08/07/2008

07/07/08: Ptb: Quand le Forem prend des allures d’agences intérimaire !

Quand le Forem prend des allures d’agences intérimaire !

M.L. DE COMAC-HERSTAL

J’ai 23 ans et j’habite à Herstal, une commune dont 22 % des jeunes sont au chômage (quand ils ont la chance de percevoir les allocations). Dès la fin de ma scolarité, souhaitant vraiment intégrer le monde du travail, je me suis inscrit à une formation Forem-CEFORA en « inspecteur de chantiers » pour le domaine du nettoyage.

De cette formation a découlé un stage qui m’a permis d’être engagé dans une entreprise de nettoyage en tant que gestionnaire de chantiers. « Bien », me direz-vous ? Mais la réalité de cet emploi est tout autre.

J’avais un contrat de 15 h/semaine et j’en faisais 40 h (non-payées) pour que tous les chantiers tournent comme le voulait le directeur. Je démarrais parfois à 4 h 30 du matin pour revenir chez moi vers 22 h.
J’ai décidé de quitter cette entreprise après quatre mois quand une offre d’emploi dans une fonction similaire à la commune de Herstal s’est présentée. Contrat à durée indéterminée avec 14 jours d’essai, je m’occupais de la gestion de 54 techniciennes de surfaces et de l’entretien de 62 bâtiments communaux. Tout s’est bien déroulé.

En tout cas les trois premiers mois (…). Après avoir été licencié par le pouvoir politique socialiste de la commune de Herstal, sur base d’un rapport mensonger et peu scrupuleux, j’ai décidé de tourner la page et je me suis inscrit dans une formation en « tourneur-fraiseur ». J’ai eu la chance de réussir les tests et d’être pris dans un module de formation qui débutera en septembre.

Entre-temps, j’ai reçu une convocation du Forem qui me conviait à une séance d’information sur le travail saisonnier de cueilleur de fruits.

« Vous cherchez un emploi ? Le travail saisonnier de cueilleur de fruits est la solution. » (…).

Je me suis donc rendu sur place (…). Les conditions de travail étaient les suivantes : Cueillir les fruits dans le Limbourg sur une durée de deux mois maximum, avec un salaire de 3 000 € net (pour les deux mos) car il n’y a pas de retenue ONSS, donc vous ne cotisez pas à la sécurité sociale. Vous disposez d’un contrat de travail renouvelable tous les jours, donc vous n’avez pas intérêt à avoir une baisse de régime un jour car on vous dira de rester chez vous le lendemain. Une fois la séance terminée tout le monde s’est levé et a pris la porte.

Un mois plus tard, je reçois un coup de téléphone d’une dame du Forem qui me demande si je suis toujours intéressé par la cueillette de fruits. En essayant de maîtriser ma colère, je lui ai répondu poliment : « Ecoutez madame, non, je n’ai jamais été intéressé par le travail saisonnier de cueilleur de fruits. Ce que j’aimerais, c’est trouver un emploi stable, de longue durée, qui me permette de redémarrer dans la vie et de pouvoir faire des projets à long terme (maisons, enfants….) »

Elle m’a répondu que c’était bien pour me faire un peu d’argent en attendant. Je lui ai rétorqué que je préférais mettre mon temps à profit dans la recherche d’un emploi sérieux et pas d’un boulot pour étudiants et pensionnés.

La conversation téléphonique s’est achevée et je me suis dit que j’allais très certainement avoir des nouvelles de l’Onem. Malgré mes craintes, je suis fier de moi car j’ai tenu à boycotter ce système du Forem qui ne propose aux gens que la précarité et collabore ainsi à la promotion des petits jobs sans avenir.


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21:31 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : justice, actualite, europe, social, syndicats, medias, ptb, presse, romain, silence, television, solidaire, belgique, courcelles, capitalisme, exploitation, democratie, exploitation capitaliste, information, wallonie | |  Facebook | |  Imprimer | | |

24/03/2008

Trois quarts des Belges ont peur de devenir des vieillards nécessiteux ...

Trois quarts des Belges ont peur, en vieillissant, de perdre leur autonomie. 30 % ne savent pas s’ils pourront payer cette phase à nombreux soins, 17 % disent qu’ils ne le pourraient pas. C’est ce qui ressort d’un sondage de SwissLife sur les pensions.

L’enquête dit également que presque la moitié des Belges prétend ne pas pouvoir mettre de l’argent de côté pour couvrir leurs soins plus tard. C’est surtout chez les jeunes, que c’est un problème. De même, 64 % des Belges veulent continuer à vivre chez eux et y recevoir leurs soins. Pourtant, 43 % s’attendent à finir dans une maison de repos. (Belga/DM).

Aux infos de 13 h de la VRT, ils nous conseillent, en vieillissant, de « n’avoir pour commencer aucune confiance dans la sécurité sociale ». Bref, la VRT fait ici de la pub non déguisée pour les compagnies d’assurances qui, après que les gens ont payé des cotisations sociales pendant 40 ans, veulent en plus que nous ouvrions un compte épargne chez eux en vue de notre « phase ultime de soins ».

Si les bénéfices des compagnies d’assurances étaient dûment imposés, il n’y aurait peut-être pas de raison de perdre notre confiance en la sécurité sociale. Bref, on nous roule deux fois : une fois parceque les pouvoirs publics qui ne s’en prennent pas à la grande fraude fiscale pour remplir les caisses de la sécu et deux, les compagnies d’assurances et les fonds de pension privés qui nous font encore payer en plus pour quelque chose que nous avons déjà payé pendant 40 ans !

Eric Rosseel

19:34 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : courcelles, belgique, romain, histoire, actualite, social, democratie, justice, capitalisme | |  Facebook | |  Imprimer | | |

06/12/2007

« Pendant que nos familles galèrent, ces patrons mènent une vie tranquille » ...

« Pendant que nos familles galèrent, ces patrons mènent une vie tranquille »
Ghislenghien :: Où en est l’aide aux victimes ?

Quatre années après l’explosion, les victimes et leurs proches attendent toujours des dédommagements.

Riet Dhont
05-12-2007

En bas: le père d’Abdessamad Aattach. Au-dessus : l’explosion de gaz à Ghislenghien a tué 24 personnes, et blessé près de 150 autres. (Photo Solidaire, Salim Hellalet)

- Cliquez sur la photo pour l'agrandir -


« Mon fils avait 19 ans, il voulait devenir ingénieur informatique, il a laissé sa vie à Ghislenghien. Il travaillait comme étudiant pour ISS (société de nettoyage, ndlr) pour nettoyer à l’usine de Diamant Board. C’était son dernier jour et aussi le dernier jour de sa vie. On attend toujours que les assurances interviennent et Fluxys (société privée responsable de l’entretien et de la surveillance des pipelines en Belgique, ndlr) se tait. »

C’est le père d’Abdessamad Aattach qui me raconte cela, dimanche passé, en visite à la maison. Sa vie a craqué le 30 juillet 2004. Il a perdu son fils, le plus jeune de la famille. Abdessamad a encore survécu un mois dans un hôpital de Paris. Son père venait d’être opéré lui aussi et il est resté jour et nuit à côté de son fils, pendant qu’il était lui-même encore soigné. Des histoires comme celle-ci sont nombreuses.

C’était il y a presque quatre ans, suite à des travaux sur le site de l’entreprise Diamond Boart, une fuite de gaz a eu lieu, elle a été suivie d’une explosion. Au total, vingt-quatre morts, entre cent-vingt et cent-cinquante blessés et de nombreuses familles et leurs proches en état de choc.

Depuis lors, les victimes attendent une réponse des assurances de Fluxys. Elles ne s’en sortent plus, les familles souffrent, elles vivent sous une tension inhumaine et cherchent de la solidarité et de l’aide.

Le papa d’Abdessamad explique : « les délégués syndicaux de Diamant Board, qui ont perdu plusieurs de leurs collègues dans l’explosion, essaient de faire avancer les choses devant le tribunal. Mais rien bouge. Il y a déjà vingt-huit inculpés et les entreprises concernées essaient de faire passer la responsabilité de l’une à l’autre. Après l’incendie, on a encore eu des contacts avec le patron d’ISS, mais depuis lors… plus rien. De temps en temps on se voit avec les victimes, pour suivre le dossier, pour prendre des initiatives. Plusieurs victimes ne peuvent plus travailler, elles doivent supporter des coûts en termes de soins de santé énormes. Et les séquelles psychologiques restent. Le chef de mon fils, qui est le dernier à l’avoir vu, a sombré dans une grave dépression. Il n’a jamais digéré le choc. Dans l’explosion, il a aussi été fortement brûlé, il est resté des mois à l’hôpital. ».

Le chef d’Abdessamad, monsieur Silu Diatezwa est là pour confirmer : « Les assurances de Fluxys ne veulent pas bouger, alors que ce sont eux les responsables. »

Il a écrit une lettre à toutes les victimes qui dit ceci : « dans l’optique d’un règlement probable auprès des victimes en termes d’indemnité préventive et avancée, rien ne semble se dégager. Que du contraire, l’assureur de Fluxys dont le gazoduc est responsable pour l’ensemble des victimes, veut se retourner contre X pour détérioration de son bien ayant entraîné la mort, blessures et dégâts matériels. Pendant que nos familles galèrent dans la souffrance charnelle et sociale, ces patrons d’entreprises et assureurs mènent une vie tout à fait tranquille et détendue, ne semblant pas se soucier du sort des victimes. Nous devons dès lors nous mobiliser en masse, en impliquant les familles, amis, camarades et voisins. »

C’est dans cet esprit que monsieur Silu Diatezwa organise un dîner de Noël des victimes de Ghislenghien, pour que les victimes puissent se parler autour d’une table et pour préparer une marche devant le siège de Fluxys au mois de janvier. Les victimes de Ghislenghien et leurs proches ont tout notre soutien.

10:15 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : belgique, romain, histoire, communes, capitalisme, democratie, medias, silence, presse, justice, hainaut | |  Facebook | |  Imprimer | | |