11/12/2007

Les chiffres choc de la vie chère et ... des profits capitalistes:

05-12-2007

 

+ 53 %. C’est la hausse du prix de la pomme de terre entre janvier 2006 et octobre 2007. La patate a subi ainsi la hausse en pourcent la plus forte de tous les produits de première nécessité.

 

+ 25 à 30 %. C’est la hausse prévue par Test-Achats pour le gaz en 2008 fourni par Electrabel. La hausse de la facture Luminus se situerait entre 10 et 15 %. Les fournisseurs répercutent déjà les hausses prévues en 2008 dans les factures intermédiaires envoyées aujourd’hui.

 

70 cents par litre. C’est le prix record atteint par le mazout de chauffage. 1 400 euros pour remplir sa cuve de 2 000 litres.

La hausse du prix du mazout entre le mois d’octobre et de novembre, + 0,93 %, est la plus forte hausse enregistrée en un mois depuis 1985.

 

2/3 profitent. Les grands magasins profitent. Une étude réalisée par la Haute école de management Vlerick révèle que les géants de l’alimentaire répercutent au consommateur une hausse beaucoup plus importante des prix que celle due à la hausse du prix des matières premières. Ce sont 55 % des multinationales de l’agro-alimentaire et 67 % des chaînes de grands magasins qui l’avouent.

 

– 0,9 %. Le salaire horaire moyen a diminué en termes réels de 0,9 % entre octobre 2006 et octobre 2007.1

 

750 euros. La part des salaires dans le revenu national diminue au bénéfice de nos patrons. Soit selon le rapport du Conseil central de l’économie, l’équivalent d’une perte de 750 euros par salarié par an. Alors que nous sommes toujours plus productifs. « Les travailleurs en ont assez de voir comment les entreprises s’en tirent sans effort. Combien d’argent atterrit dans les poches des actionnaires. Comment les top-managers se paient royalement. Et comment ainsi la part des travailleurs diminue encore », a dit Luc Cortebeeck, le président de la CSC.

 

1 000 litres. « L’orange bleue a prévu une nouvelle diminution de charges sociales pour les patrons. Au total, il y en aura pour 2,6 milliards d’euros. C’est l’équivalent de 1 000 litres de mazout pour chacune des 4 millions de familles belges », a dit Rudy De Leeuw, président de la FGTB.

 

23 milliards. Le top 20 des entreprises belges cotées en Bourse a fait un bénéfice de 23 milliards d’euros en 2006 (une hausse de près de 40 % par rapport à 2005).

1 Belga, 29 novembre 2007

19:26 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

09/12/2007

Les partis "socialistes" passent au détecteur syndical ...

Nous avons passé les dirigeants du PS et du SP.a au détecteur syndical : soutiennent-ils réellement les revendications du 15 décembre ?

David Pestieau
05-12-2007

Test 1 : Pour une augmentation du pouvoir d’achat

 

Le PS et le SP.a ont été au gouvernement 18 ans et sans interruption. Dix ans avec les chrétiens-démocrates. Quatre ans avec les libéraux et les écologistes. Puis encore quatre ans avec les libéraux.

Le monde du travail a dû, au cours de cette période, céder 8 % de la richesse intérieure (PIB) aux revenus du capital. Le journaliste Paul Goossens a parlé d’un « transfert de revenus phénoménal au détriment des salariés ».

Une étude publiée la semaine dernière par le professeur anversois Jan Vrancken démontre que les 10 % des Belges les plus pauvres ne reçoivent que 1% des revenus totaux. Les 20% les plus riches reçoivent 43 % des revenus totaux. Et bien, les plus pauvres ont vu leur part dans les revenus réduite de moitié de 2000 à 2004. L’inégalité des revenus durant cette période a fortement augmenté, affirme le professeur1 : une période où les socialistes étaient au pouvoir.

C’est en 1996 que le gouvernement a imposé la norme salariale dans les négociations salariales. Résultat : la norme ne permet qu’une hausse d’un demi pourcent cette année au-dessus de l’index santé. Tandis que les top-managers se sont accordé une augmentation moyenne de 23 %. Les socialistes ne leur ont jamais imposé de norme.

Et la hausse des prix du gaz et de l’électricité est largement due à la libéralisation du secteur, votée aussi par les socialistes le 24 avril 1999.

Test 2 : Pour une fiscalité plus équilibrée

Avec les libéraux, les ministres socialistes ont supprimé les barèmes fiscaux les plus élevés (à 52,5 % et à 55 %) qui imposaient davantage les plus riches. Alors que les charges fiscales, les taxes régionales et les impôts communaux ont augmenté pour les bas et moyens revenus, sans compter la hausse de la TVA.

Ils ont permis, avec les libéraux, une amnistie fiscale sans précédent (à deux reprises) et accordé des cadeaux fiscaux, comme les intérêts notionnels qui vident aujourd’hui les caisses de l’État.

Test n°3 : Pour une sécurité sociale fédérale forte

Le SP.a défend la régionalisation du marché du travail. « La réglementation sur les allocations de chômage, sur les prépensions, sur le crédit temps, sur le travail intérimaire (…) doivent être intégralement gérés par les Régions1 », ont défendu à plusieurs reprises la présidente Gennez et l’ex-président Vande Lanotte.

Cette régionalisation toucherait la caisse des allocations de chômage. Si on devait toucher un pion de la sécurité sociale, elle s’effondrerait au niveau fédéral comme un domino.

Le PS défend, quant à lui, une sécurité sociale fédérale. Mais il a tendance à opposer comme tous les grands partis traditionnels les travailleurs du sud et du nord du pays. Au lendemain du vote sur BHV, il a parlé de l’affront subi par les francophones. En dix-huit ans au gouvernement, il n’a jamais parlé d’affront subi par les travailleurs du pays. Ni au moment du pacte des générations, ni au moment des restructurations de Ford, VW ou de la faillite de la Sabena.

 

Résultat : Le SP.a ne passe aucun des tests du détecteur syndical et le PS en passe un difficilement.

 

1 De Tijd, 30 novembre 2007 • 2 Intentieverklaring Vande Lanotte et Gennez, septembre 2005, http://www.s-p-a.be

 

12:02 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

La Poste • La fermeture des bureaux de poste est une décision politique ...

Est-il vrai que les syndicats soutiennent le plan qui condamne 277 bureaux de poste cette année ? Nous avons posé la question au permanent CSC Albert Leydens.

Tom De Meester
21-02-2007

« Peut-être qu’à la longue, dans une ville comme Gand, il ne restera que deux ou trois bureaux de poste », avertit le secrétaire syndical CSC Albert Leydens. (Photo Solidaire, Tom De Meester)

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De facteur à permanent syndical
Albert Leydens a commencé en 1973 comme facteur à Gand 1. « Les belles années de La Poste ! » Depuis 1999, il est permanent régional de la CSC-Transcom, secteur poste. Il est responsable pour toute la Flandre-Orientale. C’est aussi un homme interpellé par le social. « Sinon, on ne tient pas le coup dans le syndicat. Secrétaire syndical, c’est un boulot de sept jours sur sept, jour et nuit. Ça ne vous lâche pas ! »


Lors d’une soirée d’info à Gand, le secrétaire d’État aux Entreprises publiques Bruno Tuybens (SP.a) a prétendu que les syndicats appuyaient ce plan de fermeture. C’est exact ?

Albert Leydens. [Fronce les sourcils.] Bien sûr que non ! Le plan de fermetures de bureaux de poste a été élaboré par le gouvernement et La Poste. Il a été repris dans le quatrième contrat de gestion. Quand nous avons eu le texte sous les yeux, nous l’avons désapprouvé. Les trois syndicats, d’ailleurs.

 

Selon Emmanuel Foulon, porte-parole de La Poste, il y a sûrement un millier de bureaux de poste déficitaires. On en reste à 277 fermetures ?

Albert Leydens. Ne vous faites pas d’illusions. Je lis dans le nouveau contrat de gestion que La Poste a conclu avec le gouvernement que, d’ici 2009, il resterait au maximum la moitié des 1 300 bureaux existants encore aujourd’hui. Peut-être qu’à la longue, dans une ville comme Gand, il ne restera que deux ou trois grands bureaux…

 

Moins de bureaux, ça veut dire aussi moins d’emplois : deux mille jobs seraient menacés.

Albert Leydens. Ici, je ne puis vous donner de chiffres précis. Mais qu’il y aura des pertes d’emploi, ça ne fait pas un pli. Vous savez, une restructuration comme à La Poste, il n’y en a encore jamais eu en Belgique. Naguère, nous étions la plus grosse entreprise belge. Huit mille emplois ont disparu ces dernières années. J’ai vu la chose commencer, mais je ne sais pas où elle va finir.

