03/12/2007

Libéralisation de l’énergie : le citoyen sera-t-il encore le cochon payeur ?

Depuis la libéralisation de l’électricité et du gaz, une chose est sûre : les factures vont augmenter. Jusqu’où ira-t-on ? demande la section locale du PTB de Herstal.

Jean-Marie Fretz
07-02-2007

Il y a 10 ans maintenant que les ministres européens (entre autres PS) ont voté la libéralisation du gaz et de l’électricité, mais aussi de la poste et du chemin de fer. Et cela suite à une demande de la Table ronde des industriels1 qui ne voulait plus du service public car il y avait pour eux de l’argent à prendre.

 

Depuis le 1er janvier de cette année, la libéralisation du gaz et de l’électricité est un fait en Wallonie. Cela a déjà amené quelques petits problèmes.

En effet, les usagers s’aperçoivent que leurs domiciliations vers les anciennes intercommunales ALG et ALE en région liégeoise ont été changées sans leur consentement en domiciliations vers la SPE (changement d’intitulé et de no de compte). Souvent des clients de la banque Dexia. De quel droit les institutions bancaires font-elles cela ?

Et la majorité des citoyens laissent faire. De peur peut-être de tomber sans électricité ?

De plus, élections obligent, les tarifs n’ont été connus qu’à la mi-septembre 2006. Il faudra sûrement attendre la mi-mai pour que les élus locaux commencent à informer leurs administrés sur la libéralisation de l’énergie en général et peut-être aussi sur celle de la poste et celle du chemin de fer.

Puisqu’ils le savaient depuis 10 ans, pourquoi ont-ils attendu si longtemps pour mettre en place ce processus ? Simplement parce qu’ils se sont aperçus qu’ils avaient fait une bourde et, élections obligent, le plus tard était le mieux !

Le ministre Antoine s’aperçoit (mais un peu tard) que le prix de l’éclairage des autoroutes va fortement augmenter. Par une idée lumineuse, il souhaite ajouter une taxe en plus au cochon de payeur que nous sommes. Celle-ci devrait être de 10 à 15 ¤ par ménage.

Les communes aussi voient leur budget chauffage et éclairage exploser avec des hausses de ± 15 % pour les bâtiments publics et de ± 40 à 70 % pour l’éclairage public. Ici aussi nous allons sûrement avoir une taxe supplémentaire. Quelles seront les conséquences pour les minimexés, les sans-emploi et les pensionnés qui n’arrivent déjà presque plus à nouer les deux bouts ?

Alors qu’il suffirait de recréer une société publique d’achat, ce qui est pour nous la seule alternative acceptable. Les élus du PTB ne manqueront pas de se battre contre toute nouvelle taxe.

Il est heureux que le PTB en ait fait son cheval de bataille pour les élections communales, notamment à Herstal, et ait ensuite organisé des séances d’information, puisque l’administration communale n’a encore rien fait jusqu’à ce jour.

Allons, messieurs du PS, prenez vos responsabilités pour une fois et assumez votre bourde. Vous vous êtes laissés berner par les grands industriels, demandez-leur de financer le surcoût ou alors faites marche arrière.

L’électricité, le gaz et le mazout de chauffage ne sont pas des produits de luxe, mais de première nécessité. Commencez déjà par adapter le taux de TVA (de 21 à 6 %) et ensuite faites que ces produits soient gérés par l’état et pas par le privé.

Pour une fois, faites que le « S » de PS devienne le « S » de social au véritable sens du terme, comme vous prétendez l’être, et pas le « S » de scandaleux ou sombre comme c’est souvent le cas ces derniers temps suite à votre politique anti-sociale, voire frauduleuse dans certains cas.

Cette libéralisation va nous coûter un peu plus de 10 % de plus que nos anciennes factures. Mais ce n’est pas grave, puisque l’on gagne si bien sa vie dans notre beau pays ! Enfin, vous, peut-être, messieurs les politiciens !

1 Lobby qui regroupe les grandes multinationales européennes

* Jean-Marie Fretz est responsable des permanences « gaz et électricité » du PTB à Herstal. Pour plus d’information : 04/248 85 87

> Herstal • Le conseil communal débute à la lueur d’une bougie...

20:53 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Démocratie • Plus d’ouvriers au Parlement ?

Il faudrait plus d’ouvriers au Parlement, affirme Vande Lanotte, président du SP.a. Le monde du travail n’y est plus représenté, confirme la ministre Onkelinx. Sûr : notre graphique montre combien la Chambre des Représentants est peu... représentative de la population. Mais cela suffit-il ?

Marco Van Hees, Gaston Van Dyck
07-02-2007

La composition de la Chambre

Pourcentage selon la profession d’origine (Entre parenthèses : pourcentage de la profession dans la population)

 

PROFESSIONS SUPERIEURES
54 %
Avocats
22 % (0,3 %)
Chefs d’entreprise
7 % (0,7 %)
Médecins, pharmaciens, dentistes
6 % (0,7 %)
Bourgmestres, échevins, ex-ministres...
15 % (0,1 %)
Cadres
4 % (6 %)
EMPLOYES PRIVE & PUBLIC
44 %
Enseignants
16 % (2,5 %)
Employés
17 % (17 %)
Fonctionnaires
11 % (3 %)
Ouvriers

 

1 % (14 %)
Etudiants
1 % (4 %)

Notre graphique montre à quel point le Parlement (ici la Chambre) est peu représentatif de la population. Exemple le plus frappant : un député sur cinq est ou a été avocat (22 %). Dans la population, ils ne sont que... 0,3 %. D’une manière générale, plus de la moitié des députés exercent ou exerçaient des professions supérieures. Par contre, il n’y a que 1 % d’ouvriers, alors qu’ils sont 14 % dans la population. La population non active (pensionnés, invalides, chômeurs...) ne se retrouve pas non plus au Parlement. Même écart pour les études suivies : trois quarts des députés ont un diplôme universitaire, alors qu’ils ne sont que 12 % dans la population.

 

 

 

 

« Ce qui importe surtout, c’est la vision politique que l’on a »

Nadia Moscufo, élue PTB à Herstal, travaille comme caissière chez Aldi et est déléguée syndicale. Que pense-t-elle de l’idée de Vande Lanotte et Onkelinx...

Avoir des ouvriers au Parlement, ce serait une bonne chose, non ?

Nadia Moscufo. Je comprends que les dirigeants socialistes aient besoin de redorer leur blason. Quand on voit par exemple le Pacte des générations [attaque des prépensions], on constate qu’ils ont accepté une logique heurtant de front ce que vivent les travailleurs...

 

Justement, si les socialistes avaient des élus ouvriers au Parlement, peut-être leur politique serait-elle différente...

Nadia Moscufo. Croire que parce qu’il y a des travailleurs au Parlement, la politique répondra aux besoins des travailleurs, j’ai un doute... Je crois que cela dépend surtout de la vision politique que l’on a. Chaque fois que les socialistes mènent une politique antisociale, ils disent qu’ils n’ont pas pu faire autrement. C’est la faute des flamands, la faute des libéraux, la faute de l’Europe...

Dans l’histoire, quand les socialistes ont pris position en faveur des travailleurs, cela n’a jamais été de leur initiative. C’était soit parce qu’il y avait de grands mouvements sociaux dans la rue, soit – pour prendre le cas de l’Italie, dont mon père m’a beaucoup parlé – parce que le parti communiste était assez fort que pour mettre la pression.

 

Parmi les quinze élus communaux du PTB, il y a dix médecins (salariés), un employé, un ouvrier de la chimie, une caissière, une aide-soignate et femme au foyer. Commentaire ?

Nadia Moscufo. Au PTB, on veut devenir le grand parti des travailleurs. Mais nous ne le sommes pas encore. N’oublions pas que le parti est né dans les révoltes étudiantes. Les travailleurs doivent être partie intégrante du PTB. Nous faisons la politique pas seulement pour les travailleurs, mais aussi avec les travailleurs.

« Mieux vaut un du PTB que dix du SP.a »

Johan Clabau, facteur et ex-président SP.a du Westhoek (Flandre occidentale) est passé au PTB après le Pacte des générations.

Que penser de l’appel de Vande Lanotte ?

Johan Clabau. Imaginez qu’après l’appel, les travailleurs arrivent au Parlement via le SP.a. Cela ne change rien au programme de ce parti. Il s’est déshabitué de faire quelque chose contre les multinationales et il emboîte le pas dans la logique de la modération salariale. On ne change pas ça en ralliant quelques travailleurs.

Bien des membres de la FGTB ont encore une carte de membre du SP.a, souvent avec les intentions les meilleures. Mais quand ils ont mené des actions contre le Pacte des générations, le SP.a a surtout essayé de stigmatiser les pionniers de cette lutte. C’est également ce qu’il a fait quand les travailleurs des Forges de Clabecq ou de Renault se sont battus pour leurs emplois et, plus récemment, ceux de VW.

Ce n’est pas Vande Lanotte qui va me convaincre. Pour cela, son parti va bien trop loin dans les privatisations. Je travaille à La Poste et là, il y a Georoute, la fermeture des bureaux, le démantèlement du statut...

 

Quelle importance y a-t-il à ce que les travailleurs reçoivent une représentation au Parlement ?

Johan Clabau. Une très grande importance. Mais alors, il faut des gens qui soient vraiment à leurs côtés. C’est pourquoi un travailleur du PTB au Parlement aurait bien plus de valeur que dix du SP.a. J’ai travaillé pendant 25 ans pour le SP.a mais, à la longue, je ne pouvais plus accepter qu’on ne nous écoute jamais.

J’ai pu voir que le PTB fait vraiment ce qu’il annonce. Il a eu beaucoup de nouveaux membres après la lutte contre le Pacte des générations. Le PTB est en plein renouveau, je suis convaincu qu’il a tout ce qu’il faut pour devenir un véritable parti ouvrier.

Le SP.a promet n’importe quoi, mais ce qu’il fait au gouvernement n’a rien à voir avec ses promesses. C’est pourquoi il perd tant de ses membres ouvriers. Ce n’est pas Vande Lanotte qui va arrêter ça...

18:42 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Schizophrénie • Appelons-le... Elio

Un schizophrène ne doit pas être emprisonné, mais soigné, défend le journaliste Michel Collon dans cette lettre ouverte au président du PS, Elio Di Rupo.

07-02-2007

Monsieur Di Rupo,

Je vous écris pour vous demander de faire cesser au plus vite ce scandale : un jeune schizophrène de trente ans est emprisonné à Mons depuis quatre mois au lieu d’être soigné. Ceci met sa vie en danger et aggrave les souffrances déjà épouvantables de ses parents.

Vous me direz peut-être : « Adressez-vous à la ministre de la Justice » ? Eh bien, le problème, c’est qu’elle ne répond jamais. Alors, espérant que vous n’avez pas perdu, vous, la clé de votre boîte aux lettres, je vous demande d’intervenir au plus vite auprès de votre collègue, car il y a urgence.

Ce jeune homme est le fils de deux Montois d’origine italienne, Giacomina et Pietro. Leur fils s’appelle... En fait, me disent ses parents, « quand notre fils sera libéré, peut-être qu’il n’aimera pas voir son nom étalé partout ». Alors, donnons-lui un nom d’emprunt, comme on fait parfois dans les journaux. Appelons-le... « Elio ». N’y voyez aucune ironie de ma part, je veux juste souligner que cette maladie frappe ou frappera une personne sur cent.

Moi aussi, je pensais que « ça n’arrive qu’aux autres ». Mais j’ai changé d’avis quand ma propre fille, Marie, a été atteinte de schizophrénie. Elle a vécu plusieurs années terribles avant de mettre fin à ses souffrances. Elle avait 27 ans. C’était il y a un an et demi.

Un schizophrène n’est pas un délinquant, c’est juste un malade. Il est victime d’une sorte d’hypersensibilité. Son cerveau fonctionne « trop vite, trop fort ». Du coup, il « perçoit » des sons, des images, des sensations qu’il a du mal à interpréter. Ceci le plonge dans l’angoisse. Et il commence à construire des interprétations, des théories délirantes permettant de « justifier » ce que les autres, forcément, ne perçoivent pas. Et comme ses proches nient sa « réalité », le malade sombre dans la paranoïa.

C’est exactement ce qui est arrivé au jeune « Elio ». Sa maladie est apparue à l’âge de 18 ans, et depuis lors, sa vie est fichue, et ses parents aussi vivent un enfer. Alors, pourquoi, bon sang, le jeune « Elio » a-t-il été emprisonné le 21 septembre ? Suite à une altercation verbale – je souligne : verbale – avec un médecin de l’institut psychiatrique où il se trouvait à sa propre demande. Dans un moment de colère contre des injections répétées de médicaments abrutissants, il a déclaré « Je vais te tuer » à ce médecin. Mais tous les schizos disent des choses comme ça, je l’ai moi-même entendu plusieurs fois dans la bouche de ma pauvre fille.

La seule place qui convienne à un schizophrène, c’est un foyer où il sera entouré de l’affection rassurante des siens. Ou alors, dans les périodes de crises aiguës, dans un institut spécialisé et compétent. Mais il apparaît qu’en Belgique, ces institutions manquent de place, car elles manquent de subsides. En 1998, notre pays a été condamné par la Cour européenne de Strasbourg pour avoir détenu en prison une personne qui aurait dû être soignée dans un établissement spécialisé.

Visité en prison par sa mère, le jeune « Elio » l’a quittée en lui disant : « Prie pour moi, Maman, car ou bien je vais au paradis ou bien je vais en enfer. » Les suicides sont hélas fréquents chez les schizophrènes. Soyons clairs : laisser « Elio » en prison, c’est le condamner à mort.

Il est temps que la Belgique apporte un peu d’humanité dans sa « Justice ». Prenez vos responsabilités, s’il vous plaît !

Michel Collon

18:37 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |