08/01/2008

Le profit pour le profit aveugle tout le monde ...

Santé :: Un médicament pour les yeux trente fois trop cher

La multinationale pharmaceutique Genentech lance un médicament « miracle » contre les problèmes de vision. Détail piquant : ce médicament existe déjà.

Gaston Van Dyck
31-10-2007

La dégénérescence maculaire, liée à l’âge, tel est le terme médical qui désigne la principale cause de malvoyance chez les personnes âgées. À terme, la maladie peut même provoquer la cécité. C’est avec beaucoup de tam-tam que, la semaine dernière, la firme pharmaceutique Genentech annonçait le lancement d’un remède « miracle », le Lucentis. Le médicament est en mesure de stabiliser la maladie et il peut même apporter une amélioration. Le traitement se fait par injection du produit dans l’œil. En Europe, Lucentis est commercialisé par le géant pharmaceutique Novartis. Public cible : une personne sur trente parmi les plus de 75 ans. Coût pour le patient : 1 200 euros l’injection, en grande partie pour le compte de l’assurance maladie. Une affaire coûteuse pour nous tous, si nous voulons rendre un peu de vision à nos aînés.

 

L’info a quand même un goût amer quand on sait qu’en fait, le Lucentis n’est rien d’autre qu’une copie légèrement remaniée d’un autre médicament. Il y a quelques années, la firme pharmaceutique Roche lançait sur le marché européen un autre produit de Genentech, l’Avastin, contre le cancer de l’intestin. L’Avastin, qui coûte 1 500 euros la piqûre – en sus de la chimiothérapie – prolonge la vie des patients en soins palliatifs de quelques mois à peine. En raison de ce rapport coût/avantages extrêmement négatif, l’Avastin n’est pas remboursé par notre assurance maladie.

Quelques ophtalmologues ont découvert que l’Avastin offrait de bien meilleurs résultats quand il était administré en quantités réduites à des patients atteints de dégénérescence maculaire. Des résultats comparables à ceux du Lucentis mais, avec sa fourchette de prix allant de 10 à 40 euros, un traitement de l’œil à l’Avastin coûte bien vite trente fois moins cher que le recours au nouveau médicament « miracle ».

Genentech veut que l’Avastin ne soit utilisé que comme traitement onéreux et pas très efficace contre le cancer de l’intestin et il refuse donc de faire enregistrer le produit auprès de la « Food and Drug Administration » des États-Unis en tant que médicament contre la dégénérescence oculaire liée à la vieillesse. De ce fait, les oculistes optant pour l’Avastin trente fois moins cher que son imitation Lucentis risquent de devoir se fendre d’énormes dommages et intérêts. Entre-temps, Genentech refuse également toute étude comparative sur l’efficacité des deux produits dans la lutte contre la malvoyance.

« Big Pharma, peu de recherche »

Ce n’est pas la première fois que la politique des prix de Genentech défraie la chronique. Au début de cette année déjà, on apprenait que l’assurance maladie allait mettre dans le rouge le remboursement de son nouveau médicament hyperonéreux contre le cancer, l’Herceptine. Le Dr Dirk Van Duppen (PTB) avait d’ailleurs dénoncé cette soif de profit dans un courrier à la très sérieuse et renommée revue médicale britannique, The Lancet, et dans une contribution au quotidien flamand De Morgen, sous le titre « Big Pharma, peu de recherche ».

15:32 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

02/01/2008

Soit vous payez la taxe, soit vous utilisez le biocarburant… inexistant

Energie :: L’essence plus chère depuis le 1er octobre

La taxe sur l’essence a augmenté de 4,6 cents le litre ce 1er octobre. Pour favoriser les biocarburants. Petit détail : aucune pompe n’en vend.

Marco Van Hees
10-10-2007

Produire du biocarburant ? « Nous regarderons le marché pour voir si c’est financièrement intéressant », déclare-t-on chez Esso. (Photo D.R.)


Il y a un an, le biodiesel arrivait sur le marché belge. Ce 1er octobre, ce devait être le tour du bioéthanol. Produit à base de betteraves ou d’autres produits agricoles, il est incorporé en faible proportion à l’essence. Comme le prix de revient de ce carburant vert est plus élevé que la super traditionnelle, le gouvernement a décidé de taxer cette dernière. On veut dire : la taxer encore plus : + 4,6 cents le litre.

Oui mais voilà, l’essence verte n’est pas disponible. La loi impose que le bioéthanol soit produit en Belgique et les usines qui s’y attèlent, à Gand et à Wanze, ne sont pas prêtes. Ce serait pour, au plus tôt, avril 2008. Ce retard serait imputable au gouvernement fédéral, qui aurait tardé dans la désignation des producteurs agréés.

Boooouuuuuhhhhh. Vous les entendez pleurer, les ministres fédéraux ? Les Reynders et Cie. Eux qui voulaient tellement œuvrer pour l’environnement. Et voilà que le carburant vert n’est pas prêt. Ils doivent être vraiment embêtés de voir toutes ces taxes entrer pour rien dans les caisses de l’Etat. Et pas de chance, ils sont en affaires courantes : impossible d’arrêter cette machine infernale.

Il y a tout de même une petite chose qui nous échappe. Nous ne nous prononcerons pas ici sur ce carburant vert (qui a pour effet d’augmenter le prix des denrées alimentaires), mais admettons qu’il soit vraiment un bienfait pour la planète. Pourquoi alors ne pas l’imposer purement et simplement ? Pourquoi laisser dépendre sa consommation du choix fiscal des consommateurs ? D’autant qu’il s’agit de la taxe la plus injuste qui soit : elle pèse mille fois plus lourd dans le portefeuille d’un salarié que dans celui, mille fois plus garni, d’un grand patron.

Et aussi, pourquoi laisser le choix aux producteurs ? En effet, la loi n’oblige aucunement les sociétés pétrolières à distribuer des biocarburants. Inutile de préciser que pour elles, entre œuvrer pour la planète et œuvrer pour le profit, y’a pas photo.

Le retard du bioéthanol n’est sans doute pas un hasard. Et le cas du biodiesel le montre également. Actuellement, un seul réseau de stations-service (Total) propose un mélange de biodiesel, dans lequel le bio représente 5 %. Esso, par exemple, explique avoir eu d’autres priorités jusqu’ici. Il n’exclut pas d’en produire, mais « nous regarderons le marché pour voir si c’est financièrement intéressant1 ». Quand les gouvernements cesseront-ils de laisser le destin de l’humanité aux mains des multinationales ?

1 La Libre Belgique, 2-10-2007

11:44 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

29/12/2007

Les 25 familles les plus riches de Belgique ...

Les 25 familles les plus riches de Belgique
Fortunes :: Elles ont doublé en sept ans

Sept ans après avoir publié son ouvrage Nos 200 familles les plus riches, le journaliste Ludwig Verduyn a repris sa calculette. Pour Le Soir magazine, il a établi le classement des 25 premières fortunes du pays. L’occasion pour nous de faire deux petits calculs.

10-10-2007

Le politicien Van Cau et son ami le financier Albert Frère, deux Carolos qui estiment que les finances publiques sont à leur disposition. (Photo Belga)


Primo, comment ont évolué ces fortunes ? Si quelques-unes de ces familles subissent de petites diminutions, la plupart enregistrent de grosses augmentations. Ce qui fait que le total de leur fortune passe de 11 milliards d’euros en 2000 à près de 24 milliards en 2007. Plus du double !

Secundo, si on introduisait un impôt sur les grosses fortunes, qu’est-ce que ça rapporterait par an rien que sur ces 25 familles ? Avec un petit taux de 2 %, on atteindrait 477 millions d’euros. De quoi augmenter de 200 euros par mois les 200 000 pensions les plus basses.

  1. de Spoelberch (Inbev) 3 126 millions € (+ 412 %)
  2. Frère (CNP) 2 980 millions € (+ 631 %)
  3. Colruyt (Colruyt) 2 521 millions € (+ 227 %)
  4. Vandamme (Inbev) 1 625 millions € (+ 407 %)
  5. Boël (Sofina) 1 418 millions € (+ 100 %)
  6. Lhoist (Lhoist) 1 348 millions € (+ 115 %)
  7. Janssen (UCB) 1 250 millions € (+ 8 %)
  8. Cigrang (Cobelfret) 1 005 millions € (+ 475 %)
  9. De Nul (De Nul) 967 millions € (+ 290 %)
  10. Bekaert (Bekaert) 762 millions € (+ 53 %)
  11. Saverys Marc (CMB/Euronav) 756 millions € (+ 190 %)
  12. D’Ieteren (D’Iteren) 744 millions € (- 10 %)
  13. Coucke (Omega Pharma) 634 millions € (+ 197 %)
  14. Vandemoortele (Vandemoortele) 510 millions € (- 40 %)
  15. Roussis-Van Gorp (Ravago) 480 millions € (+ 124 %)
  16. Saverys Nicolas (Exmar) 471 millions € (—)
  17. Van Thillo (Persgroep) 463 millions € (+ 29 %)
  18. Vlerick (UCO, KBC) 403 millions € (+ 513 %)
  19. Lippens Maurice (Fortis) 387 millions € (- 33 %)
  20. Emsens (SCR-Sibelco) 370 millions € (- 50 %)
  21. Duchâtelet (Melexis) 341 millions € (- 35 %)
  22. Lippens Paul (Groupe sucrier) 339 millions € (—) 
  23. De Clerck (Beaulieu) 325 millions € (+ 14 %)
  24. De Nolf (Roularta) 320 millions € (- 32 %)
  25. Van Waeyenberge (De Eik) 315 millions € (+ 81 %)

TOTAL 23 860 millions € (+ 115 %)


20:21 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : histoire, romain, courcelles, beelgique, economie, finance, presse, medias, silence, capitalisme, pouvoir | |  Facebook | |  Imprimer | | |