 

Les bureaux de poste qui ferment aujourd’hui sont les moins rentables. Ce n’est pas pour rien qu’ils se trouvent dans les quartiers les moins nantis…

Albert Leydens. Naturellement, ce sont les plus âgés et les moins nantis qui sont les plus touchés par les fermetures. Ils ne font pas de virements par internet et, pour eux, un bureau de poste local est très important. Les syndicats ne cessent de rouspéter, mais on ne nous écoute pas. Que reste-t-il du rôle social de La Poste ? Que reste-t-il de ce service à tous, dont tous sans distinction peuvent faire usage ?

 

Le secrétaire d’État Tuybens dit que les personnes âgées n’ont qu’à coller un mot à leur fenêtre pour le facteur pour qu’il sonne.

Albert Leydens. [Incrédule.] Il a dit ça ? Et ils iraient chercher le temps où, les facteurs ? Chaque pas qu’un facteur fait est mesuré à la seconde par un système informatique qui s’appelle Georoute. Pour distribuer cent dépliants, par exemple, vous avez 3 minutes 46 secondes.

 

Et combien de temps un facteur a-t-il pour sonner à une porte ? Pour vendre des timbres ou emporter un recommandé ?

Albert Leydens. Zéro minute.

 

Vous voulez rire ?

Albert Leydens. Je suis sérieux : exactement zéro minute, zéro seconde !

 

Le secrétaire d’État Tuybens prétend qu’il y a du temps prévu pour ça…

Albert Leydens. Qu’il vienne me le prouver ! Je dis qu’un facteur n’a pas une seconde prévue pour faire du service social, pour aider les gens, pour vendre des timbres ou quoi que ce soit. Deux minutes seulement sont prévues chaque jour pour « infos à la clientèle » et c’est précisément ces deux minutes que la direction veut désormais supprimer.

 

En décembre dernier, le conseil communal de Gand a adopté une motion contre la fermeture des bureaux de poste. Le bourgmestre affirme qu’après des semaines de pourparlers, il a obtenu du patron de La Poste qu’avant de fermer un bureau, il faudra ouvrir un point-poste dans le même quartier…

Albert Leydens. Cette concession a été faite sous l’impulsion des syndicats, je peux le dire. Mais un point-poste dans un supermarché ne peut remplacer un bureau de poste à part entière, que ce soit clair. Moins de service, on peut s’y adresser pour des timbres, pour envoyer une lettre, ce genre de trucs. L’offre est limitée, et il y a un problème évident de vie privée.

 

Nous n’avons pas le choix, dit le gouvernement, car…

Albert Leydens. [Il interrompt.] Pas le choix ? La fermeture de 277 bureaux de poste est un choix délibéré, une décision politique claire. Ne faisons pas l’autruche, de grâce !

Les pouvoirs publics n’ont pas d’argent pour maintenir tous les bureaux ouverts, dit Tuybens. La Poste dépend des investisseurs privés. Et ceux-ci n’ont d’yeux que pour les bénefs...

Albert Leydens. La Poste a besoin de partenaires. En tant que petite entreprise belge, on ne peut survivre en Europe. Là, je peux comprendre Tuybens. La question est de savoir quels partenaires. Le gouvernement a opté pour la poste danoise et CVC. Mais CVC est ce qu’on appelle un groupe de capital à risque qui n’est intéressé que par une chose, le profit à court terme. CVC ramasse 25 % de bénéfices, le politique ne doit pas faire comme si ça tombait du ciel. Les groupes de capitaux à risque jouent gros sur la table, ils palpent de gros bénefs et au bout de deux ou trois ans, au revoir les frères : à la vache à lait suivante.

 

Si cela ne dépendait que de l’Europe, La Poste serait entièrement « libéralisée » pour 2009. Chaque firme privée pourra alors se lancer d’elle-même dans des activités postales. Cela veut-il dire que je verrai trois facteurs différents dans ma rue chaque matin ?

Albert Leydens. Vous risquez plutôt de ne plus en voir un seul. Aujourd’hui, La Poste distribue encore le courrier dans tous les bleds les plus perdus du pays, cinq jours par semaine. Est-ce rentable si La Poste entre en concurrence avec le privé ? Nous allons devoir payer plus pour moins de service. En Suède, la poste a été libéralisée et on paie 90 % de plus pour un timbre. Question à cent balles : qui s’en porte mieux ?

 

Oui, qui ?

Albert Leydens. Toujours les mêmes, tiens. Ceux qui s’en tirent déjà très bien maintenant s’en portent encore mieux. Et le citoyen ordinaire reste en plan.

11:56 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |