15/12/2007

Voka : Régionaliser pour faire de la Flandre et de la Wallonie des agences d'intérim ...

Pourquoi l’organisation patronale flamande Voka veut-elle exercer une emprise sur le marché de l’emploi et surtout le régionaliser ?

Herwig Lerouge
12-12-2007

L’organisation patronale flamande Voka craint que, d’ici peu, il n’y ait trop peu de monde sur le marché de l’emploi. Non qu’elle estime que davantage de gens devraient avoir un boulot décent. Au contraire, ce qu’elle veut, c’est plus de demandeurs d’emploi, tout simplement. Plus ces derniers seront en concurrence mutuelle pour les mêmes emplois, plus les patrons pourront comprimer vos salaires et accroître leurs bénéfices.

Dans leur mémorandum pour le futur gouvernement, daté du 23 mai 2007, les patrons flamands révèlent comment ils veulent obtenir plus de demandeurs d’emploi.

• En supprimant la prépension et en gardant les plus de 55 ans licenciés dans le circuit de l’emploi.

• En rendant plus difficile l’obtention d’une carrière complète de sorte qu’on soit bel et bien obligé de bosser jusqu’à 65 ans. Les périodes de chômage ne compteront plus pour le calcul de la pension.

• En maintenant les pensions à un niveau très bas afin même d’encourager les plus de 65 ans à chercher des boulots d’appoint.

• En remettant les chômeurs le plus vite possible sur le marché de l’emploi : en les « activant », comme ils disent. C’est ce que vise la Voka en voulant limiter les indemnités de chômage dans la durée et en les réduisant plus rapidement.

• En supprimant les indemnités d’attente pour les jeunes.

Quel genre d’emplois la Voka prévoit-elle pour toutes ces personnes ?

Si un jeune ayant quitté l’école ne reçoit plus d’indemnités d’attente, si un chômeur risque de retomber bien vite sous le CPAS et si un pensionné reçoit une pension trop faible… ils vont devoir accepter tout boulot qui se présente. La Voka organise la concurrence entre travailleurs afin de procéder à un détricotage sans précédent des droits de ceux qui ont encore du travail. Voici ce dont rêve la Voka :

• L’extension du système des chèques services.

• La généralisation des boulots d’intérim. Raccourcir les délais de préavis. Ceux qui ont du travail doivent pouvoir être licenciés plus rapidement. Et les travailleurs doivent être à la disposition de leur patron jour et nuit.

• Les heures supplémentaires ne font plus l’objet d’un sursalaire mais sont payées comme des heures normales. Le temps de travail total est fixé sur base annuelle.

• Les salaires et les conditions de travail à la baisse. Terminé, les conventions collectives de travail par secteur (CCT), mais de préférence des accords d’entreprise uniquement. Pour chaque travailleur, un salaire différent. De la sorte, chaque travailleur se retrouve seul lors de l’établissement de ses conditions de salaire et de travail.

11:37 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Pourquoi veulent-ils scissionner les impôts ?

La scission de l’impôt sur les sociétés figure en toute première place sur la liste des négociateurs. Là aussi, la source d’inspiration est chez les patrons.

Herwig Lerouge
12-12-2007

En 2006, les bénéfices du Top-20 des entreprises belges cotées en bourse étaient de 23 milliards d’euros : + 40 % en un an. Entre 2002 et 2005, les bénéfices des entreprises non financières ont plus que triplé. Mais, se plaint le président Van Deurzen de la Voka : « L’impôt sur les sociétés est bien trop élevé. Sur le plan fédéral, nous sommes tenus à 34 % alors que, chez nos voisins, on va vers 25 %. Je ne suis pas disposé à regarder le monde nous dépasser. »

 

En théorie, les entreprises paient donc 34 % sur leurs bénéfices. Dans les faits, elles ne paient pourtant que 25 % et ce, grâce à toutes sortes de cadeaux fiscaux. Avec la déduction de l’intérêt notionnel, elles ont reçu par exemple un cadeau de 900 millions d’euros.

Une partie du patronat flamand estime que, sur le plan belge, il ne peut obtenir assez rapidement une réduction de l’impôt sur les sociétés et ce, surtout à cause de l’opposition des syndicats. Il entend également mettre un terme à toute forme de solidarité au niveau belge, tant avec les travailleurs qu’avec le reste du patronat belge. Il veut que la richesse supérieure de la Flandre lui profite intégralement. « La Flandre est pressée », déclare Van Deurzen, de la Voka. « Nous nous trouvons dans une situation de guerre économique. Ces quinze dernières années, la Belgique a perdu 15 % de sa part du marché. (…) Nous devons rénover fondamentalement notre économie et passer à un modèle d’affaires reposant sur l’innovation. Cela ne se peut que si la Flandre peut mener sa propre politique économique. Le système fédéral nous paralyse1. »

La réaction des syndicats

Dans cette crise, l’appel des trois grands syndicats à l’importante manifestation du 15 décembre tombe à point. Ils veulent une manifestation pour plus de pouvoir d’achat ainsi que pour la défense d’une « sécurité sociale fédérale et forte », disposant de suffisamment de moyens pour maintenir nos soins de santé, nos pensions et notre niveau de vie au cas où nous tomberions dans le chômage. Et ce, dans tout le pays.

Plus nombreux nous serons le 15 décembre – Flamands, Wallons et Bruxellois –, plus fort sera le signal, plus forte la preuve que la scission n’est pas entre le nord et le sud mais bien entre la Voka et les travailleurs.

 

1 De Tijd. 27 janvier 2007.

11:35 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Pour les patrons flamands, la crise peut encore durer des mois ...

Gouvernement :: L’organisation patronale Voka derrière l'intransigeance du CD&V/NV-A

Tandis que la population s’inquiète de la diminution de son pouvoir d’achat, la priorité de l’organisation patronale flamande Voka est tout autre : la réforme de l’état.

Herwig Lerouge
12-12-2007

Le président de la Voka, Urbain Vandeurzen (à droite) est fier d'avoir mis les organisations patronales sur la même ligne: elles ont toutes soutenu les négociateurs flamands. Ici : le Ministre-président flamand Kris Peeters félicite Vandeurzen pour son élection à la présidence de la Voka. (Photo Belga)

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« Sans cet accord, la formation d’un nouveau gouvernement est impossible », a déclaré l’organisation patronale. Pour le Voka la « réforme de l’état » est une étape irréversible vers la scission de la sécurité sociale et des impôts.

Il est manifeste que c’est à la demande des patrons flamands, qui depuis un an à présent appuient le cartel CD&V/NV-A, que les représentants de ce cartel n’ont pas cédé lors des négociations gouvernementales.

En novembre 2006 déjà, l’organisation patronale Voka, Unizo et l’Union des employeurs chrétiens avaient dans une déclaration commune publié leurs revendications. Leur programme minimum prévoyait la régionalisation de la politique du marché du travail et de l’impôt sur les sociétés. Un mois plus tard, le cartel CD&V/NV-A transposait ces revendications dans son programme électoral.

L’influence des patrons flamands sur la formation du gouvernement est grande. Urbain Vandeurzen a déclaré lors du Congrès du Voka du 6 novembre : « Ces derniers mois, nous avons travaillé dur - tant en coulisses qu’en public - à la formation d’une base d’appui pour la réforme de l’état. Nous avons rassemblé sur une même ligne toutes les organisations patronales flamandes, Unizo, l’Union des employeurs chrétiens. Ce front soutient sans conteste la position des négociateurs fédéraux flamands. »

à présent que la formule orange bleue est devenue incertaine, le Voka a sauté sur l’occasion pour rappeler aux nouveaux démineurs-explorateurs-informateurs-formateurs sa liste de revendications flamandes.

11:26 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |