ENTREPRISE

La direction avait pourtant, jusqu'il y a encore une quinzaine de jours, évoqué un "remodelling", et "en aucun cas une fermeture massive".

La direction de Blokker a annoncé ce mardi matin son intention de fermer 69 des 190 magasins que compte l'enseigne en Belgique dans le cadre d'un plan visant à restaurer sa rentabilité. En termes d'emplois, cette décision conduirait à la suppression de 302 emplois sur près de 900.

Le groupe d'origine néerlandaise, présent depuis 1977 en Belgique, invoque les difficultés rencontrées par le commerce de détail non alimentaire, l'augmentation "exponentielle" du commerce en ligne et l'augmentation de la concurrence.

"Au cours des cinq dernières années, le chiffre d'affaires de Blokker en Belgique a baissé de 20% pour atteindre une perte opérationnelle en 2015 de 15 millions d'euros, perte qui devrait s'élever en 2016 à 18 millions d'euros. Blokker SA veut renouer avec la rentabilité pour donner une perspective d'avenir à l'entreprise et à ses collaborateurs", explique la société dans un communiqué.

L'intention de Blokker de fermer plus d'un tiers de ses magasins en Belgique se base sur une "analyse approfondie des perspectives d'avenir" de ses différents magasins dans les prochaines années. Blokker assure encore qu'il mettra "tout en œuvre pour limiter l'impact social de ce plan".

Surprise du côté syndical

La société n'avait pas caché ses difficultés aux syndicats. Par contre, jusqu'il y a encore une quinzaine de jours, elle en avait caché l'ampleur et, surtout, ses conséquences. Ainsi, à une question expresse de la permanente CNE à Liège en charge de Blokker sur les rumeurs persistantes de problèmes chez Blokker, la direction lui avait répondu qu'"en aucun cas il ne s'agirait de fermetures massives". Si la fermeture de deux magasins en région liégeoise était programmée, c'est qu'"ils ne fonctionnaient pas bien".

En octobre dernier, la direction avait bien annoncé un master plan qui serait présenté au 1er trimestre 2017, mais à nouveau, elle avait évoqué un "relooking complet des magasins", une "délocalisation de magasins mal structurés", et "non une fermeture massive". Ici, il s'agit pourtant de la suppression de plus d'un tiers du réseau.

Encore une enseigne néerlandaise

Depuis quelques années, ce sont surtout des enseignes ou des groupes d'enseignes d'origine néerlandaise qui se restructurent, voire qui déposent le bilan. Avec un lourd impact en Belgique puisque nombre d'entre eux y ont fait leurs premier pas à l'international. MS Mode, Mc Gregor et le groupe Macintosh (Brantano) n'en sont que les exemples les plus emblématiques.


"Ne rien faire n'était pas une option" (CEO de Blokker)

"Ne rien faire pour Blokker n'était pas une option. Il y a des magasins qui restent ouverts et qui doivent renouer avec leur rentabilité structurelle à l'avenir", a déclaré mardi Bernd Bosch, CEO de Blokker Belgique, lors d'une conférence téléphonique consacrée au plan de réorganisation de la chaîne de magasins. "Le marché du détail (retail) est en crise en Belgique. Il y a une forte pression du commerce électronique et de nouveaux acteurs commerciaux comme Action", explique le CEO de Blokker Belgique.

"Les analyses montrent que si rien n'est fait pour changer la structure des coûts, les pertes pourraient atteindre 21 millions d'euros en 2017 et 25 millions en 2018", souligne M. Bosch.

Pour Bernd Bosch, la fermeture de 69 magasins est quelque chose de "très difficile". "Nous devons nous atteler à réduire l'impact au minimum pour les personnes concernées et leur famille".

Le patron n'a pas voulu indiquer quels magasins seront précisément fermés. "La sélection des magasins se base sur la rentabilité des trois dernières années mais aussi sur la qualité et le potentiel de la localisation. A l'avenir, Blokker restera présent au coeur des villes et en périphérie, tout dépend de l'identité régionale", explique encore le CEO.