20/12/2007

L’augmentation rapporte 50 milliards de plus aux géants de l’énergie ...

Énergie :: Un rapport européen explique les hausses de prix

En 2006, les prix de l’énergie ont augmenté en moyenne de 12,6 %, permettant ainsi aux bénéfices de s’accroître de 50 milliards d’euros d’un seul coup.

Tom De Meester
19-12-2007

Le montant élevé des factures d’énergie et les fortes hausses de prix de ces dernières années servent à remplir les poches des géants européens de l’énergie. C’est écrit noir sur blanc dans le 9e Rapport européen sur l’énergie du bureau d’étude Cap Gemini.

 

Grâce aux prix élevés du gaz et de l’électricité, ces firmes peuvent s’asseoir sur une montagne de fric de 175 milliards d’euros. Rien qu’en 2006, ce pactole a déjà augmenté de 50 milliards. Si on désire savoir, par exemple en Allemagne, pourquoi les prix de l’énergie ont explosé ces dernières années, la réponse se trouve dans ce Rapport européen sur l’énergie : pour arrondir le trésor des sociétés d’énergie.

Ces dernières années, E.ON, le numéro un allemand, s’est constitué un petit cochon de plus de 51 milliards d’euros. De l’argent qui doit servir à reprendre des concurrents étrangers et de replacer les onéreuses centrales d’énergie dans des marchés rentables.

Un butin de 175 milliards d’euros

En Belgique aussi, les entreprises d’énergie ont palpé de gros bénefs. Grâce à nos factures faramineuses, le groupe Suez, propriétaire d’Electrabel, s’est constitué un trésor de 12,2 milliards d’euros. La filiale d’Electrabel, Distrigaz, qui importe le gaz en Belgique, a mis de côté 1,9 milliard d’euros. Et Fluxys, qui règne en maître sur le réseau du gaz naturel, possède une petite tirelire de 1,5 milliard d’euros : l'équivalent de ce que, des années durant, les consommateurs ont payé en trop.

Les prix augmentent de 12,6 %

Le libre marché ne fait pas baisser les prix pour les consommateurs, au contraire, affirme Cap Gemini dans son rapport. Dans leur quête de superprofits, les géants de l’énergie ne cessent de faire grimper les prix pour les consommateurs. En 2006, la facture d’électricité en Europe a augmenté en moyenne de 12,6 % en un an. En Grande-Bretagne, le pays où la libéralisation du marché de l’énergie a été appliquée en premier lieu, en 1996, cette facture a augmenté de 20 % en un an (2006).

Le journal De Standaard a également lu le rapport et conclut : « La comparaison des factures d’électricité d’une famille à consommation moyenne n’est plus une réclame pour la libéralisation du marché de l’énergie telle qu’elle a été appliquée par l’Europe. Si l’on compare tous les pays où cette libéralisation du marché de l’énergie a au moins trois ans, il apparaît que, dans ces mêmes pays, la facture d’énergie d’une famille est plus élevée que la moyenne européenne. »

Une grande exception, ici, la France, où les prix sont restés stables, déclare le rapport d’étude, « grâce à la réglementation sur les prix qui y est toujours en vigueur ». La France est en effet le seul pays ouest-européen qui échappe aux hausses de prix grâce aux prix maximaux du gaz et de l’électricité tels qu’imposés par le gouvernement et ce, contre la volonté de la Commission européenne. Le système des prix maximaux y restera d’application jusqu’en 2010 au moins.

Les profits des principales entreprises de l’énergie (en milliards d’euros)

E.ON

 

Allemagne

 

51,4

 

RWE

 

Allemagne

 

18,8

 

Gaz de France (GDF)

 

France

 

13,2

 

Suez-Electrabel

 

France/Belgique

 

12,2

 

Electricité de France (EDF)

France

 

 

9,9

 

Enel

 

Italie

 

8,4

 

Vattenfall

 

Suède

 

6,3

 

Gasunie

 

Pays-Bas

 

5,4

 

Nuon

 

Pays-Bas

 

5,1

 

Fortum

 

Finlande

 

3,8

 

Distrigas

 

Belgique

 

1,9

 

Fluxys

 

Belgique

 

1,5

 

 

22:55 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Charleroi • Il y a 20 armoires de documents, débrouillez-vous! ...

 La nouvelle majorité marque-t-elle un renouveau à Charleroi ? L’avis de Xavier Desgain, chef de groupe Ecolo au conseil communal, dans l’opposition.

Germain Mugemangango
28-02-2007

Le ministre wallon PS Courard a fait des critiques assez dures à l’opposition du conseil communal de Charleroi de la législature précédente. Elle aurait été en quelque sorte co-responsable des affaires à cause de son immobilisme...

 

Xavier Desgain. Il n’a jamais regardé ce que l’opposition avait fait comme travail communal. Nous étions intervenus régulièrement sur le dossier de la Carolo [société de logement social]. Nous cherchions à avoir le rapport. Une fois qu’il est sorti, nos administrateurs ont continué à intervenir. Ce qui n’était pas le cas des autres partis d’opposition.

Quand j’étais administrateur à l’intercommunale ICDI, on m’a refusé un certain nombre de documents. Nous avons fait passer un décret pour une transparence totale des informations dans les agences paracommunales. C’est le genre de propositions qu’on dépose et qui sont adoptées au moment où il y a des problèmes. Les conditions de travail sur le plan de la démocratie étaient limitées par le PS. Un conseiller Ecolo a demandé des informations sur les fonds de pension de Charleroi, on lui a dit de consulter les PV des réunions de collège. Sans plus : « Il y a 20 armoires de documents, débrouillez-vous ! »

 

On parle beaucoup de bonne gouvernance et de transparence dans la gestion communale carolo. Des progrès ?

Xavier Desgain. Il y a des comportements inacceptables. Les échevins Eric Massin (PS), Paul Ficheroulle (PS) et Olivier Chastel (MR) gèrent à eux seuls trois quarts des compétences dévolues aux échevins. Ce qui ne les empêche pas de rester parlementaires. Ils ne peuvent pas correctement faire leur travail de parlementaire. Ils ont aussi désigné l’échevin du logement comme président de l’ICDI. Ce n’est pas non plus acceptable.

 

Ecolo a déjà manifesté sa déception face à la majorité carolo. Quelles sont vos craintes ?

Xavier Desgain. Gérer convenablement une ville ce n’est pas faire du renouveau, c’est la maintenir en bonne santé. S’il y a renouveau, ça doit venir de la ligne politique et des propositions politiques qui vont venir de cette majorité XXL (43 sièges sur 51). Par exemple, dans le pacte communal il est indiqué qu’ils vont poursuivre les politiques sociales entamées alors qu’il faudrait les amplifier. C’est nécessaire par rapport aux besoins des gens de Charleroi.

 

Ecolo s’est opposé à la taxe poubelle durant les élections. Et maintenant ?

Xavier Desgain. Nous plaidons pour un système de paiement des poubelles en fonction des quantités produites et de l’effort fait par le ménage. Ce serait sous la forme de des poubelles à puces qui pèsent les déchets non triés jetés dans la poubelle. Plusieurs communes, notamment dans la province du Luxembourg ou dans la communauté urbaine de Lille, fonctionnent de cette manière. Tout ce qui est trié échapperait à la taxation.

Ceci dit, au-delà du problème de la gestion des déchets, il y a un problème d’éthique fiscale. Au niveau wallon, nous contestons le fait que les communes devraient facturer 100 % du coût des déchets aux gens. S’il faut financer les communes, il faudrait continuer à s’appuyer sur l’impôt des personnes physiques (IPP). Mais cette perception dépend des revenus de la population d’une commune : 1 % d’IPP à Montigny-le-Tilleul [plus riche] rapporte deux fois plus que 1 % à Charleroi. Comme l’impôt des personnes physiques ne rapporte pas assez, les communes créent des taxes.

20:15 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Il y a de l’argent pour augmenter les salaires ...

Banque nationale :: Les entrepises nagent dans les bénéfices

Les patrons ont reçu de bons bulletins pour leurs actionnaires. De l’argent existe donc pour des hausses de salaires.

David Pestieau
19-12-2007

Selon le rapport de la Banque nationale de ce 13 décembre comme le top-30 000 du mensuel financier Trends-Tendances, nos grandes entreprises nagent dans les bénéfices.

 

Le profit des entreprises non financières a quintuplé entre 1993 et 2006. (Source : Banque Nationale).

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Quelques données chocs :

Bénéfices doublés en 4 ans. « Le résultat net d’exploitation de toutes les entreprises de Belgique a enregistré une nouvelle et considérable augmentation (+9,2%). Ainsi, celui-ci a presque doublé en quatre ans. »

« Les sociétés belges ont atteint un niveau de rentabilité qui n’avait plus été observé depuis près de 20 ans. » (Communiqué de la Banque nationale, 13 décembre 2007)

44,7 milliards. Les 30 000 plus grandes entreprises non financières ont réalisé un bénéfice de 44,7 milliards d’euros, une hausse de 12,7% (6 fois plus que l’augmentation de votre salaire).

Les banques doublent leur mise en un an. La finance croule sous l’argent. Les banques voient leurs bénéfices passés de 4,6 milliards à 8 milliards d’euros. Les holdings de 15,5 milliards à 22,5 milliards.

Moins d’impôts pour les entreprises. « La progression des recettes provenant de l’impôt des sociétés s’est ralentie en 2006 », écrit la Banque nationale. En cause : la réforme fiscale de 2003 et l’introduction de la déduction des intérêts notionnels en 2006.

Et les salaires ? La Banque nationale appelle à un blocage des salaires car les salaires augmenteraient sur deux ans de 5,8% au lieu des 5% prévus ! Ils sont gonflés nos banquiers. Surtout que le patron de Carrefour-Belgique annonce ce jeudi que les augmentations de prix l’an prochain seront deux fois plus élevées que cette année (De Morgen, 12 décembre).

Ce sont les prix qui doivent être bloqués et les salaires qui doivent être augmentés. Ce sont les impôts des travailleurs qui doivent baisser et ceux des fortunés qui doivent

20:10 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |