas non plus une option envisageable, puisque c’est pour les étudiants la période des examens de repêchage (qui en aucun cas ne peuvent être ratés). On a besoin de toute l’équipe de direction.

Option n° 2 : Nous changeons de lieu et organisons le camp dans un gîte pouvant accueillir tous nos membres. Mais à seulement 4 mois du camp, c’est pratiquement irréalisable. Tout est déjà réservé. Bien sûr, nous ne baissons pas les bras, nous avons passé et continuons de passer des coups de fil, d’envoyer des mails. Malheureusement sans résultat pour l’instant.

Option n° 3 : Louer les tentes au privé. Impossible pour nous. Suite notamment à un changement de politique en matière de subventions, nous traversons une crise financière, comme je l’ai déjà dit. On ne peut pas réclamer aux familles 200 euros supplémentaires par membre alors qu’elles sont déjà oppressées par la série de mesures prises par votre gouvernement et par le gouvernement fédéral. Le camp Patro doit être accessible pour tous nos membres. Plus on est de fous, plus on rit. Le prix du camp s’élève normalement à 100 euros environ.

Option n° 4 : Pas de camp cette année. C’est tout bonnement impensable. Comme je l’ai déjà dit, le camp est le point culminant de l’année. L’annuler serait un peu comme mourir pour notre groupe. Tout ce que nous voulons, en tant que bénévoles, c’est voir un sourire illuminer le visage de nos membres, les voir rayonner de bonheur, leur donner l’impression qu’au camp, nous sommes un peu seuls au monde, les voir s’amuser. Et non les décevoir en leur annonçant qu’ils vont devoir rester une semaine de plus à la maison.

Si nous ne trouvons pas de gîtes ou les 50 à 60 tentes dont nous avons besoin pour la période du 12 au 19 juillet (du 9 au 21 juillet pour les tentes), nous serons privés de camp. Nous comptons donc sur votre aide (éventuellement via la Défense ?) pour que cela n’arrive pas. On ne peut tout de même pas laisser la jeunesse engagée être pénalisée par cette mesure d’économie.

Investir dans la jeunesse, tel est le message. Tous les jeunes n’y pensent pas nécessairement, tous les jeunes en difficulté n’ont peut-être pas les moyens d’attirer votre attention sur ce problème, mais faire des économies sur le dos de la jeunesse ne fera qu’ accroître les problèmes à l’avenir, je pense qu’il est inutile de vous le rappeler. Faire des économies sur le dos de la jeunesse c’est une erreur plus que regrettable.

D’avance je vous remercie pour votre temps, votre courage et votre aide, et vous prie d’agréer mes meilleures salutations.

Chiel Danckers

Responsable du Chiro de Gierle

PS : Lorsque je lis votre page politique, je pense réellement que vous êtes la personne qui a la bonté et les moyens de faire quelque chose. Si ce n’est pas le cas, c’est que je suis trop naïf. »...

 

 
 

Sven P.A. Gatz, né le 6 mai 1967 à Berchem-Sainte-Agathe est un homme politique belge flamand, membre de l' OpenVLD.

Sven Gatz est licencié en droit (KUL) et obtint une licence spéciale en droit administratif (ULB). Il fut fonctionnaire à la COCON. Sa carrière politique commence au VU, mais après l'éclatement de ce parti en 2001 - 2002, il rejoint le Open Vld, se trouvant plus proche du Social-libéralisme.

Son travail parlementaire et politique au sein du Open Vld se focalise sur l'enseignement, l'immigration, la culture, la réforme de l'état, Bruxelles, l'intégration, la gestion des grandes villes... et la bière.

Il renoncera à sa fonction de député en juillet 2011 et deviendra directeur des Union des Brasseurs belges.

Le 25 juillet 2014 il fait son retour dans le gouvernement flamand.

Fonctions politiques

conseiller communal à Jette :

    • (2001 - 2003)
    • (2006 - )

 

17:56 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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