20/01/2008

Comment (bien) manger sans se ruiner ?

Coût de la vie :: Ce que montre la dernière enquête statistique

« Avant, pour 80 euros, je faisais les courses de la semaine. Aujourd’hui, il m’en faut presque 100. » Les produits alimentaires coûtent de 2 à 12% plus cher. Et ce sont les ménages à plus bas revenu qui en souffrent le plus. Que faire ?

Alice Bernard
05-09-2007

Friterie

Faut-il laisser les gens trouver des astuces pour manger moins cher ou pousser le gouvernement à prendre des mesures de limitation des hausses de prix ? (Photo Solidaire, Salim Helallet)

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Tout augmente : après les carburants et l’immobilier, c’est au tour des produits de base, surtout alimentaires. Le lait (+ 10%), les oignons (+ 15%), les œufs (+ 13%), la farine (+ 9%), mais aussi l’assurance-auto (+ 8%), les frais bancaires (+ 8%),… Pour la plupart, il s’agit de produits dont on a besoin au quotidien.

Certaines marchandises sont cependant à la baisse : les télés couleurs, les lecteurs/graveurs DVD, les caméscopes ou encore les appareils photo. Le genre d’achats qu’on ne fait pas tous les jours.

En résumé, l’indispensable augmente, le superflu diminue.

Et surtout, nos salaires ne suivent pas. Car, suite à différents mécanismes, l’index est appliqué avec retard (il faut souvent attendre un an). Et les patrons essayent d’imposer des normes salariales à chaque négociation.

Toutes ces augmentations de prix pèsent très lourd, surtout dans les ménages à bas revenu. La toute dernière enquête sur le budget des ménages réalisée par l’institut des statistiques1 montre qu’en 2005, les ménages les plus pauvres consacraient 78,5% de leur budget pour les besoins de base. Tandis que les ménages les plus riches dépensaient 60,5% de leur budget pour les mêmes postes.

Part dans le budget (en %)

Les plus pauvres

Les plus riches

Alimentation
17,11
14,22
Logement
39
19,4
Eau, gaz, électricité
7,68
4,81
Santé
5,16
3,75
Transports
9,53
18,56

Total

78,5

60,5

L’écart est criant. Et avec toutes les augmentations qui sont arrivées ces derniers mois, il est clair que les fins de mois sont de plus en plus difficiles pour de nombreux portefeuilles. D’autant plus que le pain à 2 euros ne représente pas la même chose pour un jeune ouvrier débutant qui touche 1000 euros par mois que pour un manager qui empoche chaque mois 100 000 euros.

Alors, comment (bien) manger sans se ruiner ?

Aller dans des magasins moins chers, faire la chasse aux bons de réduction, manger moins de fruits et légumes, cultiver soi-même des patates,… chacun a sa ou ses solutions. Mais au fond, alors que nous produisons toujours plus de richesses dans nos pays prospères, pourquoi devrions-nous nous priver ? N’y a-t-il rien d’autre à faire ? N’est-il pas grand temps que le futur gouvernement inscrive dans son futur programme des mesures pour faire en sorte que tout le monde puisse manger sans se ruiner? Voici quelques suggestions:

• Appliquer un prix maximal aux produits alimentaires, et surtout aux produits de première nécessité.

• Instaurer une liaison effective des allocations sociales (chômage, maladie, invalidité, pension,…) à la prospérité de l’économie (ce qu’on apelle la liaison au bien-être).

• Augmenter les salaires minimaux.

 

1 http://www.statbel.fgov.be/figures/download_fr.asp#dec

19:20 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Des livreurs pour remplacer les facteurs ?...

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Des livreurs pour remplacer les facteurs ?
La Poste :: Nouveau plan d’entreprise, nouveau métier en vue

Votre courrier sera-t-il bientôt livré par un pensionné ? Peut-être, si on suit le nouveau plan d’entreprise de La Poste.

Edith Janssens
31-10-2007

La Poste voudrait remplacer une partie des facteurs par des livreurs (pensionnés ou femmes au foyer) qui travailleraient deux à quatre heures par jour pour un salaire beaucoup moins élevé. (Photo Solidaire, Salim Hellalet)

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« Avant, les facteurs ne voulaient pas prendre leur pension avant 65 ans car leur métier était leur vie et la population aimait la poste » dit un ancien. « Aujourd’hui, beaucoup aspirent à la prépension, pas parce qu’ils n’aiment pas travailler, mais parce qu’ils ne peuvent plus s’identifier avec l’entreprise. Ce n’est plus “leur” Poste. C’est devenu une entreprise comme tant d’autres où ce n’est que le profit qui compte, le dividende des actionnaires qui doit augmenter chaque année. »

Johnny Thijs, le directeur, compte ainsi sur 1 000 à 1 500 départs naturels par an. D’ici 2012, ce sont donc 7 000 emplois qui devraient disparaître. Et dans le même temps, il veut une extension des temps partiels. André Blaise (CSC) dénonce : « La direction veut transformer quelque 6 000 équivalents temps plein en 12 000 temps partiels ». Son collègue de la CGSP, Michel Meyer : « Nous craignons que l’emploi précaire ne devienne la norme avec un mode de distribution à la hollandaise où le courrier est distribué par des pensionnés et des femmes au foyer1. »

Combien de livreurs seront ainsi embauchés ? Ce n’est pas clair, car avec l’automatisation du tri, La Poste veut surtout réduire le nombre d’emplois. Il s’agira de personnes, recrutées en interne ou en externe, qui travailleront entre deux et quatre heures par jour. Johnny Thijs l’a précisé à la VRT : ce seront des jobs moins complexes et plus légers ; les livreurs n’auront pas de travail de tri, ni des colis, ni des pensions ou recommandés à livrer. Ils auront donc un salaire « léger » aussi ! Parallèlement, les 500 bureaux de distribution seront regroupés en 150 plateformes, à côté de 1.500 dépôts de distribution d’où partiront les livreurs sur des tournées « simplifiées ».

Potentiellement, 43 % des activités de distribution pourraient entrer en ligne de compte pour la fonction de livreur, selon le Directeur Communication de la Poste. « Et le “secret du courrier” se demande un facteur. Si tout le monde peut distribuer le courrier, qu’est-ce que cela va devenir ? Avant, nous devions prêter serment de protéger le secret du courrier et d’être discret en ce qui concerne le courrier que les gens reçoivent. Maintenant cela n’existe plus. On casse toute la valeur de notre métier. »

Partout en Europe

Thijs est en train d’imiter ce que font les opérateurs postaux dans nos pays voisins. C’est la suite logique de la libéralisation totale des services postaux pour 2011, votée récemment par l’Union européenne. En Allemagne et aux Pays-Bas, des concurrents de la Poste (historique) rémunèrent leurs distributeurs à la pièce. Les distributeurs de Sandd ou Select Mail, eux, coûtent trois fois moins que le facteur traditionnel2 !

« Pendant que nous on fait des heures, par tous les temps, eux (les managers) font la guerre à notre emploi », explique une postière. La seule solution, dans tous les pays européens, c’est de niveler les salaires vers le haut et d’interdire la flexibilité à outrance. Pas de « livreurs » mi-temps, pas d’intérim, et fini les heures sup non-payées ! Et ça, aussi bien à La Poste que chez les concurrents. Pour ça, il faudra se battre ensemble, postiers et travailleurs des sociétés privées …Se battre comme l’ont fait les postiers britanniques. Suite à deux grèves de 48 heures, ils viennent de décrocher une augmentation de salaire de 6,9 % sur 18 mois.

Enfin, quel est le progrès pour notre société, si l’automatisation crée plus de chômage et plus d’emplois précaires ? Comment vont grandir les jeunes qui voient leur père au chômage ou dans un petit boulot de livreur qui n’est pas valorisé ? Alors que la modernisation pourrait alléger le travail, mieux le répartir entre tous et libérer du temps pour le rôle social des postiers.

1 La Libre Belgique, 26/10/2007 • 2 De Volkskrant, 19/09/07

15:37 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, euro-dictature, histoire, actualite, capitalisme, syndicats, solidarite, poste, courcelles, romain, ptb, solidaire | |  Facebook | |  Imprimer | | |

17/01/2008

La Poste • La direction se moque du personnel et… des contribuables ...

La direction de La Poste a décidé de ne plus prolonger les contrats temporaires de 18 mois. Pourtant, La Poste engage… Comprenne qui pourra.

07-03-2007

Selon des sources syndicales, La Poste reçoit des subsides à l’embauche. (Photo Solidaire, Salim Hellalet)

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La direction de La Poste a fait connaître sa décision de ne plus prolonger les contrats temporaires (18 mois en moyenne). Explication officielle : c’est une conséquence de l’instauration du nouveau plan Georoute, qui permet un travail plus efficace avec moins de personnel.

Une mesure qui fait disparaître pas mal d’emplois à La Poste. Rien que dans la région d’Alost, on parle d’une vingtaine. Mais dans toute la Belgique, ce chiffre sera multiplié, même s’il est réparti sur plusieurs mois, en fonction des dates de fin de contrats…

Tandis qu’on veut nous faire avaler tout ça, nous voyons tous arriver un autre scénario.

Alors qu’à Alost une vingtaine de gens perdent leur emploi suite au non-renouvellement de leur contrat temporaire, La Poste engage déjà des nouveaux contractuels1, de nouveau sous contrat temporaire. Les annonces se trouvent sur le site du Forem et de La Poste.

Les gens qui sont actuellement au boulot connaissent leur job, leurs tournées, leurs clients. Ils se sont investis durant des mois dans l’espoir de pouvoir rester. D’accord, ils savaient qu’ils signaient pour 18 mois, mais à l’entretien d’embauche on leur suggère qu’avec un bon rapport il est possible de prolonger et même, à terme, d’avoir un contrat définitif. Et soyons honnêtes : qui irait travailler à La Poste en sachant dès le départ que ce n’est que pour 18 mois ?

Nous vivons cela comme de l’abus de confiance…

Il ne faut pas oublier que la plupart de ces gens travaillent comme remplaçants et n’ont pas de tournée fixe. Il commencent en moyenne à 5 h et travaillent jusqu’à 14 h ou même plus tard, tout en n'étant payés que pour 7 h 36. Tout ça pour un salaire d’environ 1 500 euros brut quand le mois est bon…

Pas un d’entre nous ne comprend quel est l’avantage ou l’utilité d’une telle politique. Former chaque fois de nouveaux travailleurs, ça coûte cher et ce n’est certainement pas bon pour l’efficacité.

Selon plusieurs sources syndicales, il semble que La Poste reçoit des subsides à l’embauche. Comment encore parler dès lors de politique honnête, si c’est quand même le contribuable qui doit aller de sa poche pour financer ces subsides ?  

Notre grande question est donc la suivante : pourquoi des gens qui connaissent leur travail sont-ils jetés à la rue pour être remplacés par d’autres, à chaque fois pour une période de 18 mois et à chaque fois avec des frais de formation et des subsides à charge du contribuable ?

Les contractuels de La Poste

1. Contractuels: personnes engagées dans une entreprise publique sous contrat soit d’employé, soit d’ouvrier, et donc soumis au droit du travail, comme dans le secteur privé. Les contractuels n’ont pas la même sécurité d’emploi que les statutaires. Leur contrat est conclu pour une durée déterminée ou indéterminée.

L’avis de la section « poste » du PTB : Gageons que les syndicats, qui doivent rencontrer la direction de La Poste cette semaine pour des négociations nationales, sauront prendre ce courrier à cœur. En défendant comme prioritaire leur revendication pour des normes de travail plus humaines. Cela permettrait de sauvegarder des postes de travail et d’obtenir des contrats définitifs pour les contractuels temporaires.

 

 

22:34 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |