13.03.2010

11/03/10: Carrefour :: Bernard Arnault, l’homme qui se cache derrière les licenciements ...

Carrefour :: Bernard Arnault, l’homme qui se cache derrière les licenciements

Il y a deux ans, Bernard Arnault, la deuxième fortune de France, ami intime de Sarkozy, débarque dans l’actionnariat de Carrefour. Pour ce milliardaire, Carrefour doit rapporter plus. Quitte à sabrer dans l’emploi.

L’actionnaire principal de Carrefour, Bernard Arnault possède 14,5 milliards d’euros. C’est la deuxième fortune de France. Combien d’années doit travailler une caissière pour posséder autant ? Plus de 800 000 années de travail en laissant 1500 euros de côté chaque mois!

Dans la distribution, le rendement est en général faible mais stable. Autrement dit, si l’action rapporte peu, elle rapporte sûrement, car les gens devront toujours faire leurs achats de base (alimentation, vêtements,…). Cela intéresse donc beaucoup de petits actionnaires. Mais on rencontre aussi quelques requins de la finance chez Carrefour. Solidaire (25 février) vous a déjà présenté Robert Halley, 11e fortune de France et Jacques Badin, domicilié en Belgique pour échapper à l’impôt français sur la fortune. Depuis mars 2008, le premier actionnaire est le groupe de Bernard Arnault, qui, à travers les fonds Blue Capital et Colony Capital, détient 11 % des parts. Arnault c’est aussi, pour ceux qui ne le savent pas, le groupe LVMH, leader mondial de l’industrie du luxe (Luis Vuitton, champagne Moet et Chandon, parfums Christian Dior,…). Personnellement, il possède 14,5 milliards d’euros. D’après le magazine Challenges, il est la deuxième fortune de France, juste derrière les Mulliez, propriétaires du groupe Auchan (tiens, aussi la grande distribution). Le Monde diplomatique (août 2008) révèle que son salaire chez Carrefour est de 3 millions d’euros, et qu’il a touché 335 millions d’euros de dividendes en 2007. De plus, il a perçu en tant que dirigeant de LVMH 4 millions d’euros en 2008, ce qui fait de lui le deuxième patron le mieux payé de France.
    Un investisseur comme Arnault espère un rendement beaucoup plus élevé et rapide. Ce qui explique la nouvelle stratégie de Carrefour, axée sur une diminution des coûts, d’une part, et une expansion là où ça rapporte le plus d’autre part. C’est pourquoi ils ont engagé comme PDG Lars Olofsson, ancien dirigeant du groupe agroalimentaire suisse Nestlé, le qualifiant de « professionnel ayant une connaissance intime du marketing, des produits de marques » (La Libre, 25 février).

Deuxième au monde, derrière Wal-Mart

« Malgré une grosse restructuration en 2007, Carrefour continue à perdre de l’argent », affirme la direction pour justifier la fermeture de 21 magasins. Mais le groupe Carrefour est-il si mal en point qu’il le prétend ?
En quarante ans, le groupe Carrefour est en fait devenu un leader de la distribution dans le monde. Il est le deuxième mondial, derrière le groupe nord-américain Wal-Mart, et premier en Europe. Actuellement, près de la moitié du chiffre d’affaire (44%) se fait en France, 37% en Europe (hors France), 12% en Amérique et 7% en Asie.

Il a fait 1,2 milliard d’euros de bénéfice net en 2008 et 327 millions d’euros en 2009. Même s’il diminue, le profit est toujours bien là. Le groupe est bien sûr coté en Bourse. Les comptes d’une multinationale (comme dans l’automobile) sont établis en fonction des objectifs du groupe. Les seuls chiffres qui sont « réels » sont ceux du groupe. Ce sont donc les chiffres de l’ensemble qu’il faut bien examiner pour pouvoir en tirer des conclusions. Car comme on l’a vu avec l’exemple du beurre (voir ci-dessus) il y a bien souvent des transferts de profits des filiales vers le groupe...
    Dans le monde entier, presque 500 000 personnes travaillent pour Carrefour, ce qui fait du groupe le 7e employeur mondial. Dans notre pays, le groupe représente 15 000 emplois ce qui fait de Carrefour le 4e employeur belge, derrière La Poste, la SNCB et Randstad. Les 15 000 travailleurs de Belgique ont réalisé ensemble un chiffre d’affaires commercial de 5,2 milliards d’euros en 2008 et 66 millions de bénéfice. Mais le centre de coordination de Carrefour a fait 391 millions d’euros de profit.

Didier Reynders plus à gauche que la gauche ?

On avait peine à en croire ses oreilles le week-end dernier : Didier Reynders, l’homme qui parle à l’oreille des riches, a proposé que l’Etat refuse de financer les prépensions chez Carrefour, car « le groupe fait des bénéfices » et a donc les moyens de « supporter seul la restructuration ». Au point que Joëlle Milquet aurait dit au cabinet restreint « Je pars trois jours à Kinshasa et quand je reviens, Didier est passé au PTB » (la Libre, 7 mars 2010). Trêve de plaisanterie. Une première chose à retenir, c’est que le ministre des Finances admet publiquement que Carrefour fait des bénéfices. Cela contredit le discours de la direction qui dit que « ça va mal ». Ensuite, déclare Myriam Delmée (Setca-FGTB) « ce que Didier Reynders cherche à obtenir, ce n’est pas que Carrefour paye, c’est que le système des prépensions, qui constitue un élément de la protection sociale, soit démantelé1 ». La CSC de son côté suppose que Reynders « réclamera les impôts que Carrefour n’a pas payés grâce au système des intérêts notionnels défendus par le MR2 ».
1 Le Soir, 6 mars •  2 La Libre, 6 mars

18:22 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire, courcelles, presse, television, france, romain, belgique, economie, euro-dictature, capitalisme, syndicats, silence, chomage, travail, multinationales, finances, medias, exploitation, licenciements, profits | |  Facebook | |  Imprimer

18.09.2008

16/09/2008: Courcelles: Energie :: 75 euros de remise sur la facture d’énergie ? Des clopinettes !

16 septembre 2008 16:36 | Il y a 2  jour(s) |

Energie :: 75 euros de remise sur la facture d’énergie ? Des clopinettes !

Le gouvernement Leterme sent dans son dos le souffle chaud de la pétition des 6 pour cent et déballe une « remise sur l’énergie » de… 75 euros maximum. Des clopinettes, quoi !

Tom De Meester

La décision de faire bénéficier les familles à bas revenu d’une « remise sur l’énergie » date déjà d’avril. Seulement, il faut manifestement au moins cinq mois avant qu’on puisse mettre à exécution cette décision toute simple. Le gouvernement Leterme a visiblement d’autres priorités que la cherté de l’énergie.

Le souffle chaud des 6 pour cent

La remise de l’énergie de Leterme est la réponse au mécontentement croissant de la population à propos de la cherté de l’énergie. La pétition du PTB visant à ramener de 21 à 6 % la TVA sur le gaz et l’électricité a entre-temps réuni plus de 135.000 signatures déjà et ce message est lui aussi déjà parvenu aux oreilles du 16 de la rue de la Loi.

Des clopinettes

Mais qu’il soit bien clair que la remise sur l’énergie que Leterme essaie de proposer pour la deuxième vois n’est qu’une goutte d’eau dans la mer. Une poignée de cacahuètes. Il faut l’oser, s’amener avec 75 euros de ristourne chez qui se chauffe au gaz, alors que la facture moyenne de gaz pour 2008 sera de 1600 euros, voire de 1900 euros chez certains fournisseurs. La facture moyenne gaz est de 50 % plus élevée que l’an dernier. Pour l’électricité, de 20 %.

Pour les revenus les plus bas uniquement

Test-Achats a catalogué cette remise sur l’énergie de « mauvais poisson d’avril ». La plupart des familles laborieuses n’entrent en fait pas en ligne de compte pour cette remise sur l’énergie parce que, tout simplement, elles… gagnent trop. Seules les familles au revenu imposable inférieur à 23.282 euros entrent en ligne de compte. Les ménages à deux salaires peuvent faire une croix dessus. ON estime que 100.000 familles à peine entreront en ligne de compte pour cette réduction.

Electrabel hors d’atteinte

La remise sur l’énergie coûtera au trésor 9,5 millions d’euros. Et qui va les payer ? Ceux qui paient d’habitude, vous et moi, donc. Les bénefs d’Electrabel sont passés de 2,3 à 3 milliards d’euros, mais restent hors d’atteinte. Le ministre de l’Énergie, Magnette, s’est targué au printemps dernier de coller un impôt de 250 millions d’euros sur les bénefs d’Electrabel : si Electrabel ne se fendait pas de 250 millions pour le 1er juillet, Magnette allait les lui réclamer par voie légale. Bien sûr ! Depuis, ni de Magnette, ni du quart de milliard d’euros, on n’a plus entendu parler…


 
COURCELLES:   MERCI aux SIGNATAIRES, aux PÉTITIONNAIRES VOLONTAIRES, aux COMMERCANTS... !
 
-UN SECOND BILAN (arrêté au 14/09/2008) de la PÉTITION réclamant la réduction de la tva de 21 à 6% sur le mazout, le gaz, l' électricité:                         http://www.6pourcent.be  
-UN SUCCÈS en très peu de temps: déjà 608 signatures, dont celle d' Ernest GLINNE, conseiller communal, a/bourgmestre.
 
-UNE PREMIÈRE LISTE (qui sera remise à jour régulièrement et progressivement) des COMMERCANTS  qui ont déjà rentré des signatures et chez qui                  VOUS POUVEZ TOUJOURS SIGNER,
SI CE N'EST PAS ENCORE FAIT (et soyons sûrs que d' autres vont encore nous rejoindre et/ou sont en cours, ..., car la revendication est de plus en plus populaire et ne cesse de progresser):
 
-Boulangerie COHART, rue Wartonlieu 63, 6180 Courcelles
-       "          DESCLIN, rue de Gaulle 46, 6180       "
-       "         LA TRADITION, rue Churchill (face à La Poste), 6180 Courcelles
-Fleuriste EDELWEISS, rue de Trazegnies 47, 6180 Courcelles
-PROMO FASHION, rue de Gaulle 3, 6180 Courcelles
-SHOE DISCOUNT,    "          "     22,            "
-CAFE LADIES AND GENTLEMEN, place Roosevelt 30, 6180 Courcelles
-VIDEOTHEQUE, rue Churchill 20, 6180 Courcelles
-CAFE DE LA POSTE, rue Rectem 59, 6183 Trazegnies
-CAFE DES QUATRE CHEMINS, 6183 Trazegnies
...
 
NOUS CONTINUONS LE COMBAT ! 
Roger ROMAIN
a/conseiller communal 
roger.romain@skynet.be                                                                                

Tél: 0495.470042

05.09.2008

03/09/2008: Solidaire: Salaires :: Document exclusif de l’organisation patronale flamande VOKA...

Salaires :: Document exclusif de l’organisation patronale flamande VOKA

Un vent favorable a amené à la rédaction de Solidaire un document confidentiel explosif de l’organisation patronale VOKA. Extraits et commentaires.

David Pestieau

 Intitulé « Brèches dans la modernisation des salaires et conditions de travail », ce document daté du 18 juin 2008 est la plateforme du patronat flamand dans les prochains mois. Débarrassé d’un langage aseptisé, il expose sans fard la stratégie patronale.

1. Une indexation maximum une fois par an

Le VOKA avance à l’instar de la Fédération des Entreprises Belges (FEB) sa volonté de rattraper le prétendu retard salarial sur les pays concurrents. Il avance aussi sa volonté d’introduire les mécanismes d’accords salariaux « all-in », c’est-à-dire un plafond absolu pour les augmentations salariales, index compris.
Limitation supplémentaire, le VOKA exige que « les poussées temporaires de l’inflation ne soient pas transformées en augmentations salariales permanentes ». Et propose « d’appliquer par exemple une moyenne annuelle ». Fini l’indexation qui suit le cours de l’inflation. Il faudra attendre au moins un an avant de voir son salaire augmenté…

2. Une indexation non-automatique et variable

Mais il ajoute : « Dans la norme salariale, le pouvoir d’achat est garanti par l’indexation. Et bien, augmentons les degrés de liberté et réduisons les automatismes. » (page 7)
L’indexation est « garantie » mais elle sera moins automatique et plus variable. Autrement dit, il n’y a plus d’indexation automatique de tous les salaires.

3. Une indexation en euros pas en pourcentage

3. Une indexation en euros pas en pourcentage

« De cette manière, il sera possible pour certains niveaux salariaux d’exprimer l’index en centimes (et non plus en pour cent). Le solde reviendra aux employés concernés. Il sera ainsi possible de créer dans la norme salariale (…) une marge permettant de rémunérer les employés concernés de manière différenciée et plus variable. »

4. Une augmentation individuelle « accordée à la tête du client »

« Si la réforme de l’index est réalisée, les entreprises disposeront d’une plus grande marge pour récompenser les prestations individuelles ou la compétitivité. »
« Une dynamique salariale basée sur des automatismes (index, barèmes d’âge...) est peu incitative. »

5. Pour une indexation en net, pas en brut. Moins d’argent pour l’État.

Contre l’indexation brute mais pour une indexation nette des salaires « des augmentations nettes contre des coûts bruts modérés ». Le VOKA  justifie cette proposition en proposant de limiter fortement les dépenses publiques (et donc des services publics) : « Un coin salarial marginal permettant à la fonction publique de mettre 2/3 en poche n’est vraiment pas stimulant (…) Il faut absolument supprimer les prélèvements publics. »

6. Pour stimuler les pensions privées, contre les pensions publiques

«  Il est déjà possible de refluer une partie des prélèvements publics en supprimant la cotisation spéciale de 8,86% sur la cotisation patronale pour la pension complémentaire. De cette manière, on pourra encourager davantage la démocratisation de la constitution d’une pension complémentaire. »

08.07.2008

07/07/08: Ptb: Quand le Forem prend des allures d’agences intérimaire !

Quand le Forem prend des allures d’agences intérimaire !

M.L. DE COMAC-HERSTAL

J’ai 23 ans et j’habite à Herstal, une commune dont 22 % des jeunes sont au chômage (quand ils ont la chance de percevoir les allocations). Dès la fin de ma scolarité, souhaitant vraiment intégrer le monde du travail, je me suis inscrit à une formation Forem-CEFORA en « inspecteur de chantiers » pour le domaine du nettoyage.

De cette formation a découlé un stage qui m’a permis d’être engagé dans une entreprise de nettoyage en tant que gestionnaire de chantiers. « Bien », me direz-vous ? Mais la réalité de cet emploi est tout autre.

J’avais un contrat de 15 h/semaine et j’en faisais 40 h (non-payées) pour que tous les chantiers tournent comme le voulait le directeur. Je démarrais parfois à 4 h 30 du matin pour revenir chez moi vers 22 h.
J’ai décidé de quitter cette entreprise après quatre mois quand une offre d’emploi dans une fonction similaire à la commune de Herstal s’est présentée. Contrat à durée indéterminée avec 14 jours d’essai, je m’occupais de la gestion de 54 techniciennes de surfaces et de l’entretien de 62 bâtiments communaux. Tout s’est bien déroulé.

En tout cas les trois premiers mois (…). Après avoir été licencié par le pouvoir politique socialiste de la commune de Herstal, sur base d’un rapport mensonger et peu scrupuleux, j’ai décidé de tourner la page et je me suis inscrit dans une formation en « tourneur-fraiseur ». J’ai eu la chance de réussir les tests et d’être pris dans un module de formation qui débutera en septembre.

Entre-temps, j’ai reçu une convocation du Forem qui me conviait à une séance d’information sur le travail saisonnier de cueilleur de fruits.

« Vous cherchez un emploi ? Le travail saisonnier de cueilleur de fruits est la solution. » (…).

Je me suis donc rendu sur place (…). Les conditions de travail étaient les suivantes : Cueillir les fruits dans le Limbourg sur une durée de deux mois maximum, avec un salaire de 3 000 € net (pour les deux mos) car il n’y a pas de retenue ONSS, donc vous ne cotisez pas à la sécurité sociale. Vous disposez d’un contrat de travail renouvelable tous les jours, donc vous n’avez pas intérêt à avoir une baisse de régime un jour car on vous dira de rester chez vous le lendemain. Une fois la séance terminée tout le monde s’est levé et a pris la porte.

Un mois plus tard, je reçois un coup de téléphone d’une dame du Forem qui me demande si je suis toujours intéressé par la cueillette de fruits. En essayant de maîtriser ma colère, je lui ai répondu poliment : « Ecoutez madame, non, je n’ai jamais été intéressé par le travail saisonnier de cueilleur de fruits. Ce que j’aimerais, c’est trouver un emploi stable, de longue durée, qui me permette de redémarrer dans la vie et de pouvoir faire des projets à long terme (maisons, enfants….) »

Elle m’a répondu que c’était bien pour me faire un peu d’argent en attendant. Je lui ai rétorqué que je préférais mettre mon temps à profit dans la recherche d’un emploi sérieux et pas d’un boulot pour étudiants et pensionnés.

La conversation téléphonique s’est achevée et je me suis dit que j’allais très certainement avoir des nouvelles de l’Onem. Malgré mes craintes, je suis fier de moi car j’ai tenu à boycotter ce système du Forem qui ne propose aux gens que la précarité et collabore ainsi à la promotion des petits jobs sans avenir.


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21:31 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : justice, actualite, europe, social, syndicats, medias, ptb, presse, romain, silence, television, solidaire, belgique, courcelles, capitalisme, exploitation, democratie, exploitation capitaliste, information, wallonie | |  Facebook | |  Imprimer

20.01.2008

Des livreurs pour remplacer les facteurs ?...

url: http://www.ptb.be/scripts/article.phtml?lang=2&obid=35753


Des livreurs pour remplacer les facteurs ?
La Poste :: Nouveau plan d’entreprise, nouveau métier en vue

Votre courrier sera-t-il bientôt livré par un pensionné ? Peut-être, si on suit le nouveau plan d’entreprise de La Poste.

Edith Janssens
31-10-2007

La Poste voudrait remplacer une partie des facteurs par des livreurs (pensionnés ou femmes au foyer) qui travailleraient deux à quatre heures par jour pour un salaire beaucoup moins élevé. (Photo Solidaire, Salim Hellalet)

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« Avant, les facteurs ne voulaient pas prendre leur pension avant 65 ans car leur métier était leur vie et la population aimait la poste » dit un ancien. « Aujourd’hui, beaucoup aspirent à la prépension, pas parce qu’ils n’aiment pas travailler, mais parce qu’ils ne peuvent plus s’identifier avec l’entreprise. Ce n’est plus “leur” Poste. C’est devenu une entreprise comme tant d’autres où ce n’est que le profit qui compte, le dividende des actionnaires qui doit augmenter chaque année. »

Johnny Thijs, le directeur, compte ainsi sur 1 000 à 1 500 départs naturels par an. D’ici 2012, ce sont donc 7 000 emplois qui devraient disparaître. Et dans le même temps, il veut une extension des temps partiels. André Blaise (CSC) dénonce : « La direction veut transformer quelque 6 000 équivalents temps plein en 12 000 temps partiels ». Son collègue de la CGSP, Michel Meyer : « Nous craignons que l’emploi précaire ne devienne la norme avec un mode de distribution à la hollandaise où le courrier est distribué par des pensionnés et des femmes au foyer1. »

Combien de livreurs seront ainsi embauchés ? Ce n’est pas clair, car avec l’automatisation du tri, La Poste veut surtout réduire le nombre d’emplois. Il s’agira de personnes, recrutées en interne ou en externe, qui travailleront entre deux et quatre heures par jour. Johnny Thijs l’a précisé à la VRT : ce seront des jobs moins complexes et plus légers ; les livreurs n’auront pas de travail de tri, ni des colis, ni des pensions ou recommandés à livrer. Ils auront donc un salaire « léger » aussi ! Parallèlement, les 500 bureaux de distribution seront regroupés en 150 plateformes, à côté de 1.500 dépôts de distribution d’où partiront les livreurs sur des tournées « simplifiées ».

Potentiellement, 43 % des activités de distribution pourraient entrer en ligne de compte pour la fonction de livreur, selon le Directeur Communication de la Poste. « Et le “secret du courrier” se demande un facteur. Si tout le monde peut distribuer le courrier, qu’est-ce que cela va devenir ? Avant, nous devions prêter serment de protéger le secret du courrier et d’être discret en ce qui concerne le courrier que les gens reçoivent. Maintenant cela n’existe plus. On casse toute la valeur de notre métier. »

Partout en Europe

Thijs est en train d’imiter ce que font les opérateurs postaux dans nos pays voisins. C’est la suite logique de la libéralisation totale des services postaux pour 2011, votée récemment par l’Union européenne. En Allemagne et aux Pays-Bas, des concurrents de la Poste (historique) rémunèrent leurs distributeurs à la pièce. Les distributeurs de Sandd ou Select Mail, eux, coûtent trois fois moins que le facteur traditionnel2 !

« Pendant que nous on fait des heures, par tous les temps, eux (les managers) font la guerre à notre emploi », explique une postière. La seule solution, dans tous les pays européens, c’est de niveler les salaires vers le haut et d’interdire la flexibilité à outrance. Pas de « livreurs » mi-temps, pas d’intérim, et fini les heures sup non-payées ! Et ça, aussi bien à La Poste que chez les concurrents. Pour ça, il faudra se battre ensemble, postiers et travailleurs des sociétés privées …Se battre comme l’ont fait les postiers britanniques. Suite à deux grèves de 48 heures, ils viennent de décrocher une augmentation de salaire de 6,9 % sur 18 mois.

Enfin, quel est le progrès pour notre société, si l’automatisation crée plus de chômage et plus d’emplois précaires ? Comment vont grandir les jeunes qui voient leur père au chômage ou dans un petit boulot de livreur qui n’est pas valorisé ? Alors que la modernisation pourrait alléger le travail, mieux le répartir entre tous et libérer du temps pour le rôle social des postiers.

1 La Libre Belgique, 26/10/2007 • 2 De Volkskrant, 19/09/07

15:37 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, euro-dictature, histoire, actualite, capitalisme, syndicats, solidarite, poste, courcelles, romain, ptb, solidaire | |  Facebook | |  Imprimer

08.01.2008

Pour être augmenté, sois gentil avec le chef...

Fortis Belgique :: Instauration du salaire au mérite

Pour être augmenté, sois gentil avec le chef
Fortis Belgique :: Instauration du salaire au mérite

Changement radical chez Fortis. A partir du 1er janvier, les augmentations de salaire des 18 000 travailleurs de la banque dépendront des notes de la hiérarchie.

Alice Bernard
24-10-2007

Photo www.fortis. be

- Cliquez sur la photo pour l'agrandir -


Fortis est née il y a 15 ans de la fusion entre la CGER et la Générale de Banque. Chacune de ces banques avait une grille salariale propre. Il fallait donc harmoniser tout ça. Profitant d’une directive européenne, qui dit que c’est le mérite plutôt que l’âge qui doit servir de base à la rémunération, la direction de Fortis fait le grand ménage. Et donne à tous les employés de Belgique un avant-goût de ce qui les attend.

Car l’exemple de Fortis, qui représente 40 % du secteur bancaire, servira sans aucun doute de base pour les négociations sectorielles de 2008, dont les conclusions seront d’application à partir de 2009. Et les patrons d’autres secteurs (la métallurgie par exemple) lorgnent déjà avec envie sur le modèle.

Le travail des employés de banque est en pleine mutation. Le réseau d’agences se modifie profondément. La nouvelle conception est de réduire le nombre de guichets pour favoriser d’une part les opérations électroniques de self-banking et d’autre part les conseils individualisés. A nouvelle conception, nouvelles qualifications et donc nouvelle classification barémique. Chez Fortis, cette classification sera basée sur le système Hay, qui vient des Etats-Unis. A cette classification sera liée la nouvelle grille barémique.

Comment va-t-on s’y prendre ? La direction fera une « photo » du salaire de chacun au 31/12/07. Brut tout compris (primes, avantages extra-légaux, etc…). Ce montant sera désormais le salaire minimum garanti en-dessous duquel il ne sera jamais permis de descendre. A partir de là, elle calculera une courbe d’évolution salariale théorique.

Incertitude : la direction calculera-t-elle le minimum sur base de la moyenne annuelle de 2007 ou sur base du salaire de décembre ? Sur base de l’ancienne classification de fonction ou sur base de la classification Hay ?

Fini l’augmentation liée à l’âge

« Tout est dans les mains de l’employé » dit la direction. Sa nouvelle rémunération sera désormais composée d’une partie fixe (94 % du salaire) et d’une partie variable (6 %).

La partie variable dépendra de plusieurs performances : celles de la banque, celles du département (appelé business line), et celles de l’employé. A-t-il réalisé ou pas les objectifs « fixés de commun accord avec la hiérarchie ». A-t-il suivi son plan de formation, a-t-il atteint ses quotas de vente, a-t-il suffisamment « l’esprit d’entreprise », a-t-il contribué pleinement aux performances de son département, etc,… Selon la cote attribuée par le(s) chef(s), son salaire sera plus ou moins augmenté.

Un salaire minimum de 1 873 euros brut par mois à l’entrée de l’entreprise risque de rester à ce niveau tant que l’employé n’a pas la bonne évaluation nécessaire… Il faudra donc trimer pour bien remplir les objectifs de la direction et espérer être augmenté.

Les syndicats ont veillé à ce que les employés actuels de la banque ne perdent rien. Mais cette nouvelle grille salariale sera d’application pour tous les nouveaux, ce qui créera inévitablement des tensions entre travailleurs. Les anciens et les nouveaux, ceux qui auront une bonne appréciation et ceux qui ne l’auront pas. Et cela rendra les négociations collectives plus difficiles, puisque tous les salaires seront individualisés et ne dépendront plus de facteurs communs à tous les travailleurs (comme l’âge par exemple).

Pendant ce temps, Fortis fait 4,5 milliards d’euros de bénéfice1 par an.

1 A titre de comparaison, la CGER faisait aussi 4,5 milliards de bénéfice par an il y a 15 ans, juste avant la fusion. Mais c’était en francs belges.