15/12/2007

Un blocage des prix tout de suite : oui, ja, yes !

Que peut et doit faire le Premier ministre contre les hausses de prix ?

En cette fin d’année, chaque famille va devoir batailler ferme pour maintenir son budget en équilibre. Le 15 décembre, juste avant les gros achats, il y aura encore un important rendez-vous : la manifestation syndicale.

Jo Cottenier
12-12-2007

Les syndicats mobilisent pour une manifestation sur le pouvoir d’achat et pour le maintien d’une « sécurité sociale fédérale et forte ».

 

Pour le pouvoir d’achat, des mesures urgentes sont nécessaires. Les travailleurs vont devoir les arracher au gouvernement Verhofstadt. Des mesures qui allègent vraiment la pression sur le budget familial. Pas seulement sur celui des plus démunis, pour qui Verhofstadt a prévu une aumône. Le gouvernement envisage par exemple de limiter si fortement le fonds mazout que même une famille dont l’homme et la femme ne gagnent chacun qu’un salaire minimal n’obtiendra d’intervention que si elle a… sept enfants à charge.Tous les travailleurs ont droit à une compensation pour le coût de la vie en hausse permanente.

Le tout doit être financé par des mesures qui font payer les monopoles des secteurs de l’alimentation, la distribution et l’énergie. Car cela n’a aucun sens de donner quelque chose d’une main aux travailleurs pour le leur reprendre de l’autre. Par exemple sous forme de TVA ou d’autres impôts plus élevés ou en réduisant encore les services publics.

Les revendications syndicales pour le 15 décembre indiquent la bonne direction1. Ci-dessous, nous essayons de formuler quelque chose de concret, bout par bout. De façon à pouvoir mieux l’obtenir.

1. Intervention active contre les augmentations de prix excessives

Ou, plus concrètement : un blocage des prix et des prix maximums fixés par la loi, tant pour l’énergie que pour les denrées alimentaires de première nécessité.

Avant la libéralisation, il y avait un certain contrôle de l’État sur les prix du gaz et de l’électricité. Aujourd’hui, Electrabel et les autres géants de l’énergie peuvent imposer des hausses de prix qui n’ont rien à voir avec l’évolution des prix des matières premières.

Dans le secteur de l’alimentation, ce sont les grands magasins et les grandes entreprises agro-alimentaires qui nous font payer bien trop cher. Jusqu’au 1er juillet 2004, l’État fixait un prix maximum pour le pain. Généraliser ce système à tous les produits de base permettrait aux ménages de dépenser moins.

2. Baisse des tarifs du gaz et de l’électricité : écrémage des bénéfices des monopoles

Cela peut se faire très simplement en réduisant la TVA sur le gaz et l’électricité de 21 à 6 % et en compensant le manque à gagner pour les caisses de l’État par un précompte sur les bénéfices des géants de l’énergie. Le gaz et l’électricité ne sont pas des produits de luxe, mais des besoins de base.

3. Élargissement du fonds mazout pour maîtriser la facture de mazout

Le fonds mazout doit être ouvert à toutes les familles, à l’exception des 10 % les plus riches (qui gagnent plus de 75 000 euros par an). Irréaliste ? Le président de la FGTB, Rudy De Leeuw, a calculé qu’avec les 2,6 milliards que l’orange bleue avait l’intention de refiler comme cadeau aux patrons, on pouvait donner à chacune des quatre millions de familles du pays… 1 000 litres de mazout de chauffage gratuitement ! La chose peut être financée par une taxe supplémentaire sur les bénéfices des monopoles de l’énergie.

1 Les intertitres de cet article sont les revendications des trois syndicats

Le tabou sur la hausse des salaires est absolument intenable

Blocage des prix, hausse salariale, un impôt équilibré… tout cela peut aider votre portefeuille à se maintenir un peu mieux à niveau.

  • La norme salariale doit disparaître et il faut des augmentations salariales plus substantielles
  • 17 % de plus que la moyenne européenne. La productivité des travailleurs belges bat tous les records. Pourtant, nos patrons continuent à discuter de modération salariale avec le gouvernement. Ils ont imposé une norme salariale qui met un carcan autour de toute augmentation salariale sérieuse.
  • L’essence et le diesel doivent être repris dans l’index
  • Sinon la liaison des salaires et des allocations sociales au coût de la vie reste une fiction. Dans les plans de l’ex-futur Premier ministre Leterme, ce dernier avait promis de lier les allocations sociales non seulement à l’augmentation de l’index mais aussi à celle des salaires (liaison au bien-être). Mais qu’est-ce que ça rapporte quand, en même temps, on bloque les salaires et on falsifie l’index ?
  • Les épaules les plus fortes doivent porter les charges les plus lourdes
  • Les syndicats manifestent aussi pour une fiscalité équilibrée. Il faut en finir avec la distribution, d’année en année, de nouveaux cadeaux au profit des plus riches et des bénéfices des entreprises (dernier en date : les intérêts notionnels). En finir aussi avec les diminutions des cotisations patronales car, ici aussi, seuls les bénéfices s’en portent mieux.
  • Les taux d’imposition des revenus les plus bas doivent diminuer (de 25 à 10 %) et les taux plus élevés doivent repasser au-dessus de 50 % (comme avant la réforme fiscale de Reynders, quand les super-riches étaient imposés à 52,5 et 55 %).

Et après le 15 décembre ?

Nous sommes dans une semaine décisive : le nombre de personnes qui manifesteront samedi 15 décembre pour le pouvoir d’achat et la solidarité dépendra de la mobilisation.

Et du nombre de manifestants et de leur combativité dépendra une fois de plus la suite qui sera donnée après la période de fin d’année. À ceux qui sont sceptiques quant à l’utilité d’une telle manifestation, disons : ce n’est que la première étape d’un plan de mobilisation et on ne peut s’attendre que l’action embraie tout de suite à la vitesse la plus haute.

Mais quand on rate une première accélération, on ne peut pas en atteindre une plus forte. Pour après les fêtes, on pense déjà à une journée nationale d’action, avec des concentrations régionales ou à une manifestation nationale en semaine. Avec grèves à la clef, bien entendu !

11:22 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Débat : Les excuses d’Electrabel et les réponses du PTB ...

Saint Nicolas a déposé un étrange cadeau dans les souliers du PTB. Deux directeurs d’Electrabel étaient présents à la soirée-débat sur le prix de l’énergie, organisée par le parti ce 6 décembre.

Mark Kennes
12-12-2007

Griet Heyvaert et Anne-Marie Godts, respectivement responsable des communications et responsable marketing chez Electrabel ont participé à un débat avec deux membres du PTB, Tom De Meester (spécialiste en énergie) et Jean-Marie Fretz (conseiller en énergie). Quelques répliques surprenantes.

 

Electrabel : « Nous ne pouvons vous garantir qu’il n’y aura plus de forte augmentation de prix. »

> Tom De Meester. Selon un rapport de la CREG (Commission de Régulation de l’Electricité et du Gaz), l’augmentation de 17 % pour le gaz, annoncée par Electrabel en juin dernier, sera réellement palpable sur les factures de 2008. Ce que vous aviez pourtant démenti dans un premier temps. Pour une famille moyenne, cela représente 172 euros de frais supplémentaires par an.

> Griet Heyvaert. Electrabel est soucieuse du prix élevé de l’énergie et reconnaît qu’il s’agit là d’un des plus importants problèmes sociaux du moment. Cette augmentation de prix est due au fait que les pays producteurs de gaz comme l’Algérie, la Russie et le Nigeria ont augmenté leurs tarifs.

> Tom De Meester. C’est faux. Le même rapport dit clairement que l’augmentation des tarifs internationaux est déjà comprise dans les tarifs appliqués par Electrabel. Quoi qu’il en soit, le rapport dit clairement que cette augmentation de prix est illicite. La majorité des recettes sera directement reversée aux actionnaires qui en 2006 avaient déjà encaissé un mégabénéfice de 2,3 milliards d’euros.

> Griet Heyvaert. Nous avons dû appliquer cette augmentation exceptionnelle suite à la rénovation des contrats avec nos fournisseurs de gaz. Des contrats que nous avons dû revoir à la hausse.

> Tom De Meester. Pourtant selon le rapport de la CREG, aucun de ces contrats n’a été revu à la hausse. Au contraire.

> Griet Heyvaert. Nous avons également dû faire face à des circonstances particulières. En prévision de la libéralisation du marché wallon et bruxellois en 2007, on nous a demandé en septembre 2006 de procéder à une première estimation des tarifs. Notre estimation était trop faible et nous avons dû la corriger par la suite.

> Tom De Meester. Cela veut-il dire qu’Electrabel n’appliquera plus jamais une aussi forte augmentation de prix à présent que la libéralisation est une réalité ?

> Griet Heyvaert. Ça je ne peux pas vous le garantir.

« Pourquoi Electrabel investit en Pologne et pas ici ? Simplement parce qu’elle pense pouvoir réaliser de plus gros bénéfices là-bas. »

> Tom De Meester. La libéralisation était censée faire chuter les prix. En réalité, c’est carrément le contraire qui s’est produit.

> Griet Heyvaert. Lorsque l’Union européenne a décidé fin des années 90 de libéraliser le marché de l’énergie, il existait un surplus d’électricité et de gaz. Dans de telles circonstances, un libre marché aurait dû entraîner une diminution des prix. Malheureusement, ce surplus n’existe plus aujourd’hui. Selon la CREG, la Belgique sera même confrontée à un manque de 4 000 mégawatts d’ici 2015.

> Tom De Meester. Ce déficit n’est pas le fond de l’affaire. C’est au contraire une conséquence de la libéralisation et du sous-investissement des grandes entreprises au niveau de la capacité de production, Electrabel en tête. Pourquoi Electrabel investit en Pologne et pas ici? Simplement parce qu’elle pense pouvoir réaliser de plus gros bénéfices là-bas. Les décisions prises ont pour but de maximiser les profits à court terme plutôt que de garantir l’approvisionnement à long terme.

> Griet Heyvaert. Avant la libéralisation, nous avions des plans qui s’étendaient sur 10 ans. La disparition de cette planification est une des causes du déficit. Nous avons dû réduire nos investissements car nous n’avons plus autant de garanties quant au nombre de clients. Mais vous ne pouvez pas nous reprocher de ne pas investir, car le monde politique nous demande de réduire notre part de marché pour favoriser une plus grande concurrence.

Chez Electrabel aussi certains pensent que l’ancien système était préférable. Peut-être que les prix auraient été moins élevés sans libéralisation mais l’Europe ne nous a pas laissé le choix.

> Jean-Marie Fretz. Vous expédiez vite les choses. N’oubliez pas que c’est monsieur Mestrallet, le grand patron de Suez, et d’autres grands patrons de multinationales qui ont poussé et appuyé la libéralisation du marché de l’énergie dès 1995 lors de la Table ronde des industriels européens (ERT). Et qui ensuite sont allés frapper à la porte de la Commission européenne pour libéraliser le marché. Et ils ont réussi.

> Griet Heyvaert. Mais qui suis-je donc pour contredire monsieur Mestrallet ...

PTB : « En France, les prix sont plus bas qu’ici car ils sont contrôlés »

> Anne-Marie Godts. Depuis la libéralisation, la chaîne de production est rompue. Electrabel n’est donc plus le seul à déterminer les prix. Mais je peux donner des conseils qui permettront à chacun de réduire sa consommation et donc sa facture.

> Jean-Marie Fretz. Ces conseils nous les connaissons déjà. Ce que nous aimerions savoir c’est ce qu’Electrabel a l’intention de faire pour diminuer nos factures ?

> Griet Heyvaert. Nous faisons de notre mieux. Les prix de l’électricité sont 24 % plus bas qu’aux Pays-Bas et 26 % qu’en Allemagne.

> Tom De Meester. Mais plus chers qu’en France... où il existe une entreprise publique (EDF) et un prix maximum pour l’énergie. Nous préconisons nous aussi l’introduction d’un tarif maximum. C’est tout à fait possible, grâce aux superprofits d’Electrabel, mais il est clair que cela se fera au détriment des actionnaires.

> Griet Heyvaert. Pour l’Union européenne, un prix maximum est inacceptable.

> Tom De Meester. Mais pour le consommateur c’est tout à fait acceptable. Ce qui est possible en France, l’est aussi chez nous. Nous préconisons en outre une taxe sur les profits qu’Electrabel tire injustement de ses centrales électriques qui en réalité ont été payées par la population. Actuellement, Electrabel paie moins d’1 % d’impôt sur son bénéfice total. Cela doit changer, cet argent doit servir à réduire les tarifs et financer les sources d’énergie renouvelables.

> Griet Heyvaert. Ces bénéfices sont un élément positif pour la Belgique puisqu’ils nous permettent d’investir et de créer de l’emploi. Depuis 2003, l’emploi dans le secteur de l’électricité et du gaz a augmenté de 10 %. Electrabel et sa maison mère Suez continueront au cours des prochaines années à engager des centaines de personnes. Les centrales ont par ailleurs permis de stabiliser les prix en Belgique. Dans les autres pays, la hausse est beaucoup plus rapide ! Le patron de NUON a déclaré il y a deux jours que les prix étaient trop bas chez nous, que nos tarifs le désolaient.

> Tom De Meester. Ce sont surtout les consommateurs qu’ils désolent. Bref, il ressort clairement de cette discussion que le secteur énergétique doit redevenir un service public.

11:17 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Charleroi • Pollution sidérurgique: ouvriers et riverains solidaires ...

La région de Charleroi est le point de mire en ce qui concerne la concentration de particules fines1, extrêmement dangereuses pour la santé.

21-02-2007

11:04 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |