25/02/2009

22/02/2009: Grève du personnel de la Ville et du CPAS à La Louvière. « L'indécence, de quel côté vient-elle, M. le bourgmestre?»...


From: PTB+ Hainaut
Sent: Sunday, February 22, 2009 5:02 PM
Subject: Grève du personnel de la Ville et du CPAS à La Louvière. « L'indécence, de quel côté vient-elle, M. le bourgmestre?»


« Indécent, ce préavis de grève, à l'heure où des milliers de travailleurs perdent leur emploi »,...
 
 
 
 
22 février 2009 17:02 | Il y a 2 jours |

Grève du personnel de la Ville et du CPAS à La Louvière. « L'indécence, de quel côté vient-elle, M. le bourgmestre?»

« Indécent, ce préavis de grève, à l'heure où des milliers de travailleurs perdent leur emploi », dit Jacques Gobert, le bourgmestre PS de La Louvière. Pourtant, le 12 février, les travailleurs ont croisé les bras pour le pouvoir d'achat, l'emploi de qualité et de meilleures conditions de travail.

Michel Mommerency

« Les chèques repas, la ville les a quand même accordés », s'exclame le bourgmestre. « On ne les a toujours pas en poche », répondent les travailleurs. Et pour cause. La Louvière, ville fort endettée, doit présenter un budget en équilibre au gouvernement wallon. Si la majorité PS-MR-UDSC a inscrit 810.000 € dans le budget communal 2009 pour ces chèques, ceux-ci s'y trouvent comme seuls responsables du déficit pour la même somme dans les comptes. Comme pour dire à la Région wallonne : « Si vous imposez l'équilibre, les chèques repas, vous n'avez qu'à les biffer »!  Jacques Gobert copie Ponce Pilate!

Ce sont pourtant les conditions de travail de plus en plus mauvaises qui suscitent le grand mécontentement du personnel.
En novembre, celui-ci a dû batailler pour obtenir des nominations dans les catégories inférieures du personnel, plutôt que chez de nouveaux cadres.
Depuis janvier, au CPAS, les infirmières qui prestaient 8 h par jour, un weekend sur deux, devront en faire 11 (et peut-être 12, carrément illégal) un weekend sur trois, tout en restant 'appelables' un deuxième weekend. Une proposition, déjà rejetée deux fois par l'ensemble des infirmières, que le CPAS veut imposer tout de même. « Impossible, disent les infirmières, « cette charge physique et morale est trop grande. »
Les assistantes sociales ont trop de dossiers à gérer.  
Et si on engageait? « On est dans les normes », dit Gobert. « Trop basses », répond le personnel. En plus, le CPAS a économisé 500.000 € en 2008 sur le dos du personnel en ne remplaçant pas à temps des malades et certains départs naturels.  

« Je favorise le service public, plutôt que le transfert au privé », dit Jacques Gobert. En principe,  un bon service public, cela devrait se remarquer aussi dans les ateliers des travailleurs de la ville. Pourtant, il faut s'y battre pour une brosse, pour des vêtements de travail adaptés. Les pneus lisses des voitures de service sont monnaie courante, alors que le projet onéreux des « mouchards » pour surveiller le personnel n'a été retiré que sous la pression des grèves. Les chefs? « Brimades, aucun dialogue ou respect ».   
Les femmes de nettoyage s'insurgent contre les services coupés qui les occupent le matin de  « 6h à 9 h », et puis de « 15 h30 à 19 h 30 ». Elles sont appelées à des « formations », mais sur les lieux de travail, il vaut parfois mieux apporter ses propres produits. Il fait -12 C° dehors, pas de chance, il faut laver sans eau chaude. Et quand les canalisations pètent, sans eau froide! Les déplacements avec sa propre voiture se font sans indemnité.

La ville a commandé  une grande enquête auprès du personnel sur le « bien-être au travail». Pour faire oublier qu'on n'écoute pas les travailleurs? Sous l'effet de la grève, de nouvelles concertations sont quand même annoncées. L'inspection sociale entendra aussi les infirmières. On attend avec impatience la décision de la Région wallonne sur les chèques repas.
 
(photo déjà envoyée: de Michel Mommerency)
Les ouvriers au piquet devant l'atelier de la Rue de Belle Vue.
« Moins de bling-bling à la surface »,  plus pour le social et le service public ».   

21:38 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : courcelles, romain, histoire, actualite, belgique, wallonie, hainaut, communes, democratie, silence, capitalisme, oppression capitaliste, medias, presse | |  Facebook | |  Imprimer | | |

06/12/2007

« Pendant que nos familles galèrent, ces patrons mènent une vie tranquille » ...

« Pendant que nos familles galèrent, ces patrons mènent une vie tranquille »
Ghislenghien :: Où en est l’aide aux victimes ?

Quatre années après l’explosion, les victimes et leurs proches attendent toujours des dédommagements.

Riet Dhont
05-12-2007

En bas: le père d’Abdessamad Aattach. Au-dessus : l’explosion de gaz à Ghislenghien a tué 24 personnes, et blessé près de 150 autres. (Photo Solidaire, Salim Hellalet)

- Cliquez sur la photo pour l'agrandir -


« Mon fils avait 19 ans, il voulait devenir ingénieur informatique, il a laissé sa vie à Ghislenghien. Il travaillait comme étudiant pour ISS (société de nettoyage, ndlr) pour nettoyer à l’usine de Diamant Board. C’était son dernier jour et aussi le dernier jour de sa vie. On attend toujours que les assurances interviennent et Fluxys (société privée responsable de l’entretien et de la surveillance des pipelines en Belgique, ndlr) se tait. »

C’est le père d’Abdessamad Aattach qui me raconte cela, dimanche passé, en visite à la maison. Sa vie a craqué le 30 juillet 2004. Il a perdu son fils, le plus jeune de la famille. Abdessamad a encore survécu un mois dans un hôpital de Paris. Son père venait d’être opéré lui aussi et il est resté jour et nuit à côté de son fils, pendant qu’il était lui-même encore soigné. Des histoires comme celle-ci sont nombreuses.

C’était il y a presque quatre ans, suite à des travaux sur le site de l’entreprise Diamond Boart, une fuite de gaz a eu lieu, elle a été suivie d’une explosion. Au total, vingt-quatre morts, entre cent-vingt et cent-cinquante blessés et de nombreuses familles et leurs proches en état de choc.

Depuis lors, les victimes attendent une réponse des assurances de Fluxys. Elles ne s’en sortent plus, les familles souffrent, elles vivent sous une tension inhumaine et cherchent de la solidarité et de l’aide.

Le papa d’Abdessamad explique : « les délégués syndicaux de Diamant Board, qui ont perdu plusieurs de leurs collègues dans l’explosion, essaient de faire avancer les choses devant le tribunal. Mais rien bouge. Il y a déjà vingt-huit inculpés et les entreprises concernées essaient de faire passer la responsabilité de l’une à l’autre. Après l’incendie, on a encore eu des contacts avec le patron d’ISS, mais depuis lors… plus rien. De temps en temps on se voit avec les victimes, pour suivre le dossier, pour prendre des initiatives. Plusieurs victimes ne peuvent plus travailler, elles doivent supporter des coûts en termes de soins de santé énormes. Et les séquelles psychologiques restent. Le chef de mon fils, qui est le dernier à l’avoir vu, a sombré dans une grave dépression. Il n’a jamais digéré le choc. Dans l’explosion, il a aussi été fortement brûlé, il est resté des mois à l’hôpital. ».

Le chef d’Abdessamad, monsieur Silu Diatezwa est là pour confirmer : « Les assurances de Fluxys ne veulent pas bouger, alors que ce sont eux les responsables. »

Il a écrit une lettre à toutes les victimes qui dit ceci : « dans l’optique d’un règlement probable auprès des victimes en termes d’indemnité préventive et avancée, rien ne semble se dégager. Que du contraire, l’assureur de Fluxys dont le gazoduc est responsable pour l’ensemble des victimes, veut se retourner contre X pour détérioration de son bien ayant entraîné la mort, blessures et dégâts matériels. Pendant que nos familles galèrent dans la souffrance charnelle et sociale, ces patrons d’entreprises et assureurs mènent une vie tout à fait tranquille et détendue, ne semblant pas se soucier du sort des victimes. Nous devons dès lors nous mobiliser en masse, en impliquant les familles, amis, camarades et voisins. »

C’est dans cet esprit que monsieur Silu Diatezwa organise un dîner de Noël des victimes de Ghislenghien, pour que les victimes puissent se parler autour d’une table et pour préparer une marche devant le siège de Fluxys au mois de janvier. Les victimes de Ghislenghien et leurs proches ont tout notre soutien.

10:15 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : belgique, romain, histoire, communes, capitalisme, democratie, medias, silence, presse, justice, hainaut | |  Facebook | |  Imprimer | | |