08/01/2008

Pour être augmenté, sois gentil avec le chef...

Fortis Belgique :: Instauration du salaire au mérite

Pour être augmenté, sois gentil avec le chef
Fortis Belgique :: Instauration du salaire au mérite

Changement radical chez Fortis. A partir du 1er janvier, les augmentations de salaire des 18 000 travailleurs de la banque dépendront des notes de la hiérarchie.

Alice Bernard
24-10-2007

Photo www.fortis. be

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Fortis est née il y a 15 ans de la fusion entre la CGER et la Générale de Banque. Chacune de ces banques avait une grille salariale propre. Il fallait donc harmoniser tout ça. Profitant d’une directive européenne, qui dit que c’est le mérite plutôt que l’âge qui doit servir de base à la rémunération, la direction de Fortis fait le grand ménage. Et donne à tous les employés de Belgique un avant-goût de ce qui les attend.

Car l’exemple de Fortis, qui représente 40 % du secteur bancaire, servira sans aucun doute de base pour les négociations sectorielles de 2008, dont les conclusions seront d’application à partir de 2009. Et les patrons d’autres secteurs (la métallurgie par exemple) lorgnent déjà avec envie sur le modèle.

Le travail des employés de banque est en pleine mutation. Le réseau d’agences se modifie profondément. La nouvelle conception est de réduire le nombre de guichets pour favoriser d’une part les opérations électroniques de self-banking et d’autre part les conseils individualisés. A nouvelle conception, nouvelles qualifications et donc nouvelle classification barémique. Chez Fortis, cette classification sera basée sur le système Hay, qui vient des Etats-Unis. A cette classification sera liée la nouvelle grille barémique.

Comment va-t-on s’y prendre ? La direction fera une « photo » du salaire de chacun au 31/12/07. Brut tout compris (primes, avantages extra-légaux, etc…). Ce montant sera désormais le salaire minimum garanti en-dessous duquel il ne sera jamais permis de descendre. A partir de là, elle calculera une courbe d’évolution salariale théorique.

Incertitude : la direction calculera-t-elle le minimum sur base de la moyenne annuelle de 2007 ou sur base du salaire de décembre ? Sur base de l’ancienne classification de fonction ou sur base de la classification Hay ?

Fini l’augmentation liée à l’âge

« Tout est dans les mains de l’employé » dit la direction. Sa nouvelle rémunération sera désormais composée d’une partie fixe (94 % du salaire) et d’une partie variable (6 %).

La partie variable dépendra de plusieurs performances : celles de la banque, celles du département (appelé business line), et celles de l’employé. A-t-il réalisé ou pas les objectifs « fixés de commun accord avec la hiérarchie ». A-t-il suivi son plan de formation, a-t-il atteint ses quotas de vente, a-t-il suffisamment « l’esprit d’entreprise », a-t-il contribué pleinement aux performances de son département, etc,… Selon la cote attribuée par le(s) chef(s), son salaire sera plus ou moins augmenté.

Un salaire minimum de 1 873 euros brut par mois à l’entrée de l’entreprise risque de rester à ce niveau tant que l’employé n’a pas la bonne évaluation nécessaire… Il faudra donc trimer pour bien remplir les objectifs de la direction et espérer être augmenté.

Les syndicats ont veillé à ce que les employés actuels de la banque ne perdent rien. Mais cette nouvelle grille salariale sera d’application pour tous les nouveaux, ce qui créera inévitablement des tensions entre travailleurs. Les anciens et les nouveaux, ceux qui auront une bonne appréciation et ceux qui ne l’auront pas. Et cela rendra les négociations collectives plus difficiles, puisque tous les salaires seront individualisés et ne dépendront plus de facteurs communs à tous les travailleurs (comme l’âge par exemple).

Pendant ce temps, Fortis fait 4,5 milliards d’euros de bénéfice1 par an.

1 A titre de comparaison, la CGER faisait aussi 4,5 milliards de bénéfice par an il y a 15 ans, juste avant la fusion. Mais c’était en francs belges.

19:10 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : histoire, ptb, solidaire, actualitesbelgique, bruxelles, courcelles, exploitation capitaliste, finance, information, banques, medias, societe, presse, romain, television, europe, syndicats, silence, capitalisme, democratie, vie chere | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Le collège du Sacré-Coeur de Ganshoren va fermer ...

Le naguère prestigieux collège du Sacré-Cœur va fermer. Du moins sa section néerlandophone. C’est comme si le secrétariat flamand de l’Enseignement catholique (VSKO) – le pouvoir organisateur – avait lâché une bombe sur l’enseignement néerlandophone à Bruxelles.

Riet Dhont
28-02-2007

« Pourquoi les profs sont-ils seuls? Où restent les pouvoirs publics ? »

Le naguère prestigieux collège du Sacré-Cœur va fermer. Katelijn Schevelenbos, prof de néerlandais, ne l’accepte pas et « entend tout mettre en œuvre pour sauver nos élèves ».

C’est comme si le secrétariat flamand de l’Enseignement catholique (VSKO) – le pouvoir organisateur – avait lâché une bombe sur l’enseignement néerlandophone à Bruxelles. Le VSKO s’appuie sur l’inspection scolaire, qui avait dressé un mauvais rapport sur le collège : les élèves ne valent rien, les parents ne sont pas motivés…

Un quart des élèves bruxellois ne vont pas plus loin que l’enseignement secondaire inférieur. Et on vient dire à Sara, Ilya, Maurizio... : « Votre école va fermer. Cherchez-en une autre. » Comme nombre de leurs condisciples du collège du Sacré-Cœur de Ganshoren, ils viennent de Molenbeek et de Koekelberg. Raison de plus pour les enseignants de s’engager pour eux.

 

Peut-être, avant de commencer, quelques renseignements sur l’école même ?

Katelijn Schevelenbos. Notre école compte 244 élèves inscrits en commerce et bureautique. Ils viennent tous du collège Saint-Pierre de Jette. Car, voici trois ans, il y a eu un échange : notre section enseignement secondaire général est allée à Jette et nous avons repris ici le secondaire technique et professionnel. Plusieurs profs, dont moi-même, qui donnaient cours auparavant dans le général, sont restés. Je donne néerlandais et anglais. Je suis la titulaire de la 4e année commerciale, j’y ai 11 élèves de 6 nationalités différentes. Ils sont également de niveaux très différents, certains parlent à peine néerlandais. Nous avons aussi beaucoup d’élèves réfugiés qui, parfois, étaient déjà plus âgés en venant ici. Ils ont aussi des difficultés plus grandes. Mais, nous, en tant que profs, nous faisons tout pour nos élèves. Chaque pas en avant est pour eux et nous source de joie.

Maintenant donc, nos élèves doivent se mettre en quête d’une autre école. Ce ne sera pas facile pour eux. Notre école a désormais la réputation d’avoir des « élèves à problèmes » et de « bas niveau ». Qui va accepter de les inscrire ? Et pourront-ils suivre ?

 

Le pouvoir organisateur se base entre autres sur un rapport d’inspection négatif. C’est permis ?

Katelijn Schevelenbos. Nous n’atteignons pas les objectifs qu’on nous impose. Mais je ne voudrais pas qu’ils baissent. Non, nous voulons proposer un enseignement de qualité à nos élèves. Mais il faut aussi nous donner les moyens d’y arriver. Savez-vous que nombre de nos élèves ont quinze heures d’étude par semaine, parce qu’il n’y a pas assez d’enseignants ? C’est la pure réalité. Nous ne trouvons pas de remplaçants pour les profs qui tombent malades ou qui décrochent. Il devrait y avoir un pool de remplaçants, à Bruxelles, dans lequel nous pourrions puiser pour combler les absences. On veut rendre la profession plus attrayante à Bruxelles ? Qu’on paie un peu mieux, qu’on donne un peu plus de possibilités. Si nous voulons atteindre les objectifs avec nos élèves, qu’on nous donne davantage de possibilités pédagogiques et didactiques.

Comment nos élèves pourraient-ils étudier dans les meilleures conditions ? Par le biais d’activités plaisantes, culture, sport, des moyens techniques tels diaporamas, films, etc. Il devrait y avoir des activités d’après cours dans l’école, pour les ados aussi, en néerlandais, pour qu’ils finissent par bien maîtriser la langue.

 

C’est si impossible, tout cela ?

Katelijn Schevelenbos. Il faut investir dans l’enseignement de qualité. Actuellement, c’est nous, les profs, qui investissons. Et la direction de notre école nous stimule à travailler de la façon la plus créative possible. J’ai même suivi une formation de cinq jours pour apprendre à gérer ce qu’on appelle des « élèves difficiles ». Nous voulons travailler en petits groupes. En première année, où le retard linguistique est le plus grand, nous avons fait des classes de 15 élèves maximum. Et 15, c’est déjà trop. Nous voulons travailler de façon très interactive avec nos élèves, et pas seulement donner cours. Nous devons également pouvoir travailler de façon très personnelle avec eux. Les jeunes de l’enseignement technique et professionnel requièrent beaucoup d’attention et d’accompagnement personnel. Et mes collègues sont tous des idéalistes qui s’engagent pour leurs élèves. Une de mes collègues leur donne même des cours particuliers de français pour les aider à décrocher leur diplôme.

Il y a aussi chez nous beaucoup de jeunes enseignants. Et c’est précisément chez ces jeunes profs que l’inspection débarque, même s’ils n’ont encore qu’une année de travail derrière eux. Ils ne peuvent en un an atteindre le niveau requis ni ces fameux objectifs. En outre, ils ont fait une sorte d’audit de notre école en plein dans la période de passage de l’enseignement général au technique et professionnel, ce qui constitue aussi une transition très lourde pour les profs qui « font le saut ». Mais l’inspection n’en tient nullement compte. Et, une fois encore, c’est en raison du manque de profs, que nos élèves deviennent « difficiles ». Quand ils doivent rester assis 15 heures par semaine dans la salle d’étude à se tourner les pouces, après ça, ils se « défoulent » à la récré et dans les autres cours… Et c’est ainsi qu’on se voit coller l’étiquette d’école à problèmes et qu’aujourd’hui, nous devons fermer. Nos élèves le disent eux-mêmes : « Nous ne sommes pas méchants », mais ce qui reste dans les médias, c’est l’image d’« élèves à problèmes ».

 

Le pouvoir organisateur reproche aux parents leur manque de motivation…

Katelijn Schevelenbos. Nos élèves viennent de familles pauvres. Ils ne peuvent se payer des photocopies et autre matériel. À la maison, généralement, ils n’ont pas internet, ils ne suivent pas les chaînes flamandes à la TV.

Nous cherchons des moyens d’impliquer davantage les parents. Il y a les réunions de parents, mais nous faisons bien d’autres choses encore. Nous avons organisé un petit déjeuner pour les mamans, pour qu’elles viennent voir l’école. Nous avons créé un atelier de gestion langue afin d’organiser des cours pour les parents à l’école. Nous voulons aller voir les gens chez eux, et c’est même ce qui me plairait le plus, donner cours chez les gens. Notre direction fait tout pour faire progresser notre école. Et nous, les profs, nous sommes des idéalistes. Mais, désormais, nous sommes tous en train de chercher autre chose car l’école va fermer.

 

Et que va-t-il se passer avec les élèves ?

Katelijn Schevelenbos. Bonne question ! Où vont-ils devoir aller ? Quelle école tiendra compte de leur retard ? Pour certains élèves, c’est une vraie tuile. Il y a quatre élèves en 6e bureautique. Mais ils ne pourront faire leur 7e année. Et n’auront donc pas leur diplôme. Je suis sûre que notre direction accompagnera véritablement les jeunes afin de les aider à trouver une place chacun. Mais ça m’interpelle tellement. Je connais ces élèves personnellement, ça fait vraiment mal au cœur. On ne peut pas les laisser se perdre.

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Geert Van Istendael :

« Ces jeunes voient vivre les riches et savent que ce n’est pas pour eux »

Donner plus de moyens à des écoles comme le collège du Sacré-Cœur, c’est simplement une question d’équité, estime Geert Van Istendael, écrivain et bruxellois.

À Bruxelles Ville, 24 % de la population n’a pas 20 ans. Dans les communes populaires comme Molenbeek, ils sont même 30% À Molenbeek, 70% de la population est d’origine étrangère, mais 49% a la nationalité belge. Presque 30 % des jeunes entre 18 et 25 ans, à Molenbeek, ont un revenu de remplacement (CPAS ou chômage).

Geert Van Istendael est triste et amer, quand Solidaire lui téléphone : « En tant que bon citoyen, je mets la bourgeoisie en garde. A la fin du 19e siècle, la bourgeoisie avait peur des travailleurs. Elle les traitait de « voleurs », de « mauvais »… Aujourd’hui, les élèves d’origine étrangère sont traités de difficiles : ils volent, sont violents. C’est en partie vrai, mais d’où ça vient ? Fermer leurs écoles ne va certainement pas améliorer les choses. Selon moi, mais je ne peux pas le prouver, ils veulent supprimer les écoles qui ont du retard, qui sont au niveau le plus bas. Y compris dans l’enseignement flamand. Mais, dans l’enseignement francophone, la situation est encore plus grave. Pourtant, ça fait plus de vingt ans déjà que la ministre d’Etat Paula D’hondt a sorti son fameux rapport sur l’immigration. Dans une partie de l’enseignement francophone, les pédagogues ont poussé un cri d’alarme. Et, maintenant, voilà que le problème gagne également les écoles néerlandophones de Bruxelles, où il y a presque 100 % d’enfants d’origine immigrée.

À Bruxelles, nous sommes occupés à fabriquer une sous-classe, une classe de jeunes qui ne développeront jamais les compétences nécessaires pour faire le plus ordinaire des boulots. Jamais. Et, dans notre société, le travail, c’est l’accès au reste. Les jeunes voient comment vivent les riches et savent parfaitement, bon Dieu, que ce n’est pas pour eux. Nous pouvons difficilement prétendre que nous ne le savions pas ! »

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Carlos Perez du Centre sportif Fire Gym

« Ces parents sont très attentifs leurs enfants »

Dans son centre de fitness Fire Gym à Jette, Carlos Perez s’occupe chaque jour d’une soixantaine de ces gosses prétendus « difficiles » pendant les vacances.

« Les jeunes qui viennent faire du sport chez nous viennent pour une bonne part des quartiers populaires de Molenbeek, Jette, Koekelberg… Là, je lis dans les gazettes que les parents, comme ceux des élèves du Sacré-Cœur, ne s’occupent pas de leurs enfants. Moi, je peux vous dire que c’est faux. Jour après jour, les parents cherchent des solutions pour canaliser en de bonnes voies l’énergie de leurs enfants. Ils les amènent chez nous, en quête d’un avenir.

Mais les enfants aussi se sentent « refoulés », « triés » dans les écoles. Je conçois bien cela. On les oriente vers des branches techniques, vers l’enseignement professionnel ou… vers la poubelle. Et que se passera-t-il ? Vous vous souvenez encore des images de France, où les enfants mettaient le feu à leurs écoles ? Ils font exactement la même chose que les ouvriers de la fin du 19e siècle qui bousillaient leurs usines et qui incendiaient leurs propres outils de production. Et bien, chez nous aussi, ces jeunes se révoltent, ils deviennent « difficiles ».

Personnellement, j’ai un respect énorme pour les enseignants. Bien sûr, il y en a qui baissent les bras, et je trouve ça normal aussi. Les élèves qui viennent chez eux parce qu’ils ont été drainés vers l’enseignement technique ou professionnel traînent derrière eux un plein sac à dos de problèmes pédagogiques. Et les enseignants doivent ramasser tous ces problèmes en même temps dans des classes de plus de 20 élèves. Comment faut-il s’y prendre ? Certains enseignants s’engagent à fond, ce sont de vrais idéalistes. Mais qui leur donne les moyens nécessaires ? Les moyens requis ? Si la société n’investit plus dans l’enseignement de ses enfants, elle court tout droit à l’accident ! »

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Suggestions du PTB

Davantage de moyens et un réseau d’enseignement multilingue

Les problèmes de l’enseignement à Bruxelles requièrent des mesures spécifiques, même s’il existe des problèmes similaires à Anvers ou à Charleroi…

Bruxelles a une population jeune dont plus de la moitié est d’origine étrangère. Ce groupe de population est coincé dans un cercle vicieux. Le niveau de formation est bas, mais la perspective d’emploi l’est tout autant. La conséquence – et en partie la cause –, c’est qu’il est encore plus malaisé de motiver les jeunes à étudier. En outre, il y a le problème de la langue, tant avec le néerlandais et le français qu’avec d’autres langues.

Aucune solution n’est possible si les autorités ne se décident pas à injecter plus d’argent et de moyens. Actuellement, 4,5 % du Produit intérieur brut est consacré à l’enseignement. Ce n’est que si on augmente considérablement le budget – à 7 % - qu’on pourra investir à Bruxelles, avec davantage d’enseignants, de profs spécialisés, des classes plus petites, un matériel adapté… Ensuite, on peut également aborder l’infrastructure des écoles, sans oublier l’enseignement technique et professionnel. Une des raisons de la fermeture du collège du Sacré-Cœur réside dans le fait qu’après le passage du collège du général au technique et professionnel, son infrastructure n’a pas été adaptée.

La Finlande consacre 7 % de son PIB à l’enseignement. Et les résultats sont là. Le pays n’a qu’un quart d’école riches et d’écoles pauvres, alors que, chez nous, c’est la moitié. La différence des résultats entre écoles d’élite et « écoles poubelles » est huit fois plus grande chez nous qu’en Finlande. Du fait des moyens plus élevés dont il dispose, l’enseignement finlandais peut prodiguer à tous les élèves une base commune jusqu’à l’âge de 15 ans, sans distinction entre général, technique et professionnel.

Il convient aussi d’aborder la politique linguistique dans l’enseignement bruxellois. Aujourd’hui, outre la scission en trois formes d’enseignement, libre, communal et officiel, il existe également une scission en réseau néerlandophone et réseau francophone. Pourquoi pas un seul réseau communautaire, à Bruxelles, au lieu de deux? Pourquoi pas un enseignement multilingue de sorte que chaque habitant de Bruxelles devienne bilingue ? Bref, voilà bien de la matière à discussion, à concertation et surtout à une recherche de solutions.

18:21 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

L’hiver sera peut-être froid, mais il sera sûrement cher ...

Chauffage :: Augmentation des prix

Cet hiver, une famille moyenne paiera presque deux fois plus pour son mazout de chauffage qu’il y a deux ans. Parfois même jusqu’à mille euros de plus.

Gaston Van Dyck
31-10-2007

Le gouvernement prévoit une allocation mazout, mais finalement peu de gens y ont droit. (Photo archive)


Entre 2000 et 2004, le prix du mazout de chauffage oscillait encore de 27 à 32 cents le litre. Il est monté à 39 en 2005 puis 54 en 2006. Aujourd’hui, le prix maximum grimpe jusqu’à 66 cents. Alors que l’hiver arrive. Pour beaucoup de gens, ça fera un fameux trou dans le porte-monnaie.

Les journées des fournisseurs sont bien remplies pour le moment. Ils sont les premiers à remarquer les retombées de la situation actuelle pour les gens. Un fournisseur indépendant : « Ce que je remarque, c’est que de moins en moins de clients commandent leur mazout en été. En partie à cause des prix élevés et de l’incertitude sur l’évolution des prix. Actuellement, ils commandent surtout par petites quantités. »

Une enquête auprès de quelques CPAS montre que peu de familles font appel au « fonds social chauffage » créé par le gouvernement. Parce qu’ils ont postposé leur commande ? Ou parce que trop peu de gens y ont droit ?

Allocation chauffage

Le fonds social chauffage intervient partiellement dans le paiement de la facture de gasoil des personnes qui se trouvent dans des situations financières précaires.

Il doit s’agir de mazout de chauffage ou de gaz propane acheté pour le prochain hiver (entre septembre 2007 et avril 2008). Pour que le fonds social chauffage intervienne, il faut que le prix soit au moins de 49 cents (ce qui est donc le cas actuellement)

L’intervention varie de 3 à 13 cents le litre. Mais il y a un maximum : le fonds intervient pour maximum 1 500 litres ou 195 euros par famille.

Si vous pensez y avoir droit, vous pouvez vous adresser au CPAS de votre commune.

On ne peut pas vraiment qualifier cette allocation de royale. Le gouvernement a fixé le plafond de revenus particulièrement bas : si vous gagnez plus de 13 512 euros par an (plus 2 500 euros par enfant à charge), vous n’y avez pas droit. Un couple qui perçoit deux salaires minimum (deux fois 1 317 euros brut par mois) n’a droit à l’allocation chauffage que s’il a… sept enfants. Autrement dit, si vous travaillez temps plein vous devrez supporter vous-même la lourde augmentation de la facture.

Pourquoi la TVA est-elle toujours de 21 % ?

En outre, on se demande surtout pourquoi le gouvernement tient mordicus à son taux de TVA de 21 %. Sûrement pour maîtriser son déficit budgétaire. Mais c’est une des raisons qui fait que notre facture est de plus en plus salée.

Le PTB estime que l’énergie (mazout, gaz, électricité) est un bien de base et devrait avoir un taux de TVA de 6 %. En Grande-Bretagne, qui n’est pas vraiment un exemple en matière sociale, ce taux est même de 5 %. Une telle mesure diminuerait notre facture de 12,4 %.

La perte de rentrées fiscales pour l’Etat (à peu près 800 euros) peut entre autres, être compensée par un impôt sur les superbénéfices d’Electrabel et des multinationales du pétrole. En 2003 le gouvernement britannique a doublé l’impôt sur les bénéfices des compagnies pétrolières actives en Mer du Nord.

Les géants du pétrole ont engrangé l’an dernier un bénéfice record de presque 150 milliards de dollars. C’est plus que le produit national brut du Venezuela ou de la République tchèque. Et le cours de leurs actions a doublé au cours des quatre dernières années.

Exxonmobil Belgique est arrivé troisième du prix Citron d’Or 2007 de l’entreprise la plus antisociale de Belgique, pour ce qui concerne le taux d’exploitation, avec plus de 820 %. Ce qui veut dire qu’un travailleur d’Exxon rapporte son salaire journalier en moins d’une heure de travail et que les autres heures de travail prestées sont du pur profit pour le patron. L’entreprise quant à elle, ne paie quasi rien comme impôt sur le bénéfice.

15:45 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |